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m ^ûalogue. Si le plaisir exprime la continuation de la
W ^c, parce qu'elle se trouve dans des conditions supé-
r heures, la défense active exprime la même chose.
*^^ns la nécessité de la lutte réelle, on doit donner
Une grande vigueur musculaire, il doit donc y avoir
innervation volontaire plus considérable, dilatation des
^^sseaux périphériques et mouvements énergiques.
"ersonne ne niera la grande correspondance des phé-
-'^oinènes physiologiques dans la rage et dans la lutte
^^^T>s à corps chez l'homme et chez les autres animaux :
®t toutes deux augmentent avec leur prolongation et
^^^o la résistence qu'elles doivent vaincre. Il est donc
^^ile d'expliquer l'incoordination des mouvements
*-^^ris la rage comme simulacre de lutte et de défense,
^^>c-ci n'ayant aucune direction déterminée, ni aucun
^'^ïX^mi à abattre.
-j ^N^ais il me semble que dans la joie on trouve aussi
d^ d^s mouvements non coordonnés. Sous Tinfluence
^^Xie semblable émotion, on saute, on bat des mains,
^ chante, tout le corps se remue, la personne ne
^^^^^t rester assise ou immobile un instant, ne peut
1 ^^^*ne être attentive à quelque chose, elle se trouve
^^^"*^8 d'elle si le phénomène arrive à son apogée. Il y a
seule différence entre ces formes de mouvement et
ixde la rage, non dirigés, même en apparence, contre
^Iqu'un : celui qui est joyeux est disposé à recevoir
^^îectueusement n'importe qui ; au contraire, celui qui
^^^ trouve en état de colère tumultueuse repousse tout
^ ^ monde et éloigne même les personnes chères.
Il me semble donc que la différence profonde que
<ANGÈ affirme, n'existe pas, pour ce qui concerne les
t^liénomènes physiques, entre la joie et la douleur. On
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peut expliquer le fait en admettant que, dans sa réaction pour la défense réelle, l'organisme se sert des moyens qui se trouvent aptes à l'élévation de l'énergie, c'est-à-dire des moyens du plaisir. Si l'on y regarde de près, un organisme complexe, comme l'organisme humain, n'a que deux moyens qui sont l'abaissement ou l'élévation de l'énergie, effets de forces qui contrarient ou favorisent l'existence. Dans le premier cas, nous avons comme forme primaire, la douleur, dans l'autre, le plaisir. Ces manifestations se produisent parles mouvements des organes qui président à la vie, d'abord le cœur et la respiration, puis les artères et les veines, puis les sécrétions et les mouvements musculaires. Il en résulte que tous les phénomènes qui diminuent l'énergie vitale deviennent douleur et ceux qui l'élèvent deviennent plaisir ou réaction à la douleur. La fureur est une réaction à la douleur, de même que la défense dans la lutte est une réaction à l'offense ; ses phénomènes sont donc identiques h ceux du plaisir, élévation des énergies vitales.
Mais si, fondamentalement, la fureur évolue par des faits analogues à ceux de la joie, c'est-à-dire relativement à leur base physique, sous la forme psychique il y a des différences dignes d'être notées. L'excitation centrale, motif déterminant l'état de plaisir ou de fureur, est différente, et ce motif se joint à la conscience du sentiment qui se développe dans l'excitation du centre émotif, puis dans les divers organes ; dans la conscience, le phénomène est unique, c'est un sentiment de joie ou de rage que nous rapportons toujours, habituellement, au motif lui même. C'est ainsi qu'il arrive qu'un motif de
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satisfaction, élevant les énergies vitales avec ces phénomènes spéciaux déjà décrits, nous donne plaisir ou joie, et qu'un motif de réaction à une contrariété qui constitue une réaction provoquée, élevant également les énergies vitales, produit la rage : les motifs provoquant l'un et l'autre phénomènes disparaissant, l'organisme rentre en équilibre et l'émotion est finie. Mais ceux qui sont accoutumés aux formes émotionnelles savent que, outre les phénomènes primaires des deux émotions, il s'en trouve beaucoup d'autres de secondaires qui deviennent divergents selon la nature de l'émotion ; ce qui donne la possibilité de distinguer la colère de la joie chez un homme comme chez un animal.
