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I. L'origine dei fenomeni psichici, op. cit

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sirs et de nos douleurs peuvent être connues, la défense contre les maux devient ainsi plus facile et moins difficile l'acquisition des biens. Plus les moyens d'éviter la douleur que Uon éprouve par les excitations périphériques et ceux de se pourvoir de ce qui est utile à la vie deviennent complexes, plus facile devient la protection. Il s'est donc produit un fait naturel dans la vie psychique : l'association des deux grandes classes de phénomènes chez tous les animaux où les phénomènes intellectuels se sont développés aussi, bien qu'à divers degrés. Cette association est aussi facile à concevoir, si l'on considère le mode de vivre des animaux à cerveau développé, à perceptions claires avec formes intellectuelles, et même l'homme, dans ses états les plus primitifs de civilisation.

Nous employons aussi notre puissance intellectuelle à des usages différents de ceux de la défense ou de la protection psychique ; nous nous occupons de recherches scientifiques, littéraires, artistiques ; ceci se produit parce que notre organe central s'est énormément développé dans ses fonctions les plus complexes et les plus élevées, et que nous avons une quantité d'énergie exubérante que nous employons, comme un luxe d'activité, à des usages n'ayant pas trait à l'utilité biologique. Au contraire, les hommes qui vivent de la vie primitive, ne font guère rien de cela, ils donnent à peine les signes de cette exubérance d'activité ; mais ils emploient ordinairement leurs fonctions intellectuelles à la conservation et à la défense de la vie individuelle et collective ou de la descendance. Les autres animaux supérieurs par leur système organique, comme tous les vertébrés en général, leur sont sem-

blables : Jeiir activité cérébrale avec toutes leurs sensations, perceptions, formes intellectuelles plus ou moins simples ou complexes ou rudimentaires, se trouve associée aux fonctions de défense.

Dans Torigine des formes intellectuelles, se trouve rorigine des émotions : si les formes intellectuelles sont biologiquement un appoint à la défense à laquelle se rattachent la douleur et le plaisir déterminés par des excitations périphériques, cela ne pourrait être que de deux façons : comme moyen de connaissance des périls ou des dommages, par conséquent de prévoyance et d'anticipation à l'arrivée des dangers, et comme un nouveau moyen d'exciter l'organe primitif de la défense, l'organe de la douleur et du plaisir. Si, maintenant, nous considérons ce deuxième moyen, nous voyons que, sans déplacer le centre excitable par les sentiments de douleur ou de plaisir et sans rechercher d'autres organes qui, modifiés, altérés, perturbés, donnent la douleur et le plaisir psychique, les mêmes organes qui donnent les sentiments provoqués à la périphérie donnent aussi les sentiments provoqués au sein du centre psychique, dans le cerveau. Ces sentiments sont ceux que Ton appelle émotions et auxquels on attribue une cause déterminante centrale. S'il en est ainsi, non seulement l'origine des émotions est trouvée, mais aussi, elle n'a pas d'autre base physique que les sentiments d'origine périphérique ; ce n'est pas la seule induction qui s'ensuit' : il n'y a aucune différence entre les deux classes de phénomènes qui sont toujours, en tout cas, des manifestations de la vie végétative ou nutritive ou organique, comme on voudra, mais les excitations à

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manifester possèdent deux voies, Tune périphériquia l'autre centrale. Et ces deux voies ou véhicules d'^ citation émotionnelle ne sont point nettement sép: rées, mais elles sont souvent si unies qu'elles agisse en même temps et qu'elles excitent, ensemble, u émotion ; je veux dire par là qu'une sensation qui ^ d'origine [)ériphérique, excite, dans l'organe centra un centre émotionnel et l'on a par là immédiatement «phénomène d'émotion. La distinction entre sentimerB de caractères physiques et d'origine périphérique i ceux de caractère intellectuel et d'origine central n'existe pas : les uns et les autres dérivent de la mêni< origine de mt^mc qu'ils se produisent dans les mêmej organes.

