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ACQUISITIONS VOCALES

développement de l.-i puissance volontaire sont apparentes, depuis le commencement spontané, jusqu'aux répétitions de moins en moins difficiles à produire, à mesure que l'association devient plus solide et plus complète. On peut voir si l'intervalle qui sépare l'émission fortuite de l'imitation facile est bien celui qui est nécessaire au développement de cette acquisition comme à celui des autres en général. Une série d'observations bien conduites et faites sur une grande quantité de cas individuels, permettraient de fixer sans que les contestations soient possibles, qu'elle est la genèse de nos énergies volontaires. Les premières émissions seraient naturellement celles qui se prêteraient le mieux au développement de la théorie en vue ; mais chaque pas en avant devrait toujours reposer sur le même principe original, à peine modifié par les acquisitions précédentes. La circonstance modifiante est celle-ci : après que l'enfant a appris à émettre un certain nombre de sons à l'imitation de sons entendus, il a une tendance à faire quelque effort vocal lorsqu'on lui demande d'articuler un son nouveau, tandis que, au début, il n'y avait pas de lien entre le son entendu et la voix. Je suis disposé à admettre l'existence de cette espèce de tendance instinctive. C'est beaucoup d'avoir trouvé quelques traits d'union entre les deux régions, c'est ouvrir la route aux stimulants de la voix. Nous essayons dès lors de reproduire de nouveaux sons, de les émettre plus promptement, et sans attendre autant des rencontres spontanées fortuites-. Nous avons rétréci le champ trop vaste des possibilités et des incertitudes lorsque nous avons obtenu que l'énergie nerveuse afflue vers l'organe propre, au lieu de se perdre indistinctement dans tout le système. Cependant, tout en tenant compte de cet avantage, les acquisitions additionnelles se font toujours de la manière décrite ci-dessus. Nous ne pouvons jamais forcer l'émission d'un son : mais nous pouvons saisir l'occasion de son émission spontanée pour l'enfoncer, la fixer dans l'esprit. Nous pouvons stimuler la voix, mais nous n'avons pas le moyen d'ordonner au mouvement précis de naître de préférence aux autres. Après un certain temps, l'enfant accomphtde lui-même ce que lui dicte l'imitation, et adapte ses propres mouvements à ceux qu'il observe autour de lui. L'accent par exemple ne s'enseigne jamais par des leçons faites exprès ; il ne l'apprend donc pas comme il a Bain. — Émotions et Volonté. 22

ai^pris à émettre les sons de l'alphabet. L'enfant en articulant des syllabes, emploie naturellement quelques modulations pendant que son oreille est frappée des modulations particulières qu'elle recueille de l'extérieur. On éprouve un certain plaisir à reproduire ces nuances par lesquelles l'oreille est si délicatement affectée et une certaine souffrance à produire des sons qui ne sonnent pas d'accord avec ceux qu'on entend. On a donc une tendance à conserver les intonations qui répondent à celles qui servent de modèle, et il est étonnant d'observer avec quelle sûreté se fait une approximation qui n'a pour instrument que la conservation de coïncidences accidentelles.

L'étude du chant n'offre pas de particularités qui puissent nous engager à nous arrêter. La première imitation des notes musicales ne peut être qu'une tentative incertaine. Une bonne oreille distingue si le son émis s'accorde avec le son entendu, et le stimulus voHtionnel soutient l'impulsion vocale exacte ; une association s'ensuit réunissant les deux éléments, l'élément sensuel et l'élément actif, et dans l'avenir, le chanteur imite de suite les sons entendus. Avant d'arriver à ce point, on doit passer par une période d'erreurs et de tâtonnements : le sentiment de la dissonance empêche l'émission de sons faux, celui de l'unisson soutient et encourage l'émission des sons justes.

4. — L'imitation des mouvements à vue forme une grande partie de notre première éducation volontaire. Le procédé d'acquisition est toujours le même. L'enfant meut spontanément ses bras, ses mains, ses doigts et les voit se mouvoir ; il lui reste dans l'esprit une image fidèle de ces mouvements, image qui entre ainsi dans le domaine intellectuel, qui persistera et reparaîtra en idée au moment voulu. Ce sont ces images qui permettront à la volonté de faire renaître les mouvements qu'elles représentent. L'enfant distingue dans les mouvements des autres ceux qui concordent avec les siens et s'il retire de cette coïncidence un plaisir quelconque ou une diminution de souffrance, il a un motif pour continuer ces mouvements et ceux-là seuls. Ainsi lorsqu'il avance les deux mains pour tenir quelque chose entre elles, il est facile de constater si le résultat voulu a été obtenu : si ce résultat donne du plaisir ou détruit une souffrance, l'attitude des deux mains sera conservée et naturellement fixée dans le

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