Actions intermédiaires et fins associées. — Dans le
développement complet de la puissance volontaire, la vue des fins prochaines stimule souvent la recherche des fins lointaines. Même dans la période primitive que nous étudions en ce moment on retrouve déjà quelque chose de semblable. Quand il y a en même temps qu'une sensation agréable ou pénible, une circonstance qui arrête l'attention, cette circonstance se lie dans l'esprit à la sensation et acquiert la même influence. La connexion entre une brûlure et la vue d'une flamme se fixe de bonne heure dans l'esprit de l'enfant, du jeune animal ; si bien que l'approche de la flamme inspire la même sorte d'activité que la souffrance même. Ceci implique, sans aucun doute, un certain progrès sur l'état initial de l'esprit. Quelques progrès intellectuels ont modifié les éléments constitutifs de la volonté. Nous supposons une certaine persistance du sentiment agréable ou pénible et pareillement de quelques autres impressions sensibles, celles de la vue par exemple ; et nous affirmons que la fixité et l'efficacité idéale de celles-ci sont assez fortes pour que l'idéal opère comme la réalité. C'est bien là le cas qui se présente. Pendant que la volonté se développe au milieu des difficultés et des erreurs, les impressions fournies par les objets sensibles acquièrent grâce aux répétitions une certaine persistance et rentrent ainsi dans la vie idéale. C'est une remarque à faire qu'une des circonstances importantes de la vie idéale est cette association des plaisirs et des souffrances avec leurs accompagnements .habituels et l'adoption de ces accompagnements comme fins volitionnelles. J'ai fait remarquer avec quelle rapidité peut se former un lien lorsque l'excitation produite par une souffrance est très forte. Souvent on fixe une chose étrangère uniquement parce qu'elle est présente, et sans qu'au milieu des circonstances accompagnantes nombreuses , on ait le moyen de distinguer la véritable cause de cette attention. Mais la répétition du même fait doit amener cette découverte ; et quand un objet s'est toujours présenté devant nous en même temps que naissait une sensation très forte, leur connexion nécessaire est probable aussi bien que le lien que l'esprit a établi entre les deux. Prenons encore pour exemple une des sensations primitives et persistantes. L'enfant associe la sensation de la chaleur au feu, aux vêtements, aux bains ; ses efforts tendent