Si l'origine des phénomènes psychiques est dans la protection de la vie, ce sont les manifestations douloureuses et agréables qui doivent servir de base au bul à [)oursuivre, ceci a été démontré ; si la douleur es' nocive pour l'existence et le plaisir, utile seulement pai les manières dont les fonctions vitales sont affectées on j)ourra savoir quelles sont les influences nocives oi favorables : donc, la douleur et le plaisir doivent t^trt des manifestations psychiques de l'état fonctionnel ot cela aussi est démontré ; si dans l'évolution ani maie, aux causes physiques extérieures, donnant de: excitations périphériques et pouvant être des motif déterminants de douleur et de plaisir, s'ajoute un< autre cause motivant la douleur et le plaisir, la quan tité et la qualité de ces deux phénomènes augmenten sans que les effets respectifs et particuliers en soien changés : il en est ainsi pour les émotions directe ment provoquées par le cerveau, les phénomènes qu

(3ENESE DES ÉMOTIONS tU()

Se manifeslent sous lormo de douleur pu de plaisir étant demeurés invariables.

Malgré ceci, malgré Tunité des phénomènes de plaisir ou de douleur, les moyens de production (le leur excitation sont, lorsqu'ils sont ainsi produits différents, et cela a été déjà démontré ; de même que l'on a démontré la formation de centres spéciaux psvcho-organiques qui se marquent instinctivement et qui abrègent favorablement les voies de l'excitation douloureuse ou agréable. Ainsi, de même que dans d'autres phénomènes mentaux, la forme instinctive, qui a rendu obscure l'origine et la genèse des émotions, domine dans les sentiments ; de même, leur interprétation a été déviée par ce désir de rapporter leur base physiologique à la couche corticale des hémisphères tandis que, quelles que soient les libres nerveuses qui unissent les éléments de l'écorcc au bulbe où convergent les racines des nerfs de la vie organique, elles ne possèdent qu'une fonction secondaire ; on peut le démontrer en physiologie expérimentale par l'ablation des hémisphères et en comparant le cerveau dans les séries animales où ne manquent jamais et où sont relativement très développées les parties basales et le bulbe, tandis que le cerveau supérieur et les deux hémisphères font défaut ou sont peu développés ; on peut même la démontrer par les animaux invertébrés où l'on trouve seulement des ganglions nerveux et des centres nutritifs et où Ton trouve des phénomènes émotionnels caractéristiques. Si la défense de l'organisme dépend des deux formes caractéristiques, douleur et plaisir, auxquelles tous les psychologues réduisent les manifestations Sekgi. 10

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ilossonliiiionls, qu'ils soient d'oi%ine périphérique o «vntrale, le l'ail que certaines douleurs et certains plai Mi> luent, ou qu'ils sonl assez nuisibles pour altér lonilH>raii'enienl ou |)our toujours les fonctions de 1

\io, imraîtrait inexplicable ; il en est ainsi, cependant :

Des observations et des analyses du plaisir on tii^ tvlle conclusion qu'ils sonl des avertissements du dom «lapeou du péril qu'encourt l'existence, et ceci parsuil^de Tallération subite des actes vitaux eux-niemcs. - Mais ces avertissements sonl utiles dans de certaines limites d'intensité et d'extension des altérations organiques ; au delî\ de ces limites, si les causes de ces altérations sont supérieures à la résistance organique , il doit s'ensuivre le dommage irréparable ou la mort. Pour les douleurs à caractère physique, cela est évident : les douleurs consécutives à une blessure sont l'indice d'altérations organiques et demandent un remède, mais il est |)ossibleque la lésion soit si grave qu'elle exige le détachement de la partie lésée; dans les maladies, les douleurs sonl des indices et des guides pour la cure, mais si des causes supérieures à la résistance organique individuelle persistent à oiîen ser l'organisme, le donuuage devra nécessairement s'ensuivre, ii'exces de la douleur ])hysiqueet ses consécjuences extrêmes ne peuvent être considérés conmie des faits (jui diminuent ou qui aimulenl la valeur biologique protectrice du phénomène en lui-même. Le cas ressemble à la lutte entre deux gladiateurs, qui sont tous deux aguerris et qui ont résistance dans le combat |.our la vie, personne n'admettra que l'un d'eux, inférieur, succombant dans la lutte, ail en vain possédé de forts muscles ; sans eux il ne pouvait lut-

