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CHAPITRE VI

Si les conditions qui président aux émotions ont une valeur mécanique, les émotions doivent avoir une mécanique dans leur production : ceci implique le développement de forces selon les mêmes lois et nous trouverons, par suite, que les émotions constituent la dynamique psychique, comme je l'ai montré ailleurs \ L'engrenage de toutes les forces se trouve dans les mouvements du cœur et des artères et dans l'appareil respiratoire ; le centre du mouvement, où se trouve aussi son équilibre, est dans la moelle allongée et principalement en ce point qui constitue le plancher du quatrième ventricule où convergent les racines du pneumogastrique, du nerf spinal accessoire, duglossopharyngien, du nerf auditif, où se trouvent les centres de la respiration et d'autres centres réflexes du mouvement, vaso-constricteurs et vaso-dilatateurs, sécrétoires, sudoripares, et de sécrétions, unis à des nerfs sensitifs : toutes origines et centres particuliers qui entourent le centre vital correspondant à celui de la douleur et du plaisir. Comme on le voit,

I. V. Per Veducazione del carattere, cap. ii, 2^ édit. Milan, iSgS.

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ces forces qui peuvent entrer en action sont nombreuses; sinous y joignons les éléments du sympathique et des autres nerfs sensitifs et moteurs qui sont en relation plus ou moins directe avec le centre mécanique supérieur, nous verrons que l'organisme sensomoteur tout entier peut entrer en action et que tous les organes de la vie de nutrition peuvent y concourir.

Mais, pour mouvoir ces forces, un levier est nécessaire; c'est une excitation, ce que nous avons trouvé être la première condition de tout phénomène psychique ; il faut en déterminer le caractère et Tintensité.

^'ous avons vu que dans le plaisir et dans la douleur d'origine périphérique, l'excitation, cause déterminante de la douleur^ est en excès; que, par son caractère, elle peut même devenir nocive pour les parties organiques excitées et qu'elle est réellement nocive si elle dérive de lésions comme dans les cas de blessures, de destruction d'organes ou de parties d'organes. Les excitations qui déterminent le plaisir n'ont pas toutes un caractère psychique, mais celles qui présentent ce caractère sont d'intensité supérieure aux excitations ordinaires, sans sortir, toutefois, de la normale ; elles sont donc des moyens d'augmentation dans les fonctions vitales. Dans les excitations émotionnelles, les choses se présentent différemment. Elles viennent des voies cérébrales et non des voies périphériques; quand, même, en certains cas, il y a excitation périphérique et d'organe percepteur, ce n'est point par là que sont toujours mises en activité les forces qui se développent sous des formes émotionnelles, mais bien parce que le fait primitif provoque

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comme Idée : c'est donc une excitation d'origine centrale.

Lorsque j'ai parlé de la formation des organismes psychiques,j'ai tracé le parcours d'une excitation pouvant provoquer une émotion. Si on le considère dans ses parties constituantes, ce parcours est long et composé de diverses étapes ; si, au contraire, on considère comment il se produit après la formation de ces organismes à type instinctif, ce parcours est très court parce qu'il est abrégé. Nous trouvons ces organismes déjà constitués ; le processus est donc bref et le passage entre une excitation périphérique, c'est à dire entre une sensation, et l'excitation centrale émotive est aussi courte que si aucun fait intermédiaire ne se produisait à ce moment. Souvent, la soudaineté entre l'excitation de sensation et l'émotion donne la même apparence que si la sensation était par elle-même Torigine de l'émotion produite et que si, par conséquent, il y avait un lien direct entre elle et le centre émotif. Il y a pourtant des cas où une observation superficielle trouverait qu'il n'y a pas de diflerence cmtre les émotions provoquées par des excitations cérébrales et les sentiments qui sont l'effet d'une excitation périphérique sans aucune relation avec les centres cérébraux; je reviendrai sur ce sujet.

Est-ce un excès d'excitation qui détermine la doulour émotionnelle ainsi qu'il arrive dans la douleur d'origine périphérique, ou bien est-ce une forme diverse de l'impulsion qui meut les centres mécaniques? C'est de l'analyse que ce caractère de l'excitation doit ê' re déduit, et nous verrons que la solution se détermine d'elle-même.

