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LE SENTIMENT RELIGIEUX 4 I I

physiques et moraux, pour encourager à les imiteret pour consolider le sentiment religieux. La musique, la peinture, la sculpture, Farchitecture, se sont mises à la disposition du but religieux ; les temples antiques et modernes sont des œuvres grandioses et souvent colossales; et même aujourd'hui, en entrant dans ces ruines immenses, sous les grandes voûtes, au milieu des solides et gigantesques colonnes des temples antiques, on ressent le sublime, la peur à forme d'admiration. La musique sacrée chrétienne est merveilleuse ; les arts de la forme, la peinture et la sculpture ont donné une renommée universelle au génie artistique italien. La religion ne pouvait avoir un allié plus puissant, plus universellement accepté et acceptable que l'art.

Mais, dans cette alliance, l'art à son tour a transformé la religion, dans sa forme, dans son caractère et dans son culte ; il a déterminé dans le peuple la tendance à l'idolâtrie qui prête la vie et la réalité à ses représentations et à ses symboles. L'art, chez les personnes cultivées, s'est substitué à la religion par la fusion des deux sentiments artistique et religieux, il s'est ainsi constitué un tel échange que l'on ne sait plus si c'est le sentiment esthétique qui prédomine ou le religieux. Sans doute ce dernier phénomène, autant que le premier, est utile à l'existence de la religion chez les peuples civilisés, car, consciemment ou inconsciemment, l'art est un moyen de raviver cette vieille plante dans le domaine de l'esprit humain.

Nous avons trouvé dans l'analyse des sentiments d'origine périphérique comme d'origine centrale, que les premiers à se manifester chronologiquement sont ceux qui sont suscités directement sur les organes et sur les tissus du corps entier sans distinction de fonctions spécifiques. Viennent ensuite les sentiments appelés aussi émotions, provoqués par des excitations cérébrales sous formes de perceptions et d'idées. L'évolution des premiers au point de vue de leur abondance peut se rapporter pour tous les êtres animés au volume du corps, à la spécification des tissus et des fonctions ; pour l'homme, on peut spécialement considérer le tissu qui préside surtout à la sensibilité, le tissu nerveux, et aussi plus directement le cerveau en tant qu'organe où s'accomplit tout phénomène à caractère psychologique sous sa forme révélatrice, la conscience.

Nous faisons consister, par conséquent, le premier degré d'évolution dans les sentiments d'origine périphérique, dans la sensibilité consciente, plus développée ; nous plaçons par conséquent cette évolution dans la qualité. Ainsi que j'ai eu à Tobscrver dès le

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début, la quantité d'excitations ne se transforme pas tout entière en sensibilité définie ou par suite en sentiment déterminé d'une façon consciente ; cela dépend de la phis ou moins grande perfection et du développement fonctionnel des éléments nerveux et spécialement le cerveau. Chez certains individus, la sensibilité demeure partiellement à l'état rudimentaire, c'est-à-dire que l'irritabilité s'y transforme en mouvement. Nous avons ainsi une évolution individuelle de la sensibilité selon l'âge et le sexe, et ensuite une évolution dans l'espèce : les races dites inférieures ont aussi une sensibilité inférieure dans le sens admis par nous, une sensibilité obtuse, une insensibilité relative par rapport à la douleur comme elles ont aussi une sorte d'invulnérabilité par rapport aux blessures dont elles guérissent vite. Mais cette évolution dans l'espèce ^humaine n'est pas même absolue, car, dans les races dites supérieures parce qu'elles sont civilisées, on trouve dans la masse du peuple des individus qui ont les mêmes caractères que les primitifs, c'est-à-dire une insensibilité relative; on a constaté cela spécialement chez les dégénérés, ou tout au moins dans de nombreux types de dégénérescence.

On peut donc admettre théoriquement que l'évolution de la sensibilité due à des excitations périphériques accompagne l'évolution de l'organe central, le cerveau, et que, par conséquent, la sensibilité se perfectionne avec le perfectionnement des fonctions du cerveau.