^^^1 mais une force musculaire unie à une plus grande habileté l'a vaincu.

" en est ainsi également des plaisirs physiques pernicieux qui tuent ou entament l'organisme par des conséquences persistantes. L'ingestion de boissons alcooliques en quantité modérée produit le plaisir et est 'nême utile mais, pris en quantité excessive, c'esta-dire supérieure à celle que les éléments organiques peuvent supporter sans être empoisonnés, ils produisent clés maux très graves. L'excès de nourriture dans ^^ dîner, supérieur à la quantité digestible par les ^''ê'^nes spéciaux, doit produire des effets nuisibles ^^y dans certaines conditions individuelles, peut pro- ^Uire la mort. Les plaisirs sexuels ont une valeur bio- ^Sicjue pour la perpétuation de l'espèce; mais si, ^^ris ces plaisirs, il y a une quantité d'énergie qui se ^^ri^^nie, sa perte, pour ne pas être nuisible, doit *"^ proportionnée à l'organisme individuel et à ses ^'^cîitions de réparation en un temps bref; si cela ^5^lpas, ces plaisirs sont nuisibles et leur conlinua- *^^^ doit être fatale. Dans ces cas, du reste, il y a j^^^i avertissement, car il y a douleur sous forme ^^^tTaiblissement et de troubles cérébraux plus ou ^^^ îns sensibles ainsi que d'autres phénomènes con- ^^>aittants.

I Physiquement, il n'y a donc pas de doute, les dou-

^~^^^rs et les plaisirs, c'est-à-dire les manifestation psy- ^ ^ îques des états organiques sont utiles en tant que ^ actions biologiques ; dans les conditions normales

^^Vir utilité protège la vie, en cas d'excès ou de vio-

^^^ce, elles sont toujours le signe que cette fonction

^ peut être favorable si l'organisme n'est pas assez

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résistant. En outre, les faits qui peuvent avoir le«^ a origine dans les déviations ou altérations produits p^^» riiomnie lui-même, malgré les avertissements biolcz>giques, jouent le même rôle.

Peut-on dire de même pour les émotions ? Si les douleurs physiques consécutives à des blessures graves reçues accidentellement ne peuvent être évitées, de même que Ton ne peut éviter la mort par de semblables blessures ou à cause de maladies spéciales, hépatites néphrites, etc., des émotions comme la terreur ou comme le plaisir qui peuvent tuer subitement, ne sont point évitables. Tandis que la peur est utile comme sentiment modéré de défense contre des périls avec lesquels on ne peut lutter, tandis que le plaisir émotionnel qui augmente Taclivilé vitale est des plus utile, la peur qui produit tremblement et la syncope est inutile, de même que le plaisir qui donne des évanouissements ou qui allèrc les fonctions cérébrales. Ici, comme [)our les excitations périphériques, le phénomène dépend de la résistance organique indi viduelle et des autres conditions du moment qui peuvent diminuer ou augmenter la résistance ou la valeur de l'énergie excitante. L'utilité et la valeur biologique ne peuvent donc en être niées à cause des effets inutiles ou nuisibles qui peuvent en être la conséquence connue dans certains plaisirs et dans certaines douleurs d'ordre physique, dos considérations nous amènent directement à la genèse des émotions.

