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répétés, et qui, pour les adultes, sont désagréables et incommodants. La musique bruyante, principalement jouée sur des instruments de cuivre, plaît aux gens du commun plus que celle plus artistique, exécutée sur le piano. Les enfants, les sauvages, le peuple, se ressemblent tous en ce qu'ils sont peu sensibles à la musique délicate et harmonieuse.
Les théories de IIelmholtz sur la consonnance et l'harmonie et, par conséquent, sur la dissonance et le manque d'harmonie, correspondant parfaitement à la nôtre par rapport aux sentiments esthétiques musicaux. Il démontre qu'il y a des interruptions de son, non seulement entre deux tons émis par des instruments différents, mais aussi entre un ton fondamental et un demi-ton. Ces interruptions, qui sont dues à des interférences, produisent des vibrations intercalaires désagréables, c'est-à-dire des espèces de tons intermittents qui rompent l'harmonie et la consonnance. Il démontre aussi expérimentalement que lorsque les vibrations sont très rapides et, par conséquent, se confondent ou bien elles ne sont pas du tout perçues, ou bien elles deviennent moins désagréables. Quand il y a moins de 33 vibrations par seconde, la dissonance est à son comble, et celles-ci sont ennuyeuses et désagréables; si elles surpassent ce nombre par la rapidité dans leur succession, elles deviennent moins désagréables; à partir de i32 vibrations par seconde, elles ne sont plus perçues et toute dissonance disparaît'. On reproche à Helmholtz
I. Helmholtz, op. cit., X. Le lecteur y trouvera la théorie et les exemples.
d'avoir confondu la consonnance avec l'harmonie; mais, physiologiquement, il a pleinement raison, et, pour moi, cela a une grande importance car c'est par là que s'explique clairement le phénomène esthétique dans sa relation avec le rythme cardiaque et ses changements.
Nous avons vu qu'un son prolongé d'une certaine intensité fait varier les contractions du cœur, et de là découle l'effet de la monotonie et de la mélodie ; si, afin qu'il y ait consonnance, ce son, ou une série de sons qui peuvent se confondre en une action commune, sont brusquement interrompus, il doit naturellement s'ensuivre une interruption dans le rythme cardiaque, là aussi, il se produit une interférence dans la continuation des pulsations. Cette interruption brusque ne peut être agréable, car elle trouble la tension caractérisée et agréable qui s'était produite dans les artères, et les sensations générales correspondantes. On peut dire que ce qui suit ces modifications physiologiques causant ces sensations caractéristiques est analogue à ce qui se produit lorsque dans un état d'attention profonde, on est brusquement troublé par un bruit inattendu car l'attention comporte des modifications dans la circulation et la respiration. C'est ainsi que lorsqu'on écoute une harmonie musicale, une note qui détonne produit aussi une dissonance et un manque d'harmonie.
Si de l'effet particulier des tons et des sons musicaux nous passons à l'effet complexe produit par une œuvre dramatique exécutée par des voix d'hommes et de femmes et par des instruments à timbres variés nous pouvons nous expliquer combien cet effet doit
devenir grandiose à cause de la grande quantité de sons combinés harmoniquement et qui se confondent dans leur succession synchroniquc. Les sensations sont étendues, tous les organes de la vie sofit troublés par les modifications dans les fonctions de la circulation et de la respiration ; un flot de sentiments inexplicables, mystérieux, sans localisation précise, général, nous envahit, nous en sommes complètement enveloppés tandis que l'organe de la pensée reste comme suspendu dans ses fonctions, paralysé et capable seulement de nous donner la conscience de ce sentiment. La majeure activité est conservée dans le bulbe, et même, il semble que tout s'y localise dans les centres des sentiments et des nerfs de la vie organique ; ces centres sont excités par le seul moyen de l'organe auditif, si fin, si parfait qu'il peut analyser les ondes sonores et transmettre le produit de son analyse et des excitations analytiques au centre émotif.
C'est ainsi que nous pouvons résoudre le mystère de l'eflct musical, non par son intellectualité, mais simplement par l'émotion sensuelle envahissant tout le domaine de la vie au moyen de modifications des fonctions organiques : nous n'avons conscience de ces modifications que dans leur résultat et à cause de leur extension à l'ensemble de notre être. L'analyse objective et subjective des tons musicaux, telle qu'elle a été si supérieurement faite par Helmholtz, peut nous donner les raisons et peut aussi nous indiquer les lois qui rendent un son ou un ensemble de sons agréables ou désagréables, mais cette analyse n'arrive pas à expliquer l'eflet de ces lois si elle ne pénètre pas
dans le domaine de la vie organique qui subit ici les modifications les plus profondes. En somme, ce n'est pas la subtile analyse des fibres et des cellules nerveuses de ce merveilleux appareil qu'est Toreille qui ressentent TefTet musical ; ces organes sont, pour Teffet émotif, des instruments organiques : ce ne sont pas les éléments nerveux de l'appareil acoustique qui subissent l'effet de l'émotion, ils ne sont pas' autre chose ici que le véhicule qui sert à la production de cette émotion.
En terminant son grand ouvrage, Helmholtz dit ces paroles : « Que la beauté (musicale), soit unie à des lois et à des règles qui dépendent de la nature de la raison humaine, cela n'est plus douteux. La difficulté consiste seulement en ce que ces règles de l'observation desquelles la beauté dépend et selon lesquelles elle doit être appréciée, ne sont pas données à la conscience et qu'elles ne sont conscientes ni chez l'artiste lorsqu'il produit son œuvre, ni chez l'auditeur lorsqu'il jouit de cette même œuvre. L'art agit sans intention, l'œuvre artistique doit paraître dépourvue de but, et c'est à ce point de vue qu'elle doit être jugée. L'art doit avoir comme résultat la fantaisie, selon des lois et sans conscience de ces lois, selon un but et sans conscience de ce but*. »
Helmholtz qui avait fait une analyse des sons tellement profonde qu'il en avait induit les lois physiologiques de la musique, trouvait donc que ces lois restent inconscientes chez l'artiste et chez l'auditeur, c'est là qu'il voyait la difficulté et il avait pleinement