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Considérons maintenant un centre psycho-organîque, celui de protection de l'individu qui apparaît comme un instinct de conservation, — ce qu'il est en effet. Un exemple: un homme se trouve dans sa chambre tranquillement occupé à des choses peu importantes et agréables ; celui qui l'observerait trouverait que le cœur bat normalement, que les artères battent selon les ondes sanguines normales, que la respiration n'est pas troublée ; les sécrétions cutanées ne sont pas sensibles, le visage a sa couleur naturelle et les muscles ne montrent ni contraction, ni relâchement ; il y a toutes les apparences de tranquillité, et par conséquent d'équilibre dans les fonctions. A l'improviste, un homme à l'aspect menaçant se précipite dans la chambre ; il peut alors arriver que le visage de la personne qui était tranquille devienne pâle, que la peau devienne humide de sueur, que les pupilles se dilatent, que le cœur s'arrête un instant, et, avec le cœur, la respiration. La série des phénomènes peut être plus intense ; on peut observer le hérissement des cheveux, des sueurs froides et abondantes, un besoin urgent de vider la vessie, il peut y avoir même des évacuations de l'intestin, et l'on peut aller jusqu'au tremblement. Ce sont des caractères de la peur, de la terreur ou de l'épouvante, c'est un phénomène émotionnel h divers degrés d'intensité, et cette intensité peut être encore plus forte et arriver à produire l'arrêt prolongé du cœur et, par conséquent, la mort.

La sensation, visuelle imprévue n'a apparemment provoqué aucune idée à l'instant même, mais elle a provoqué une émotion. Mécaniquement, le phénomène semble simple : la sensation imprévue et violente,

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Passant par les voies cérébrales, a excité le centre ^'^otif commun placé dans la moelle allongée : cette ^^citation s'est immédiatement communiquée aux P'^^Uinogastriques, aux centres de la respiration, aux centres vasomoteurs, au centre de la sueur, et apro- ^^^JXié dans le cœur et dans la respiration, les ,phéno- '^^ïies qui ont été décrits. Un changement général, un ^^^uilibre, s'est produit chez l'homme qui a subi f ^«nsation violente ; le sentiment ainsi conscient et ^^ si étendu de ce trouble constitue la forme psychi- Jï^ ^ émotionnelle de l'épouvante et de la terreur, car 5)hénomène ne s'est pas borné à ces changements, ^^is il a été plus loin. Les terminaisons nerveuses I^^^ ïiphériques en relation avec les tissus et les organes ^^ublés dans l'émotion, ont reçu des excitations correspondantes qui se sont reportées au cerveau, d'où ^ conscience d'ensemble du phénomène produit. Par ce qui a été dit sur le centre organisé psycho- ^^l^ganique de conservation, on a la première explication, car la sensation visuelle seule a été suffisante pour ï^roduire toutes ces excitations dans la vie nutritive ; ^1 y a un processus abrégé dans les instincts, un élément ^e l'organisation instinctive suffit donc à provoquer les ïïiouvements correspondants, c'est comme une simple action réflexe : l'émotion de peur apparaît, par conséquent, comme une action réflexe ou instinctive.

Laquelle des conditions mécaniques est entrée dans la production du phénomène décrit ? Il est, ici, évident que la loi d'inertie a prévalu. L'état psychoorganique, relativement à la conservation, était en plein équilibre, et en repos, les phénomènes mécaniques de la circulation et de la respiration étaient nor-

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maux ; la secousse violente de la sensation a rompu Téquilibre et, par suite, a troublé la fonctionnalité générale comme un corps qui, de Tétatde repos passe à un mouvement rapide. La violence même de la secousse a été cause d'une diffusion plus grande dans le centre émotif et, par conséquent, des effets mécaniques complexes.

