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CHAPITRE XXI

Dans l'année même où parut mon livre * les critiques et les objections à la nouvelle théorie des émotions selon James et Lange s'étaient déjà produites ; moi-même j'avais critiqué James pour l'incertitude dans laquelle il demeura devant les critiques et pour avoir exclu de la théorie les sentiments esthétiques : il est donc nécessaire que nous nous occupions des critiques et objections principales pouvant infirmer la théorie des émotions telle que je l'ai spécialement établie dans les pages précédentes; il sera, aussi, utile de voir quels sont les autres faits qui la confirment.

James distingue deux catégories d'émotions, les émotions grossières (coarser) et les émotions délicates (subtler). Dans la première catégorie, il trouve évident le principe admis par lui et qui est la base physique des émotions ; dans la seconde qui comprend les émotions morales, intellectuelles et esthétiques, il trouve, au contraire, que « elles nous

I. Dolore e Piacere. Storia naturale dei sentimenti. Milano, 1894» qui parait aujourd'hui sous le titre : les Emotions,

donnent un plaisir qui semble compris dans la forme même de la représentation et qu'elles ne gagnent rien à une répercussion quelconque venue des parties inférieures du cerveau». Il semble qu'il incline à admettre le principe herhartien car il ajoute aussitôt : « Les psychologues herbartiens ont signalé les sentiments dus à la forme dans laquelle peuvent être enfermées les idées » .

Mais James lui-même s'aperçoit que, s'il en est ainsi, la théorie qu'il soutient s'écroule ; il croit donc opportun de mitiger cette conséquence en ajoutant que : « dans l'émotion esthétique pure et simple, le plaisir produit par certaines lignes ou mesures, par des combinaisons de couleurs ou de sons est un fait absolument sensoriel uni à un sentiment oculaire ou auditif qui est primaire et qui n'est pas dû à la répercussion d'autres sensations provoquées en d'autres points». Il admet donc que : « au plaisir simple, primaire et immédiat dans certaines sensations et combinaisons harmonieuses de sensation, on peut aussi ajouter un plaisir secondaire et dans ce plaisir dont l'homme jouit habituellement pour l'œuvre d'art, le plaisir secondaire tient la plus grande place ^ » .

Mais ces interprétations du plaisir esthétique ne peuvent sauver la théorie comme l'espère James, car ces émotions qu'il appelle secondaires et qui seraient un effet de répercussion devraient au contraire être primaires pour que la théorie garde soa application générale et se continue même dans les sentiments

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