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I. Die Lehre von deii Tonenipfindungen, IV, édition

liarmonies et des accords a été extraordinaire. Tout ceci a une grande signification pour tout ce qui concerne le sentiment causé par la musique et pour la cause physiologique de ce sentiment même.

Dans la monotonie primitive on trouve un ton répété et prolongé ; dans la mélodie la plus simple, comme dans Toctave, on peut considérer qu'il y a monotonie par la fusion complète des deux tons ; mais même dans la mélodie par quinte et par tierce, bien qu'il y ait un intervalle qui se prête moins à la fusion que l'octave, celle-ci est néanmoins suffisante pour l'effet à produire. Si nous nous rappelons que le cœur fait en moyenne une pulsation cpmplète en un peu plus de huit dixièmes de seconde, et que la contraction des oreillettes et des ventricules emploie six dixièmes de ce temps, nous pouvons comprendre que la durée d'un ton musical doive dépasser de beaucoup la période du mouvement cardiaque pour produire une variation dans les mouvements du cœur. Si en une période de temps relativement brève se succèdent des tons musicaux variés en hauteur et en intensité, ils ne peuvent produire un effet correspondant dans la succession des variations cardiaques et par conséquent ne peuvent produire les sentiments qui en dépendent.

Or, dans la mélodie, il y a consonnance et fusion de tons complètes, et celles-ci, prises dans leur ensemble, dépassent la durée des mouvements cardiaques ; de plus, l'on fait dans la mélodie des répétitions rythmiques de ces consonnances et de ces tons, et les effets doivent, par conséquent, en résulter plus constants et moins douteux. La monotonie, c'est

la répétition continue d'un ton ou d'un son ; les eflfets sur les mouvements cardiaques en sont continus et sans variations ; c'est ainsi que la musique primitive, qui est monotone, produit des effets immanquables sur le cœur des hommes primitifs, ces effets sont, par conséquent, ou excessivement dépressifs, ou violemment exaltatifs : c'est le rythme musical lui-même qui, durant l'excitation uniforme, maintient le. cœur en une tension continuelle et invariable, et avec le cœur, la respiration, et avec l'un et l'autre les effets qui en sont la conséquence. Dans ce cas, l'on doit considérer aussi l'effet produit par la somme d'une série invariable d'excitations, cette série donne des résultats analogues à ceux d'une excitation continue.

Mais si nous passons à l'harmonie et aux accords, il devient alors facile de comprendre quelle plus grande variété de tons se développe en une période relativement brève ; et ceux qui ne sont pas habitués à ces rapides variations n'éprouvent aucun sentiment agréable de cette musique complexe et variée. C'est seulement après une éducation musicale que, au milieu de cette variété et de cette multiplicité des excitations, des effets sensibles sur le cœur peuvent se produire, et cette éducation seule peut rendre sensible h Toreille un désaccord ou un brusque changement de ton. L'évolution qui va de la musique mélodique à la musique harmonique et de celle-ci à une musique plus complexe et plus variée indique l'évolution et le développement chez l'homme du sentiment esthétique musical par un perfectionnement des organes qui les rend plus sensibles aux rapides

variations de Ion ; elle indique aussi un perfectionnement individuel au moyen de l'éducation musicale. Ce perfectionnement peut être comparé à celui de la sensibilité tactile acquise par l'exercice, à celui de la vue par rapport à la perception des distances, des symétries et autres choses semblables, enfin à celui de l'organe auditif lui-même dans la propriété de savoir distinguer les tons, les demi-tons ou les plus légères discordances de ton. Malgré cette évolution, la musique mélodique demeure toujours la plus expressive même aujourd'hui et même pour les personnes qui ont une éducation musicale élevée, car la mélodie produit des effets plus durables que l'harmonie ou que l'accord. Une sonate où l'on a introduit beaucoup de variations, comme il arrive dans des morceaux pour piano, produit toujours peu d'effet comme sentiment ; la « Casta Diva » de Bellini jouée dans sa pureté et sa simplicité fait bien plus d'effet que si elle est jouée avec ces variations qui ont pour résultat de morceler la mélodie.

La musique populaire, celle des campagnes, et la musique primitive chez toutes les races humaines est monotone et mélodique ; les cantilènes ont un effet extraordinaire parce qu'elles prolongent les troubles cardiaques et les augmentent par accumulation d'excitation, chacun sait qu'elles sont dépressives au plus haut point et qu'elles conduisent aux larmes. La musique des primitifs est toute dans la répétition d'un, de deux ou de trois tons au plus, soit sous forme de lamentations comme pour les cérémonies funèbres, soit par des frappés violents de tambours qui produisent de fortes excitations et incitent à la Sergi. 20

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danse ou au combat; la musique europénne n'a, en général, aucun effet sur eux parce qu'ils y restent insensibles* tandis qu'au contraire leur propre musique produit en eux des effets quelquefois extraordinaires, visibles aux divers mouvements qu'ils font sans aucun frein, et visibles aux pleurs qu'ils versent ^

Après ces considérations, la musique nous semble avoir un caractère purement sensuel dans les sentiments qu'elle produit, c'est peut-être le sentiment esthétique le plus voisin de la sensation ; l'intelligence n'a rien à faire, seul l'élément de conscience y entre comme forme intellectuelle, mais en tant que conscience des impressions effectives du son et non des excitations organiques qui très souvent lui échappent à cause de leur peu d'extension apparente. La perception délicate des sons et de leurs éléments, des tons et de leurs modifications, l'exquise perceptibilité dans la composition et la combinaison, et le moindre désaccord, sont dues au perfectionnement de l'organe par l'exercice musical ; mais ce ne sont pas ces qualités qui rendent l'oreille sensible à la musique. L'on doit seulement admettre que lorsque l'on est apte à ces délicatesses dans la perception, on peut aussi y devenir sensible à la suite d'un exercice prolongé. Au moyen de ces facultés on peut composer une œuvre musicale merveilleuse au point de vue de l'art des sons et de leurs combinaisons, mais de peu d'effet sur la grande masse des auditeurs ; c'est ce qui a lieu pour la musique

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