Lue douleur quelr()n(|ue est la manifestation psychique d'un état organique spécial dedépression, selon rintensité et la durée. (JlVst au foyer de la vie, dans le cœur que commence le phénomène dépressif : il y

GE>è'^E DES ÉMOTIONS l'S

*^ rm ^ rallentissement des mouvements du cœur et des ins- ^i* -f P'wtions qui, de temps en temps, deviennent plus profondes et plus longues. Le sang se retire des capillaires superficiels, la pâleur et la flaccidité musculaire surviennent, puis Taspect amaigri de la face, qui sémite allongée, le dessèchement de la peau et de la bou- ^^^ jusqu'au pharynx. Les yeux sont morts et les Paupières les recouvrent comme si elles étaient entraîïîees par leur poids. La personne est courbée, afTais- ^c sur son siège, comme accablée ; la chaleur dimi- '^^^j le pouls est fréquent et faible. La souffrance est ''^«nifeste.

Un état de Thomme non provoqué comme douleur

P3r excitation périphérique se rapproche de celui qui

^ ©té décrit, c'est celui de l'approche de la mort ou

^8'onîe. Celui qui observerait un mourant trouverait

^^ns ses apparences et dans les phénomènes vitaux de

^^^ïïiier ordre, les phénomènes que je viens de décrire.

^^*^s on peut en joindre d'autres que Ton peut trou-

^^ dans l'agonie et dans là douleur violemment pro-

P^Vaée, sueurs froides, relâchement des sphincters,

**^>tation de la pupille, incapacité de soutenir son

r ^'^ïre corps qui git comme inanimé. L'homme qui,

, ^^^use d'une douleur quelconque, se sent surpris par

^Is phénomènes, en a pleine conscience s'exprime

, ^"tvent en disant : « je me sens mourir ». C'est récl-

^^>nent une approche de la mort qu'im état semblable

la mort peut joindre, en elfet, si l'intensité

^^gmente, comme cela arrive quelquefois, par arrêt

^^bil du cœur et de la respiration.

D'un tel état intense de douleur, à \mc douleur t^lus légère, il y a une gradation considérable : dans

la douleur légère on observe une légère dépression-^ ainsi de suite, graduellement, jusqu'à la plus grar^ douleur 011 si la mort n'en est point la conséquent on s'en trouve si proche qu'elle est presque attein. La douleur est donc un signe que la vie est en pé^ c'est l'expression psychique de la décadence de la ^ menacée dans ses fondements: ici, la vie psychiques confond complètement avec la vie même car ce sct: ces altérations des fonctions vitales qui ont leur écr^ dans les manifestations psychiques de la douleur. L fonctions vitales chez les animaux à centres nerveux comme l'homme, ayant des centres réguliers en reli lions directes et indirectes les uns avec les autres, ^ s'ensuit que ce sont ces centres qui doivent ressenti) les premières impulsions d'altérations et de modifica tions qui se reflètent ensuite sur les différentes fonctions ; il s'ensuit encore que les effets de ces impuisions sont proportionnels à leur intensité et à leui durée. Les impulsions de petites intensité et de brève durée restent limités à des centres plus immédiats e primaires du centre vital, au cœur et à la respiration des impulsions plus fortes et de plus grande duré< s'étendent aux vaso-moteurs, aux sécrétions, aux mus des, et ainsi de suite selon la plus ou moins grande énergie de l'excitation. Les excitations périphérique et directes qui sont ensuite, chronologiquement, le premières, produisent des effets inmiédiats ; il s'en suit que toute excitation qui apparaît comme doulou reuse est déjà dépressive. Les excitations centrales o\ émotionnelles bien qu'indirectes sont égalées aux péri phériques par leur organisation sous forme instinctive elles'cxcitent donc, comme les périphéricjues, les ccn-

