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DANSE ET MIMIQUE

Nous avons vu, à propos de la genèse des émotions esthétiques, que la musique est primitivement associée à la danse ; la séparation entre la musique et la danse se produit plus tard, il en est de même pour la musique isolée dans un but de plaisir. Nous avons aujourd'hui une musique spéciale pour la danse et une autre pour l'expression des passions dans leurs manifestations caractéristiques, dépressives ou exaltatives. La danse est toujours accompagnée du rythme musical, celui-ci en est même l'excitant naturel.

L'analyse du sentiment agréable provoqué par la danse est facile à entreprendre et elle est plus évidente car elle se réfère à un fait objectivement plus apparent. La station droite augmente les battements du cœur, et diminue les intervalles de la respiration ; le mouvement de la marche produit un effet plus grand encore sur ces deux phénomènes ; enfin un mouvement vio-

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lent accélère dans une très forte mesure, par des pulsations plus intenses, les mouvements du cœur et de la respiration. Ce fait provoque de lui-même une pression plus forte du liquide sanguin et une innervation plus énergique; par l'excitation du centre vaso-moteur, par l'excitation des divers rameaux du grand sympathique, une dilatation des vaisseaux se produit, une plus grande quantité de sang circulant à la superficie cause une augmentation de chaleur et provoque la sécrétion de la sueur : tout ceci se produit rythmiquement. L'excitation semble aller de la périphérie au centre, puis revenir à la périphérie et s'y étendre ; cet effet atteint son comble dans la danse vertigineuse, les centres cérébraux de la vie intellectuelle et des mouvements volontaires perdent alors leur puissance de direction, annulés par l'intensité de l'action de la vie organique.

La danse et la musique, lorsqu'elles ne sont pas associées à des éléments de caractère représentatif, n'ont d'intellectuel que la conscience des éléments produits; les formes esthétiques les plus primitives dans l'humanité sont donc au nombre de deux : ce sont les plus générales, les plus communes, celles qui produisent l'excitation la plus intense, l'une a pour moyen l'organe auditif, l'autre les mouvements musculaires.

Lorsque nous avons parlé de l'origine de la danse, nous avons vu conunent celle-ci reproduisait des scènes de la vie réelle ; c'est dans ce fait qile l'on trouve j 'origine de l'art représentatif, dans la danse réunie à la musique et dans l'imitation des scènes de la vie lournalière : ceci constitue le vrai caractère du phé-

nomène esthétique. Le développement ultérieur de cet art muet est dans la mimique qui, par des mouvements étroitement liés à l'expression des sentiments, se propose de représenter les événements et les émotions qui naissent dans la succession des faits. La mimique, en tant qu'art isolé, n'a pas une bien grande efficacité, elle en acquiert davantage lorsqu'elle est associée à la musique et à la danse comme on a l'habitude de le faire dans nos théâtres, mais cet art n'aura jamais la même puissance d'émotion que l'art dramatique où la parole et l'expression rapprochent davantage l'imitation esthétique de la réalité.

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