Mais nous pouvons avoir un effet différent de la même sensation qui a provoqué Témotion de peur plus ou moins forte; à l'entrée imprévue de cet individu menaçant, Thomme qui était tranquille se lève rapidement de son siège et va contre lui en acte d'attaque. Alors nous aurons ceci : le visage, au lieu d'être pâle, est rouge, les yeux sont injectés de sang, les mouvements sont énergiques et violents, il est possible que l'homme s'élance en parlant, ou en appelant, ou en criant ; et si l'on auscultait le cœur ou le pouls, on trouverait que tous deux battent plus rapidement. Ces phénomènes peuvent encore augmenter en nombre ou en intensité s'il y a une attaque véritable et formelle contre l'intrus avec coups de pieds et de poings, gesticulation violente, salivation abondante, et, aussi, sueur. C'est-à-dire qu'il y a une commotion dans le cœur et dans la respiration qui devient haletante; les vaisseaux superficiels sont dilatés, ils ont gonflé les muscles devenus «plus actifs, les artérioles cutanées ont influé sur les glandes sudoripares, salivaires, et de sécrétion de la bouche, comme sur la conjonctive devenue rougeoyante ; les mouvements, avec l'augmentation de l'excitation sont devenues irréguliers, sans correspondances et sans direction volontaire.

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^^t état émotionnel est celui de la colère, de la ^^S^ ou de la fureur ; et, comme on le voit, les formes physiques en sont différentes, par rapport à celles î"^ expriment la peur ou la terreur. Cette révolution générale de Torganisme qui intéresse, on peut le 7*"^, tous les organes de la nutrition et beaucoup de ijssus, comme le musculaire et le glandulaire, doit P''o<Juire un sentiment ; de même que le sentiment ^® la peur avait été produit par un trouble de carac- *<^^e différent. Ce sentiment est celui qui a été nommé ^lère, ou fureur, ou rage, selon ses formes et ses ^^rés.

La conscience de ce sentiment s'obtient par les '^êmes voies que pour les autres ; l'excitation de tous *es organes ou parties d'organes en action, se porte, P^i* les voies habituelles, au cerveau, centre de cons- ^*^^iice, et l'on en a la révélation de l'émotion que * On subit. Cependant, il faut noter que cette cons- ^^^^nce est voilée par les mêmes conditions émotionnelles qui altèrent la circulation cérébrale, et par Conséquent, l'état fonctionnel.

Ainsi, dans le premier phénomène : peur, et dans

*^ second : colère ; on a une excitation périphérique

^Jui agit comme stimulant instinctif sur le cerveau,

Sur le centre psycho-organique de conservation, et qui

excite le centre* commun des émotions avec une égale

i*apidité, de telle sorte que l'action a les caractères

d'une action réflexe. Mais ces deux émotions sont

différentes, on pourrait dire opposées, et ceci vient de

ce que la première est produite sous l'influence de

cette condition que nous avons appelée inertie, tandis

que la deuxième est produite sous l'influence de la

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réaction. Tandis que, dans la première, il y a arrêt du cœur et delà respiration, puis une réaction dans les vaisseaux et un retrait du sang de la périphérie, une restriction des vaisseaux capillaires périphériques entraînant la pâleur, desséchant la muqueuse buccale, et, au contraire, une plus grande tension du sang dans les viscères abdominaux, ce qui donne de tout autres effets ; dans la rage, au contraire, les battements du cœur et de la respiration augmentent, ce qui produit l'oppression ; à la périphérie, il y a dilatation des vaisseaux et, par conséquent, des mouvements énergiques, bien que non parfaitement coordonnés. Dans un cas comme dans l'autre, il peut y avoir de la sueur, mais dans le premier cas, elle est froide, dans le second elle est chaude, car la sécrétion est provoquée par deux excitations différentes : par celles du centre de la sueur dans la peur et dans l'anémie de la peau, elle est donc froide ; par l'excès du sang à la périphérie dans la rage, elle est donc chaude.

