I. Voir in Philos, Studien, XI, vol. 1, Heft de Wundt
Au point de vue physiologique, il résulte d'expériences bien connues que la plus grande influence sur les mouvements du cœur et de la respiration se trouve dans les rameaux du pneumogastrique dont le centre d'origine est dans la moelle allongée ; cette influence se trouve encore, quoique moins étendue, dans le rameau cervical du grand sympathique. Or, l'influence des excitations douloureuses sur le pneumogastrique, comme aussi sa résection, sont très connues et sans qu'il soit nécessaire de les décrire, peuvent nous servir de base pour l'interprétation du phénomène. L'excès d'excitation cause extérieure déterminante de la douleur porte sur le pneumogastrique avec la même violence et celle-ci se répercute sur le cœur et sur les poumons ; dans certain cas elle peut produire la mort par arrêt définitif du cœur. Si, au contraire, la cause de la douleur se prolonge et persiste un certain temps, l'influence sur le cœur peut être plus grande, en altérant son mouvement, et l'influence des excitations douloureuses peut s'étendre à la circulation, aux organes nutritifs, à ceux dont dépendent la digestion et les sécrétions glandulaires. Le pneumogastrique peut surtout exercer son action, car outre les poumons, il s'étend à presque tous les viscères abdominaux par ses ramifications et par ses anastomoses avec d'autres nerfs qui président aux fonctions de nutrition.
Ainsi la douleur dérive d'une cause excitatrice
les expériences de J. Kiesow et de P. Mentz sur les variations de la pression artérielle, du pouls et de la respiration sous Tin^ fluence des impressions sensorielles.
externe, condition première déterminant ce phénomène : l'excès d'excitation; et d'une autre cause interne : l'altération des fonctions vitales de la nutrition, en commençant par les mouvements du cœur, pendant un temps plus ou moins long; ce qui implique une altération des fonctions momentanée ou durable avec les effets qui en sont la conséquence. La douleur est donc perçue seulement parce qu'elle est consciente, elle est intellectuelle, mais, au fond, elle a un caractère différent des phénomènes intellectuels : c'est un phénomène qui a pour siège les organes de la nutrition dont les altérations acquièrent le caractère psychique lorsque, par la participation du cerveau, elles deviennent conscientes.
Il me semble que de cette analyse résulte l'existence de deux domaines distincts, l'un propre à la vie de relation qui fournit matière aux phénomènes intellectuels au moyen des sensations spécifiques des organes sensoriels, l'autre propre à la vie de nutrition et de reproduction, où les sentiments de douleur et de plaisir ont leurs origines : ceux-ci revêtent accessoirement le caractère intellectuel comme un moyen associé au but du caractère fondamental qui est la défense de l'individu.
Il reste à savoir maintenant quelles sont les voies qui portent les excitations périphériques aux centres ayant une communication directe avec les organes de nutrition.
Si l'on considère les effets des excitations des sens sur le cœur et sur la respiration, on peut affirmer que toutes les parties sensibles du corps, internes ou externes, ont une communication avec les centres
réflexes ou modérateurs du cœur et de la respiration, depuis les nerfs cutanés jusqu'aux splanchniques, depuis le trijumeau jusqu'à l'auditif, cette communication se fait donc non seulement par le système cérébro-spinal, mais aussi au moyen du grand sympathique. Il n'y a pas lieu de décrire particulièrement ici ces relations anatomiques ni les résultats des expériences physiologiques* ; le lecteur peut consulter, s'il le désire, les travaux importants des plus éminents physiologistes et il s'en convaincra.
On sait que les centres réflexes du cœur et de la respiration se trouvent dans la moelle allongée et sont voisins, semble-t-il, des racines du pneumogastrique que nous avons indiqué comme ayant une relation directe non seulement avec les phénomènes du cœur, mais encore avec ceux de la respiration, de la digestion, et d'autres qui en dépendent. Ce point de la moelle allongée, voisin du calamus scriptorius considéré comme le centre, le nœud vital, est réellement un centre vital car sa lésion a comme conséquence fatale la mort plus ou moins rapide. Ce même point doit être le centre de la douleur et du plaisir, d'où, une fois qu'il est excité, proviennent les phénomènes cardinaux du cœur et de la respiration, puis la répercussion dans le cerveau proprement dit, siège de la conscience. Le cerveau n'aurait donc dans le plaisir et dans la douleur aucune autre action que celle de rendre conscients les phénomènes indiqués : c'est seulement ainsi qu'ils ont un caractère intellectuel car aucune douleur, localisée, n'a un caractère de perception. Il me paraît