Si, maintenant, nous considérons les émotions venues directement du cerveau par des perceptions et

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des idées, nous voyons que l'analyse de leur évolution révèle des faits plus compliqués que ceux que nous avons observé déjà pour les sentiments périphériques. Nous trouvons des émotions primitives et fondamentales, les unes dépressives, les autres exaltatives, nous les trouvons également dans toutes les races, dans tous les peuples, et même dans la série animale. La peur et la joie, l'impuissance et la réaction avec la colère, qui expriment les caractères fondamentaux dans la fonction de la défense sont communes dans le règne animal et s'y manifestent toutes par des troubles fonctionnels de la même nature et pour des motifs analogues sinon identiques. L'étude de l'homme qui se prête le plus facilement à des observations semblables nous montre que dans tous les types humains, dans les races ou leurs variétés, il n'y a pas de différence profonde pour les émotions qui sont indissolublement unies à la fonction caractéristique de la protection. On peut seulement trouver une différence de quantité en ce sens que, conune nous l'avons admis, l'intelligence est une nouvelle source de douleurs et de plaisirs individuels et qu'un développement mental plus grand fournit un plus grand nombre d'excitations ou de motifs émotionnels. Les formes primitives, sans variation, ou plutôt sans adjonction de nouvelles formes émotionnelles, peuvent donner une plus grande quantité de manifestations à cause du plus grand nombre de causes d'origine cérébrale. C'est ainsi que Ton peut, en général, admettre que le nombre des douleurs et des plaisirs augmente avec le développement mental qui, d'ailleurs, est en corrélation avec révolution sociale.

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Mais, toujours au même point de vue, il y a une évolution de Fémotion dans la qualité, comme il y a une évolution des douleurs et des plaisirs d'origine périphérique. Car s'il y a un développement mental qui donne un plus grand nombre de motifs d'émotion, il y a aussi un développement fonctionnel des éléments nerveux et un développement par rapport à la sensibilité, c'est-à-dire le fait de convertir la plus grande partie de l'irritabilité en sensibilité consciente. Cependant, cette conclusion théoriquement admise peut en fait ne pas se retrouver toujours, car il peut y avoir, et il y a, une insensibilité relative aux excitations émotionnelles, malgré l'augmentation des motifs qui provoquent les émotions et malgré les conditions de civilisation avancée : de même qu'il y a des arrêts dans le développement psychologique, de même il y a, organiquement, des attardés pour les émotions.

Pour les émotions à caractère individuel, un fait s'est produit dans l'évolution sociale par rapport aux autres classes animales : tandis que dans celles-ci, les émotions se manifestent sans aucune restriction et telles qu'elles sont primitivement apparues, chez l'homme, au contraire, une limitation s'est introduite dans de nombreuses classes d'émotions surtout à cause d'une influence sociale par un frein extérieur d'abord, puis intérieur. Mais ceci s'est produit graduellement, et par évolution. On peut le constater en comparant beaucoup de ces manifestations émotionnelles chez les difiérentes populations et selon le degré d'élévation du type social; on peut même historiquement trouver une diflérence entre les peuples à demi civilisés de l'antiquité et leurs descendants.