Les deux phénomènes provoqués par une sensation et un centre émotif uniques sont donc différents parce qu'ils dérivent de deux lois diverses, inertie et réaction ; deux formes mécaniques qui ne. sont même pas antagonistes dans la physique des mouvements, acquièrent cependant, la forme antagoniste parce que, dans l'inertie, les racines de nerfs différents se trouvent excités et parce que de mêmes nerfs produisent des effets divers selon la diversité de l'énergie excitatrice. Je crois que la constriction des vaisseaux sanguins périphériques dans la peur est l'effet d'une paralysie mais passive et non active, paralysie du centre vaso-constricteur, tandis que la dilatation des

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vaisseaux dans la colère est active. Les effets, dans le premier cas, peuvent être prévus ; c'est une forme de paralysie des muscles, et, par conséquent Timmobilité de la peur-terreur, avec la pâleur et les sueurs froides à la suite d^m stimulus qui a aussi paralysé le centre de la sueur ; dans le second cas, au contraire, c'est un excès dans le mouvement par excès de sang dans les muscles, il n'y a donc aucune paralysie dans ce cas, mais une réaction active et énergique.

Les deux phénomènes émotionnels représentent deux faits antagonistes : la défense et Tagonie ou la mort prochaine : dans la colère, sous toutes ses formes, il y a réaction défensive contre les périls et les assauts vrais ou Imaginaires ; dans la peur à tousses degrés, il y a rabattement de l'agonie qui montre combien Texcès d'excitation est supérieur à la force de résistance vitale. Il arrive donc que, dans la peur, la mort immédiate peut se produire, et Ton a un relâchement général, même dans les viscères abdominaux, par conséquent défécation rapide et émission d'urine, ceci continuellement, par suite du relâchement des sphincters véslcaux, on constate l'impuissance dans la défense à cause de l'anémie rapide des muscles volontaires avec ou sans tremblements, la dilatation des pupilles, le dessèchement des muqueuses mais avec des sueurs froides et abondantes, de l'anémie cérébrale, et par conséquent une absence de jugement et de détermination volontaire : tous phénomènes analogues à ceux de l'agonie, exprimant la capitulation devant l'ennemi, l'abandon de toute résistance, tandis que la rage, avec sa vigueur, exprime la résistance et la défense.

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Ces deux phénomènes sont, naturellement, involontaires car ils ne dépendent pas des centres cérébraux supérieurs :- de ces centres sont venues les excitations vers le centre vital, par les voies décrites, instinctives, centres psycho-organiques de conservation ; par là se sont produits les deux phénomènes sous deux formes antagonistes, dans tous les organes de la vie nutritive, au moyen de deux conditions différentes, inertie et réaction. L'avertissement est parvenu au cerveau par les voies centripètes, non pas en une fois, mais successivement de même que les phénomènes se produisent successivement dans la diffusion des excitations vers les centres voisins, vers le centre principal de la vie, et vers les parties périphériques des organes qui entrent directement en action. L'action du cerveau peut jouer un rôle dans l'inhibition (le l'apparition des premiers symptômes de l'émotion lorsqu'il y a une habitude ou lorsque une antre impression extérieure, impérieuse, s'impose comme moyen pour faire agir l'inhibition des centres supérieurs ; comme par exemple, dans le cas cité, la présence d'une personne que l'on tiendrait pour supérieure.

De l'analyse de ces deux émotions, il résulte évidemment ce fait que la cause déterminante est, comme pour la douleur, un excès d'excitation ; la différence entre ces deux faits consiste principalement en ceci que l'intensité de cet excès d'excitation est étroitement relatif aux conditions organiques du patient. Ces conditions, du reste, sont très variables par suite des influences héréditaires et individuelles, générales et spéciales, à différentes époques et à diflé-

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rents moments ; Thabitude et Féducation d'une part, l'état de nutrition du patient de l'autre, ont une large influence : je parlerai plus particulièrement de cela plus loin.

Ici, le lecteur a droit de faire une objection relativement à la mécanique des deux émotions et aux lois dont je les ai fait dépendre, c'est-à-dire à l'inertie et à la réaction : l'inertie et la réaction n'agissent-elles pas ensemble? dira-t-on. Ne se succèdent-elles pas dans les phénomènes du mouvement, de telle sorte que, à la force qui agit sur un corps en repos succède une réaction à ladite force ? L'exemple de l'émotion de peur a montré seulement que l'inertie organique a été violemment secouée et qu'aucune réaction n'en est sortie ; il est arrivé ce qui peut arriver à un corps heurté par un autre de beaucoup plus grand et qui est écrasé par l'excès d'énergie, de vitesse, et par la secousse ; la forme paralytique de la terreur implique une absence de réaction comme dans ce dernier cas, je dis par conséquent que le phénomène a été produit par l'inertie violemment troublée. Dans le cas de la colère, le phénomène est phénomène de réaction, l'inertie a été vaincue par le choc correspondant à l'excès d'excitation et provoquant les phénomènes de résistance.

