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MOUVEMENTS DE LA MAIN

à l'approcher de ces choses. Les sensations importantes que fait naître hi satisfaction de la faim, sont liées à un grand nombre d'objets. Pour l'enfant la figure même de sa mère, et toutes ses actions faites en vue de le nourrir, sont une partie de cette association. Plus tard l'extérieur de toutes les espèces de nourriture, les plats, les préparations différentes s'associent fermement aux sensations alimentaires. L'activité volontaire de l'enfant, de l'animal se dirige sur quelques-uns de ces effets intermédiaires qui permettent l'application du principe exposé ici. Ouvrir la bouche pour recevoir un morceau de nourriture, est un acte de caractère intermédiaire qui implique une première association entre l'effet principal et un autre qui s'est trouvé lui servir d'auxiliaire. L'effort qu'il faut faire pour saisir le morceau d'une main et le porter à la bouche est d'un degré plus élevé. Il faut que bien des choses arrivent avant qu'une succession aussi complexe de mouvements soit convertie en une chaîne ininterrompue. Une sensation secondaire, de nature indifférente a été transformée en faim, et l'instrument de cette transformation est une action d'une influence étrangère. Ce qui commande la volition, c'est la vue d'une chose en mouvement s'approchant de la bouche ; l'impulsion qui détermine le mouvement dure en vertu du lien fondamental dont il vient d'être si souvent question, pendant que toute impulsion dans une autre direction est arrêtée ou paralysée. Voilà un cas absolument nouveau, mais le principe générateur est toujours le même. Le mouvement d'un morceau de nourriture vers la bouche est, pour celui qui le suit avec attention, un plaisir ayant son expression joyeuse, et faisant durer tous les mouvements qui s'y rapportent. C'est, pour ainsi dire, un plaisir factice, artificiel, dérivé, associé, qui renferme au plus haut point une stimulation volontaire. Les plaisirs innombrables de cette espèce entrent dans la vie de l'être développé qu'il soit homme ou bête ; l'activité déployée pour les obtenir est aussi ardente, l'éperon volitionnel aussi ferme que lorsque c'est une sensation originale qui provoque un mouvement, qui l'augmente ou le diminue directement. Je note encore les observations de M. Abbot sur l'histoire des premiers mouvements de la main. Vers la onzième semaine l'enfant commence à porter fréquemment la main à sa bouche. Les premiers mouvements faits pour atteindre un

objet désiré viennent non des mains, mais de la tête qui semble être ce qu'il y a de plus remuant à l'origine. « De quatre à six mois les essais pour prendre les objets sont des tentatives souvent infructueuses; plus tard même, lorsque les mains saisissent assez bien les objets rapprochés, elles ont encore des mouvements brusques, irréguliers, désordonnés. »

Je dois dire que ces observations ont été faites par l'auteur cité non pas pour expliquer le développement de la volonté, mais pour réfuter l'hypothèse de Berkeley sur la vision. Je n'ai pas ici à m'occuper de cette controverse; mais l'argument de M. Abbot n'en est que plus fort si on le fait servir à prouver que les yeux sont de bonne heure soumis au contrôle de la volonté tandis que les mains n'y obéissent que beaucoup plus tard.

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