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Le lecteur se souviendra, sans doute, de ce qui a été dit sur les émotions de réaction, la colère, la rage, pour lesquelles nous avons constaté dans leurs formes extérieures une simulation d'attaque et de violence réelle. A Torigine, cette émotion ne peut pas être séparée de Tattaque, on le voit pour les animaux inférieurs à l'homme chez lesquels la colère c'est l'attaque ou la défense. Chez l'homme, à cause d'un frein extérieur, social, plus tard à cause d'une opposition qui vient des centres modérateurs, la colère est très souvent une forme simulée d'attaque ou de défense contre le provocateur. Ce que nous disons de la colère, nous pouvons le dire aussi de la joie ou de la douleur excessives qui n'ont aucun frein chez les primitifs, mais qui sont au contraire modérées chez les individus appartenant aux sociétés évoluées. L'éducation a aussi le résultat de réfréner ou plutôt de faire acquérir l'habitude de refréner les manifestations émotionnelles, car dans les premiers âges ces manifestations n'ont aucune restriction à cause du manque de modération. Les sentiments de peur, d'impuissance, de soumission sont devenus plus formels, moins expressifs et moins vils, par une limitation continuelle et aussi à cause des apparences symboliques qu'ils ont revêtues. Ceci est encore l'effet d'une évolution dépendant de l'évolution individuelle ; par l'acquisition de la liberté individuelle, la conscience de la personnalité s'est élevée, peu à peu est venue la conscience de l'émancipation des hommes, mais cela ne s'est malheureusement pas produit chez tous bien que tous puissent être émancipés et indépendants. Le sentiment de serviUté est très souvent caché sous la

forme la plus rafEnée, et il est souvent un moyen de surmonter les difficultés de la vie.

Il ne faut pas croire, cependant, que l'évolution, la longue expérience historique des peuples qui est comme l'expérience de l'espèce, aient annulé les manifestations violentes des émotions, ou bien aient détruit les tendances féroces de l'homme vis-à-vis de l'homme, celles d'asservissement ou celles de grossièreté. Ce serait une erreur de le croire : à travers les moments et les conditions de la vie si l'homtne se voit au pouvoir et qu'il ne possède pas un frein intérieur assez puissant, il manifeste aussitôt sa tendance à la domination, à l'arbitraire, à la cruauté, comme au mépris des subalternes. Cela arrive souvent dans l'armée, où un caporal est fréquemment un véritable empereur, un officier subalterne, un roi assyrien envers ses soldats ; on le voit dans l'administration de l'état où un chef, bien que temporaire traite toute la Chambre, comme un maître d'école traiterait de petits enfants ; il agit comme envers des gens qui ne doivent pas s'opposer au chef du gouvernement, manifestant violemment sa volonté avec des menaces et avec d'autres signes violents d'autorité. La vulgarité, au contraire, est une tendance commune à l'homme et à beaucoup d'espèces animales, c'est une forme altérée de servilisme, on la trouve assez communément dans les associations diverses et principalement dans les Chambres législatives, où elle est souvent unie au servilisme envers le chef du gouvernement si celui-ci est énergique et violent ou s'il a seulement cette forme d'énergie qui n'est en réalité que de l'obstination et un ignorant entêtement. Nous avons eu des

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exemples de cela dans des temps bien rapprochés de nous.

Des peuples civilisés chez qui les sentiments de sympathie se sont beaucoup développés ont commis des actions de sauvagerie féroce lorsque les sentiments primitifs ont un moment prédominé ; des hommes qui, dans leur patrie restent dans les limites delà justice et du devoir, ayant un pouvoir illimité chez les peuples primitifs, ont usé de violences inhumaines. On connaît les cruautés que les Européens ont exercées sur les habitants des archipels du Pacifique, sur les Africains, sur les Américains. Retournés chez eux, ces hommes redeviennent civilisés et respectueux envers les autres hommes. Cela montre que l'évolution n'a pas détruit les sentiments primitifs antisociaux et féroces, mais les a seulement réprimés, cachés ou déguisés, de telle sorte qu'ils ne sont pas apparents; à peine l'homme a-t-il conscience de sa liberté illimitée, ou du pouvoir et de l'irresponsabilité, les sentiments primitifs réapparaissent sous leur première forme.