On peut avoir, par les excitations qui frappent l'inertie des états psychiques, des émotions agréables, surtout si ces excitations sont d'intensité modérée ou si elles assument successivement une intensité graduelle, de telle sorte que le passage de l'état antérieur à Tétât qui succède ne soit point trop brusque ni violent. Si les excitations sont intenses, même si elles

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ont un caractère propre à les rendre agréables, elles peuvent produire des eflets analogues et quelquefois égaux aux excitations douloureuses, et produire même la mort par arrêt du cœur. On sait, en effet, que la nouvelle imprévue d'un bien acquis et que Ton croyait perdu, a pu produire la mort subite ou bien un trouble mental semblable à celui qui peut se produire par douleur violente. Je me souviens d'un tonnelier qui fit un petit héritage d'un de ses parents : cela le troubla tant qu'il devint mélancolique et finit par se suicider en s'ouvrant la gorge au moyen d'un grand couteau qui servait à couper le bois des tonneaux.

Les excitations modérées ne produisent qu'une modification modérée de l'état du cœur, accélérant les battements, augmentant la circulation, dilatant aussi les vaisseaux superficiels modérément, et donnant de la vivacité à l'individu : le sentiment qui est la conséquence de l'ensemble de ces excitations suscitées par modification subite et rendues conscientes, est une émotion agréable et correspond à un changement organique par inertie. Beaucoup de ces émotions durent pendant quelques heures ou quelques jours par le simple fait de sortir de la vie habituelle. A l'enfant qui va à l'école tous les jours, un jour de congé, surtout s'il est annoncé lorsqu'il ne l'attendait point, donne une sensation agréable ; une marche en campagne, une promenade nouvelle, la vue imprévue d'un paysage, une nouveauté de quelque genre que ce soit, provoquent des émotions agréables du même ordre, heurtent l'inertie des états psychiques en chan-. géant les états organiques.

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La réaction agréable provient alors de ce qu'il y a opposition entre les états antérieurs et postérieurs ; cela se produit aussi lorsque les excitations augmentent en nombre et en intensité. Le passage de Tétat douloureux plus ou moins grave au nouvel état provoqué est agréable lorsqu'il y a disparition temporaire ou permanente du premier : le second état se présente comme une réaction au premier. Le péril, proche ou lointain, qui nous trouble, donne une émotion douloureuse, Téloignement de ce péril produit une réaction organique et, par conséquent, un sentiment analogue à ces effets organiques, c'est àdire un sentiment agréable. Ce sentiment peut être très énergique, au point de se manifester extérieurement par des mouvements exagérés, provoqués par les ondes sanguines dans les vaisseaux périphériques dilatés, par la tension musculaire, par les contractions caractéristiques des muscles de la face, par Taspect bien connu des yeux, etc.. On a des effets de ce genre s'il y a une augmentation d'excitations, car, alors, tous les éléments de la vie organique sont comme dans un état d'érection qui donne un sentiment général complexe qui atteint son plus haut degré dans un sentiment agréable : la joie.

Comme dans la douleur, dans le plaisir émotionnel les excitations peuvent être des sensations qui se transforment en perception, c'est-à-dire en formes intellectuelles, et celles-ci, par ces associations psychoorganiques qui ont formé les centres émotionnels instinctifs ou organismes psychiques, excitent dans le centre émotionnel commun, dans le bulbe, ces centres particuliers qui règlent le cœur, la respiration,

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les vaisseaux, les sécrétions ; selon Tintens excitations se diffusent dans différents ceritres ou demeurent restreintes et limitées, produisai une plus ou moins grande quantité de change organiques : ces changements, rendus consciei les voies centrifuges se dévoilent dans les émotionnelles décrites.