Ces ressemblances entre deux émotions aussi diverses que la colère et la joie, ressemblances qui deviennent de l'identité pour les formes physiologiques dont elles sont l'expression psychique, trouvent une plus grande cohésion dans beaucoup d'autres émotions que l'on doit considérer comme congénères ; le plaisir de la vengeance, par exemple, le plaisir de dominer et de vaincre, le plaisir de voir soufl'rir l'ennemi ou la personne odieuse, etc. , montrent de façon évidente le lien déjà trouvé entre les deux émotions supérieures car elles y sont toutes deux mêlées à des degrés divers d'intensité. On y trouve aussi un sentiment à forme instinctive qui se manifeste dès l'enfance : la combativité et par conséquent le plaisir de lutter, soit réellement, soit fictivement ; il est très général et se développe facilement dans l'âge adulte selon les occasions.
L'apparition des deux formes d'émotions qui ont pour caractéristique fondamentale soit l'abattement à divers degrés, allant jusqu'à l'agonie et à la mort.
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abandon plus ou moins grand des énergies vitales, avec expression psychique de douleur, soit l'exaltation jusqu'à l'attaque violente contre l'offenseur, défense réelle, colère ou fureur, ou exaltation des énergies vitales qui se rapportent au plaisir, émotions qui l'une et l'autre correspondent à la perpétuation de la vie ; cette apparition a une base réelle dans les conditions organiques de l'être en présence d'une force extérieure qui, si elle apparaît comme supérieure, déprime, et si elle apparaît comme égale ou inférieure, provoque une réaction. Ces deux conditions sont seulement relatives, souvent apparentes ou illusoires et dépendent des conditions du sujet. Ces conditions intérieures et extérieures, avec d'autres encore, peuvent être causes d'effets émotionnels divers.
Mais nous nous efforcerions vainement de rechercher la genèse des émotions chez l'homme et les autres animaux si nous voulions la trouver dans les simples conditions individuelles. Tous les faits psychiques comme tous les phénomènes vitaux, ont une relation de dépendance avec tout ce qui entoure les vivants, que ce soit de nature organique ou inorganique, sous forme d'énergie physique autant que de forces déployées par des êtres de la même espèce ou d'une espèce différente. En présence de ces énergies de tout caractère et de toute intensité, l'homme ou l'animal évolue dans une grande variété d'actions et de réactions dans lesquelles les fonctions mêmes de la vie prennent une forme primaire et essentielle, se modifient, s'altèrent, retournent à l'état d'équilibre, s'épuisent, résistent ou succombent. Il est alors facile de concevoir comment les formes de défense, de
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résistance pour la préservation de la vie comme la recherche des moyens pour la perpétuation de la vie et du bien être augmentent, varient selon les conditions extérieures, et comment naissent, par conséquent, de nombreuses formes émotionnelles secondaires ou accessoires qui paraissent d'origine inextricable et obscure, mais qui sont des transformations, des atténuations ou des simulations des formes primaires fondamentales.
Et comme la vie individuelle a dans la vie sociale, un lien indissoluble, biologique, lui aussi, car la société est, pour chaque individu, une condition d'existence en dehors de laquelle il ne pourrait continuer à vivre, il s'ensuit que la vie sociale devient un autre ensemble de conditions qui apportent de nouvelles formes émotionnelles, des plus riches, avec des gradations diverses de mode et d'intensité, mais qui dérivent toutes, et toujours, chez le sujet, de faits primaires se rapportant à la modification des fonctions vitales les plus fondamentales. Et comme la société humaine est aussi -ancienne que l'espèce, qu'elle a une valeur biologique pour la continuation dé la vie individuelle et de la descendance, l'origine de chacune des formes émotionnelles qui s'y rapportent est également ancienne. Ces formes sont aujourd'hui devenues instinctives par suite du processus d'organisation héréditaire, ainsi que cela peut apparaître clairement d'une classification généalogique des émotions.
Il faut signaler ici une des variations importantes dans la genèse de l'émotion. Dans les deux manifestations dont nous nous sommes occupé, on a vu qu'une excitation, un motif provocateur étant donné, Témo-
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tion suit immédiatement ; mais on sait que Thômme et d'autres animaux manifestent des émotions qui ne sont pas de production instantanée, mais qui sont, au contraire, de longue durée et même permanentes. L'amour sexuel n'est pas constitué chez l'homme seulement par la possession ; ceci apparaît comme un but de l'amour. L'amour maternel qui n'a pas de tel but de satisfaction personnelle et qui, souvent, provoque des sacrifices, l'amitié, la haine, la rancune, etc. sont des sentiments de longue durée qui ne dépendent pas d'une excitation instantanée et qui ne cessent point avec elle. Quelle peut donc être leur origine?