S'il y a évolution dans les sentiments, on peut la trouver aussi dans les sentiments sociaux et en général, de sympathie. Bien que ceux-ci doivent déjà exister pour que puisse exister une société humaine dans ses formes les plus simples, on sait aussi que ces sentiments sont très limités chez les peuples primitifs. Chez ces peuples la vie humaine a peu de valeur, et elle en aurait moins encore s'il n'y avait une sanction; Livingstonc raconte que l'un de ses porteurs avait avec lui une femme : au cours du voyage, la fatigue et aussi les épines qui couvrirent ses pieds de

plaies, lui rendirent impossible de continuer la route. L'homme,- pour empêcher que d'autres s'en emparas^ sent, crut bien faire de la tuer. L'infanticide est général dans les tribus inférieures, on le pratique pour n'avoir pas trop de femmes et aussi pour limiter la famille. Si l'on sort du groupe auquel on appartient, le vol, l'assassinat, la conquête sous toutes ses formes, tout est bon contre un autre groupe voisin ou éloigné. Les razzias d'esclaves sont communes en Afrique chez les nègres eux-mêmes et chez les Musulmans soumis pourtant au rigoureux Coran; les chrétiens qui lisent l'évangile, n'en font pas moins que les sauvages, ils sont même souvent plus féroces.

Il y a généralement entre peuples civilisés la même association d'actions, d'idées, qu'entre membres d'une même société ; les relations entre hommes difierents par la langue et par les coutumes sont aussi intimes que celles qui ont lieu entre habitants du même pays, la vie humaine est partout respectée. Là où Ton peut obtenir ce respect chez les peuples primitifs, c'est par la peur qui fait un très grand effet sur l'homme et sur les autres animaux.

Mais les sentiments sympathiques ont acquis leur extension la plus grande dans les sentiments d'humanité qui s'allient aux premiers par la compassion, par la pitié pour les souffrances et la misère d'autrui. Toutes les institutions de bienfaisance en sont un témoignage évident, toutes les actions au bénéfice des malheureux et des infirmes l'affirment éloquemment, il en est de même pour la guerre, qui est toujours à craindre car, malgré tous les efforts d'humanité, l'homme est un animal batailleur, et s'il est puissant,

devient orgueilleux et provocateur ; mais on agit aussi pour que la mort sur le champ de bataille soit moins douloureuse et pour que les blessés reçoivent de prompts secours. Nous savons combien la guerre est cruelle dans les sociétés primitives, car le vainqueur ne se satisfait pas de la victoire, mais il désire le supplice du vaincu ; si celui-ci est mort il s'acharne sur son cadavre et veut en emporter une partie comme trophée : la tête ou le scalp. Aujourd'hui, les vainqueurs et les vaincus tombés sur le même champ de bataille ont une sépulture commune et un monument commun.

L'humanité aspire aujourd'hui à deux buts, à la fin de la guerre et à une paix perpétuelle d'une part, d'autre part à la réduction de la misère des classes malheureuses ; ce sont là deux buts dignes de l'homme civilisé, dignes de l'évolution universelle, ce sont deux moyens de diminuer la douleur et d'accroître le plaisir. Ces buts ne sont maintenant que de simples aspirations, mais en considérant ces buts comme des phares dans le cours de la vie, on parviendra à diminuer les maux de la guerre et de la misère : l'évolution des sentiments d'humanité est la grande voie qui conduit aux résultats bienfaisants qui sont, en somme, des accroissements de plaisir et des diminutions de douleur.

Si nous passons à une classe particulière de sentiments, aux sentiments esthétiques, nous pouvons dire que l'évolution a conservé dans ce domaine les mêmes procédés que pour les sentiments sociaux et les sentiments d'humanité. Ces derniers ont évolué progressivement avec la diminution graduelle de la cruauté, de la férocité guerrière, et avec la constatation de fra-

ternité et d'affinités de races entre des peuples diflférant par les coutumes et par le langage ; mais les sentiments esthétiques eurent des époques de grand développement, même lorsque les sentiments d'humanité étaient très restreints. Il suffit de rappeler le peuple grec et ses géniales œuvres artistiques et littéraires qui ne furent peut-être pas même surpassées par l'art italien delà Renaissance et par les arts ultérieurs. Les Grecs, dans leur conception, touchèrent les sommets des arts représentatifs aussi bien que de la tragédie , de la comédie, de la poésie lyrique. Pour l'architecture ils sont encore les modèles de l'art moderne, pour la poésie, ils l'ont été jusqu'aujourd'hui et ils le sont encore. La Grèce moderne n'est en cela ni supérieure ni égale à l'antique.