On trouve donc aussi dans les émotions ag ce que Ton a trouvé dans la cessation de la d physique, cessation d'états ou d'oscillations cér douloureuses.

Nous avons vu que la périodicité était, comn: les états physiques, une autre condition de duction des sentiments agréables ou douloure effet, de même que Ton trouve des excitations diques de caractère physique pour des besoin siques, de nutrition, de reproduction, sexu( mouvement, d'autres besoins acquis, de mém a des excitations périodiques de caractère psyc cérébraux ou centraux : beaucoup sont, nous rons, des besoins intellectuels ou esthétiques, coup d'autres sont des habitudes acquises d'à de plaisir, et ainsi de suite. Dans ces condition satisfaction produit le plaisir, leur privation, 1 leur. Revoir des amis à des époques détermi passer des heures agréables avec eux, c'est av émotions agréables périodiques ; rcmpèchem continuer de semblables actes produit une d plus ou moins intense suivant les habitudes, h ditions individuelles, le frein et le contrôle de Ion té, etc.

La cohésion est une autre loi que nous avon

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vée dans les phénomènes émotionnels ; elle se rapporte à la composition des états de conscience considérés comme des éléments présentant un composé qui, à son tour, constitue une excitation et un motif à l'émotion. Beaucoupdes émotions sociales dérivent de la cohésion; l'amour pour des personnes étrangères à la famille, celui qui devient si intense dans la même famille, les relations amicales, plus éloignées aussi, dérivent de la cohésion des perceptions de personnes, des sentiments provoqués par la présence de ces dernières et de leurs actes ; on peut affirmer que la sociabilité est un effet de la cohésion d'actes psychiques. Ces œhésions peuvent être plus ou moins compactes ou adhérentes dans leurs parties composantes; certains éléments sont comme les racines centrales autour desquelles adhèrent des états psychiques accessoires; les éléments peuvent en être augmentés par de nouvelles adhésions et de nouvelles relations, cela très largement et de manière à devenir la cause d'émotions variées et complexes.

La condition de cohésion peut être unie à d'autres à la périodicité dans les stimulations émotionnelles, à l'inertie, à la réaction, dans beaucoup de cas particuliers ; c'est ainsi que l'on a des émotions douloureuses et agréables, d'intensité diverse. La désagrégation des éléments psychiques qui, par leur cohésion, donnaient une ou des émotions agréables, est cause de douleur.

L'absence, soit par éloigncment, soit par mort de la personne aimée, centre de cohésion de beaucoup d'états psychiques, cause primaire de beaucoup d'états agréables, cause une désagrégation de cet état com-

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posé et, par conséquent, les excitations habituelle agréables disparaissent : ce fait produit des excitatior plus ou moins intenses dans le centre émotif commu et de durée variée, il rallentit les mouvements d cœur, restreint les capillaires périphériques, affaibl les contractions musculaires, rallentit les actes dige tifs et, par conséquent, diminue le désir de se nou rir, rend les tissus affaiblis par dénutrition, et la v languissante dans toutes ses fonctions : il y a ur dépression organique générale dans toute la vie c nutrition, il s'ensuit une anémie cérébrale, de mén: quMl y a anémie générale, ce qui trouble les fonction cérébrales intellectives : il y a, dans ce cas, un senti ment qui correspond à cet état que Ton appel! angoisse. Cet état psycho-organique, qui peut dure fort longtemps, a des états aigus dans les réminis cences, étals qui sont de nouvelles excitations dou loureuses pour le patient; il y a alors larmes, sécré lions moins abondantes ou absentes dans les glande qui peuvent être intéressées cl d'autres phénomène concomitlants qui, extérieurement, montrent Véli\ émotionnel et les souffrances du patient. A la longue s'il n'y a pas restauration des états psychiques pa d'autres moyens, et avec d'autres éléments, l'éta général peut devenir pathologique à cause des lésion permanentes des organes centraux.

Enfin l'on a la loi d'antagonisme cjni peut produir des états de plaisir ou de douleur émotionnels.