Si l'on se rappelle que ce qui provoque l'émotion peut être une idée, nouvelle ou rappelée, c'est-à-dire une excitation centrale, encore que le motif de cette forme mentale soit une sensation réelle, on comprendra facilement que l'image mentale ou l'idée soit présente ou prédominante comme cela arrive dans l'amour. Chacun sait que l'image de la personne aimée se présente continuellement à l'esprit comme une idée fixe car cette image, par cohésion psychologique, s'est organisée avec d'autres faits psychiques et organiques de façon h ne pouvoir plus en être séparée sans désagréger le groupe psychique organisé. Souvent, cette idée fixe est le centre du groupe de cohésion, autour duquel se meuvent les autres faits ou phénomènes. Si celte idée est persistante, il est naturel que l'on doive la considérer comme un motif continu d'excitation émotionnelle et comme constituant la cause permanente ou durable du sentiment qu'elle a provoqué. Celui-ci, dans sa période de durée, a aussi divers degrés de manifestation selon les motifs nouveaux qui
^ y ajoutent et qui peuvent augmenter Tintensite de 'émotion, la troubler ou la faire disparaître.
Si la genèse des émotions est intimement connexe aux fonctions vitales, si elles surgissent comme des formes d^altérations subites, utiles à la défense, il est naturel de les voir réapparaître chaque fois que la défense devient nécessaire. Mais comme, et cela a été démontré en différents passages, la défense ne se limite pas aux individus seuls, considérés isolément, mais qu'elle s'étend à tous les éléments qui composent la descendance et la vie sociale chez les animaux où elle existe et principalement chez l'homme, il arrive que les mêmes formes émotionnelles apparaissent aussi chez l'individu, même quand il ne s'agit pas de protection individuelle. De sorte que les formes primaires de la douleur, de la colère, du plaisir, se produisent même dans d'autres émotions, sans qu'elles aient une signification de protection pour le sujet chez lequel elles se produisent. Beaucoup de formes secondaires des émotions sont nées et engendrées par les seules relations sociales, sexuelles ou parentales. Dès le début, j'ai montré déjà l'existence de centres psycho-organiques, centres émotionnels dérivés par association du centre émotif commun anatomiquement et physiologiquement localisé dans le bulbe, accompagnés de perceptions variées et complexes et d'expériences individuelles qui, demeurées, en l'espèce, comme formes associées, permanentes par hérédité, se manifestent sous forme d'instinct. Ceci, comme on Ta vu, abrège physiologiquement les voies d'excitation et fait que l'émotion apparaît subitement ou en un espace de temps relativement bref, en même temps
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que, dans les émotions spéciales dérivées des primaires, il y a une limitation d'excitation des éléments fonctionnels vitaux et, par conséquent aussi, une spécialisation de leur part, ainsi qu'on le verra plus clairement dans la généalogie des émotions.
De sorte que les émotions, qui sont toujours des [)hénomènes individuels de la vie organique avec les douleurs et les plaisirs provoqués par excitation périphérique, embrassent toutes les relations de la vie individuelle avec la nature physique et organique et se projettent, elles aussi, dans le monde extérieur.
Mais puisque j'ai souvent adopté deux mots comme synonymes, c'est-à-dire émotion et sentiment^ il est nécessaire, afin d'éviter toute équivoque de les délinir ici.
Par émotions^ j'entends ces phénomènes qui ont le caractère affectif de douleur ou de plaisir, et qui sont provoqués par des idées ou des images sensorielles; par sentiments, j'entends tout phénomène à caractère affectif, quelle que soit la cause qui le provoque, qu'il vienne d'une idée ou d'une cause intellectuelle — ce sont alors les émotions, — ou de causes physiques organiques, — ce sont alors des plaisirs ou des douleurs physiques.
L'expression sentiment est donc générique et comj)rend deux classes : i** les émotions, 2° les douleurs et plaisirs physiques qui peuvent être déterminés par des excitations sur les organes des sens ou sur les tissus organiques (sensations internes ou générales).
Le lecteur évitera ainsi un danger de confusion ou d'interprétation inexacte, cause d'erreurs.