très de la vie et selon leur intensité ou leur durée produisent des effets légers, puissants ou fatals suivis de mort réelle ; mais les uns et les autres constituent un pas vers la mort. Contrairement aux explications données par certains, je crois que dans la flaccidité musculaire, dans la pâleur où la retraite du sang des capillaires périphériques est évidente, il y a paralysie des artérioles et non restriction active de ces vaisseaux de même que le tremblement, dans la peur est TeiTet de Tanémie musculaire instantanément produite, de sorte que les muscles, avec leurs vaisseaux vides de sang perdent leur volume, leur consistance, et par suite, leur tonicité : ils tremblent comme une substance gélatineuse. Le tremblement est donc un phénomène dommageable, sans utilité, et dérive comme tous les phénomènes émotionnels violents d'un excès d'excitation. Je dois répéter ici celte conception que les phénomènes émotionnels de même que les douleurs physiques sont utiles, mais lorsqu'ils ne surpassent pas une certaine intensité, après une semblable limite, il y a approche de la mort et la défense cesse de fonctionner.

La genèse des émotions de douleur se trouve dans Taltération des fonctions de la vie lorsque cette altération consiste en une diminution d'activité dont la limite dernière est l'agonie et la mort.

La genèse des émotions agréables doit donc se trouver dans l'augmentation d'activité de ces phénomènes vitaux. Cette augmentation est réelle ou apparente ; elle est réelle quand les excitations qui la provoquent sont un superflu de la fonctionnalité normale du moment, elle est apparente lorsque, dans

un état relatif de dépression, état de douleur, il y ccssation ou diminution de cet état ; alors, celui cjii succède est comme une restauration de Tétat nornnfl non dépressif, c'est-à-dire non douloureux ; ceci donne une augmentation relative, mais elle est apparente car elle ne dépasse pas la normalité fonctionnelle. Les phénomènes du plaisir, dans leur forme ph\sif>logicjue sont les suivants : accélération des mouvements du cœur sans diminution d'intensité, respiration libre, exaltation tle l'appareil neuro-musculaire i)ar dilatation des vaisseaux capillaires, aspect facial plus ample, élargi par l'afflux plus abondant de sang, yeux luisants, facilité dans les mouvements, rire, chant, sauts et autres signes d'excitation exubérante dans les fonctions de la vie.

Dans le plaisir, il y a aussi gradation ; de la plus petite à la plus grande excitation qui envahit les centres et se diffuse conformément à cette intensité même, et selon sa diffusion, certains ou tous les organes de la vie se trouvent excités. Comme dans la douleur, il peut y avoir un excès d'excitation qui perturbe profondément le centre de la vie et les phénomènes primaires, c'esl-a-dire le mouvement du cœur, et de la respiration, et occasionne la mort. L'excès d'excitation qui a toujours une valeur relative produit les mêmes effets qu'ils se rapportent à la douleur ou au [)laisir ; (fcst d'abord l'arrêt du cœ.ur cl de la respiration, forme paralytique et temporaire, qui peul devenir définitive dans la mort subite, (leci s'explique par ce fait (|ue les organes de la vie se maintiennenl entre certaines limites de fonctionnalité au delà des quelles ils ne peuvent fonctionner : l'excès d'excila

GENÈSE DES ÉMOTIONS lyy

tîon, de quelque côté qu'il vienne, est toujours nocif. Mais si les phénomènes de douleur s'expliquent plus facilement par la défense de l'individu en ce qu'ils constituent des avis utiles, il n'en est pas de même pour le plaisir. On pourra rester indifférent à des motifs de plaisir sans souffrir de désagrément ou de dommage, tandis que l'on ne peut demeurer indifférent à des motifs de douleur; même, si le plaisir est modéré, après le premier moment, il devient inaperçu, comme un état indifférent. En d'autres termes nous ne pouvons trouver le rôle de défense dans le plaisir que comme moyen d'éviter la douleur, c'est une forme négative de défense psychique.