Ce phénomène est commun et il devrait être mien connu de ceux qui, par la violence et la répressiu croient éteindre les sentiments et les aspirations ans> bien particulières qu'universelles. 11 apparaît de façoj

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'leti évidente dans les persécutions politiques et religieuses ni'» qui provoquent des effets opposés aux effets désirés inr:! par ceux qui craignent les mouvements politiques et ^^ ' J les nouvelles idées en religion. Les persécutions de '821 dans le Lombard- Vénitien de la part de TAutri- U'-l ^reproduisirent des héros et des martyrs, elles en '"■■ ^multiplièrent le nombre et elles eurent pour résultat * ' M fe soulèvement général du peuple. Les effets des v,:-m repressions violentes en Sicile, en 18^8 et dans les années qui succédèrent, furent les mêmes; les effets ^1 sont les mêmes dans Télatd'àme dos persécutés de ^oute condition. Beaucoup de ceux-ci qui, par oux- 'ïiêines, n'avait pas grande valeur, sont devenus, pour le peuple, à cause de persécutions excessives, des Im^ros, des martyrs, et, pour avoir souffert la prison ont été rehaussés et glorifiés. Tout ceci dérive des effets de Tantagonisme dans les états émotionnels ; au heu qu'ils soient éteints par Texccs de la répression extérieure, les sentiments s'accroissent et, au lien de ^©nieurer enfermés dans un seul individu, ils s'éton- ^ent à beaucoup d'autres. C'est une de mes opinions ^i^e Jes révolutions sont le produit de facteurs divers, P^rixii lesquels les conditions économiques et la liberté, ^'s un facteur principal qui n'apparaît point ou qui '^^ole ne point apparaître, est la façon de gouverner *>^oyen de réactions politiques et de persécutions ^ **^onnelles. Alors, les hommes les plus doux s'émcu- , ^^, car, eux aussi, sont lésés dans leur liberté et |, *^^ leurs droits individuels, ils sont menacés par ..^"^^gératîon, la violence et l'effet final est la révolu- ^ proche ou lointaine.

^ ''ai décrit rapidement la mécanique des émotions

selon les lois également mécaniques que j'y ai trouvée et selon les associations instinctives formées au s^ de la vie animale et humaine par Texpérience a^y les mouvements et les faits psychiques différents (j s'y sont associés dans les diverses conditions de TexS tence. De cette rapide description, il résulte un fait m grande valeur : c'est que tous les phénomènes émtionnels ont leur siège physique dans la vie organiq* de nutrition, en un centre complexe dont déper cette vie organique, dans le bulbe, sans autre partie: pation du cerveau supérieur que celle provenant c la conscience ou de la révélation psychique du phe nomène lorsqu'il se produit ; il en résulte égalemer que le cerveau, comme organe de fonctions et d formes intellectuelles est simplement un moyen d provoquer des émotions, de même que tous les orgs nés et tissus stimulés à la périphérie sont des motil ou des causes déterminantes de douleur et de plaisi pour le même centre émotif, commun aux deux espc ces d'excitations périphériques et centrales : la diff( rence, donc, entre les sentiments provoqués à 1 périphérie, et ceux provoqués dans les centres cérc braux, se trouve seulement dans la nature et dans 1 siège de ces mêmes stimuhis et non pas dans le sièg de ces sentiments, ni dans leur manière ou leur bas physique. Enfin, le parallélisme des causes déterm nant la douleur et le plaisir se rencontre aussi dar l'intensité des excitations, malgré leur relativité e égard aux conditions individuelles du patient. C'esl à-dire que c'est un excès d'excitation qui provoqu les émotions douloureuses; une excitation modéré provoque, au contraire, une émotion agréable, tandi

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que Ton trouve également un plaisir à apparence négative comme dans la cessation de douleur, et un plaisir dont les excitations sont excessives. La nature de ces stimulations et leur caractère comme leur intensité excessive sont tels que les émotions résultantes sont un mélange de douleur et de plaisir et peuvent avoir des effets semblables aux excitations douloureures : j'en parlerai dans la partie spéciale et dans la classification des sentiments.

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