L'évolution esthétique nécessite des conditions spéciales que n'exige pas l'évolution des sentiment d'humanité ; cette dernière comporte un élément d'obligation par ce fait que si les sentiments demeurent attardés et ne se développent pas chez un peuple, si les conventions internationales ne sont pas respectées volontairement et par simple sentiment, on les fait respecter par la force. Les sentiments esthétiques impliquent deux conditions : la culture générale du peuple et des tendances esthétiques comme les possédaient les Grecs. De là des causes de difierence dans l'évolution de ces deux classes de sentiment.

Quels que soient, du reste, les motifs du caractère d'évolution des sentiments esthétiques, et de quelque manière qu'ils se manifestent, ils sont toujours l'indice d'un perfectionnement organique et fonctionnel de l'homme, car dans les manifestations esthéti- Sergi. a4

ques, le sens de la symétrie se trouve développé, le rythme des fonctions se révèle consciemment et elles supposent un surplus d'énergie qui se dépense dans l'art. Un artiste de génie ne peut surgir solitaire dans un peuple qui n'a pas le sens artistique, et ce sens artistique n'est pas autre chose qu'une manifestation de ces caractères que je viens d'indiquer.

Cette brève considération nous amène immédiatement à considérer la valeur individuelle et sociale que les sentiments esthétiques contiennent. Par leur application et leur développement, ils conduisent au perfectionnement fonctionnel et par conséquent au perfectionnement individuel ; ils servent aussi au perfectionnement des sentiments en général, et surtout des sentiments sympathiques. Si l'on acquiert le sens de l'eurythmie comme caractère de chaque fonction et de chaque action, celles-ci ne peuvent dévier de la normalité que dans des conditions anormales et exceptionnelles . Dans l'eurythmie, l'on trouve aussi la périodicité dans les actions et dans les fonctions, la relation constante et homogène des antécédents et des subséquents, des excitations et des réactions correspondantes : on peut aussi trouver sous ces formes le travail de l'homme comme manifestation de caractère. Le caractère paraît donc être eurythmique, ce qui est une des caractéristiques de l'esthétique des sentiments. La déviation dans le caractère humain, c'est échapper à la normalité, c'est par conséquent une arythmie : l'esthétique ici s'unit à la morale.

L'art, sous ses diverses formes, produit en nous toute la série des émotions douloureuses et agréables, et ceci se produit par extériorité, c'est-à-dire au moyen

des expressions de différente nature. Or, en même temps que l'art nous apprend à interpréter les émotions d'autrui, et qu'il nous les rend familières, il stimule en nous leur production, ou bien il produit expérimentalement en nous des douleurs et des plaisirs. Ce fait a une grande utilité sociale car il exerce la faculté d'émotions sympathiques et nous rend plus humains et plus sociables en nous rendant plus sensibles aux plaisirs et aux douleurs d'autrui. C'est de là que vient la valeur éducative des sentiments esthétiques, qui jusqu'à présent ont été peu ou mal considérés à ce point de vue. On considère en général comme un ornement et rien d'autre les différents exercices esthétiques dans l'éducation, et cela parce que l'on n'a pas ou l'on a peu la conscience de leur signification. Quant à nous, nous les proclamons la gymnastique des sentiments ; c'est ainsi qu'il y aune gymnastique mentale dans les exercices littéraires et scientifiques , une gymnastique physique dans les mouvements musculaires et cette gymnastique des sentiments est d'autant plus utile que c'est des sentiments que partent les impulsions à l'action.

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