Etudions maintenant un autre phénomène caractéristique, la colère et sa congénère, la fureur. Dans la colère, il y a irritation du centre dont dépendent les mouvements du cœur et de la respiration, avec un afflux sanguin assez violent à la périphérie, selon les degrés d'excitation, comme dans le plaisir. 11 y a dilatation cjes grosses veines, congestion, innervation violente des muscles volontaires, et, par conséquent mouvements violents aussi, mais désordonnés, ou bien cris et souvent hurlements ; l'aspect est brûlant, les yeux sont injectés et plus ouverts qu'à l'état normal, et il est différent de l'aspect, violent ou calme, de la joie. Ces phénomènes peuvent atteindre un phis haut degré et d'autres peuvent survenir : salivation abondante, sécrétion bilieuse, larmes, respiration haletante, pouls violent, comme il advient dans la fureur.

Il y a, dans ces phénomènes, une grande analogie avec ceux que produisent le plaisir et la joie ; il y a

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augmcnlalion de la fonclionnalité, expression d'én< gie libérëe et manifestée dans Tinnervation des musc volontaires ; il y a dilatation des vaisseaux périphé ques, ce qui se voit par la rougeur de la peau^ f des yeux injectés, par l'énergie motrice, désordonr subissant peu ou pas du tout le contrôle de la ^ lonté, comme pour les mouvements excessifs de

joie.

Si nous considérons bien le phénomène de la colèi nous verrons qu'il simule Tatlaque, et il est quelqv fois une véritable attaque contre celui qui Ta provoqu si nous pensons aussi que le motif qui provoque ■ colère n'est jamais agréable, mais qu'il appartient ceux que Ton peut appeler, en général, douloureu: nous ne pourrons que voir dans la colère un phénc mène de réaction, ainsi que je l'ai déjà dit. Qu'u. même motif puisse provoquer la douleur sous s forme naturelle, dépressive jusqu'à l'approximatio: de l'agonie, et, comme réaction la colère, c'est là u fait notoire. Pour le même motif, deux personne peuvent subir deux formes émotionnelles différente! colère pour l'une, douleur dépressive et inerte poi l'autre. Il est donc facile d'interpréter la colère comn une réaction de défense dans sa signification originel et comme un simulacre de défense, dans la plui>a des cas, dans sa signification présente.

La défense ne peut s'expliquer que par une augmei tation d'énergie et spécialement d'énergie musculai pour les muscles volontaires ; cette augmentatic d'énergie ne peut se manifester sans une dilatation d vaisseaux périphériques et sans que les deux phén< mènes se produisent violemment dans l'attaque inim

diale de l'ennemi, ou tout au moins dans la défense active. Si nous pensons que l'origine, la provocation porte de suite à l'attaque ou à la résistance active oontre le provocateur présent, nous pouvons aussi penser que la provocation avec absence ou éloignemenl de son auteur porte aussi aux mêmes actes : ils ne sont plus des attaques ou des résistances formelles, réelles, mais seulement des simulations ; c'est pourquoi il arrive que le colérique et le furieux serrent les poings, se mordent les lèvres et les mains, frappent la terre du pied, brisent tout ce qu'ils trouvent, et invectivent même les personnes qui se présentent et qui n'ont aucune relation avec le motif delà rage. Les animaux passent leur colère sur des objets inanimés lorsqu'ils sont retenus ou éloignés de ceux qui l'ont provoquée. Le chien mord la pierre qu'on lui lance, la chaîne qui l'attache, alors qu'il mordrait Thomme s'il était voisin de lui. Le tigre et le lion en cage mordent la barre de fer qui sert à les exciter ou se lancent sur elle, la mordant ou l'attrappant avec leurs pattes. De même la forme de défense par l'attaque devient un simulacre de défense avec toutes ses manifestations organiques et psychiques en même temps qu'un phénomène habituel comme tous les phénomènes instinctifs, devant une provocation. Mais, en cet état, les mouvements musculaires volontaires demeurent sans direction déterminée car il n'y a ni attaque ni défense réelles, et c'est pourquoi il y a alors défaut de coordination et de contrôle dans la colère et dans la fureur. Lange ' croit que le cri du furibond a pour

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