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Défense individuelle

3. Relations sexuelles ; [\, Relations familiales ; 5. Relations sociales.

Si, donc, les faits psychologiques sont des fonctions de protection, lorsque celles-ci se manifesteront directement comme fonctions spécifiques, on pourra les considérer comme caractères primaires ; si elles servent seulement de secours aux autres fonctions vitales de premier ordre^ elles seront alors des caractères SECONDAIRES de prOtectiou. Dans les cinq ordres défaits delà vie animale, pour la défense individuelle, pour les relations familiales et pour les sociales, les phénomènes psychologiques tiennent le premier rang et sont de caractère primaire ; pour Talimentalion et ' les relations sexuelles elles sont seulement un secours et ont par conséquent le caractère secondaire. L'observation la plus superficielle montre la vérité de ces affirmations et il suffirait de voir combien les fonctions psychologiques ont d'importance dans les relations sexuelles et dans les relations familiales et sociales pour s'en faire une idée claire cl être pleinement convaincu \

On a l'habitude de diviser les phénomènes psy-

I . Je renvoie pour la démonstration complète à l'œuvre déjà citée : L'origine dci fenomeni psichici.

chologiques en trois grandes catégories : d'intelligence, de sentiment et de volonté ; leur analyse suit communément cet ordre comme s'ils se succédaient ainsi dans leur origine. Il est vrai, en effet, que dans le mécanisme développé de l'homme adulte ces phénomènes sont entre eux dans une intime et réciproque relation ; et que l'on ne voit pas bien clairement laquelle de ces trois catégories peut être considérée comme primitive ou si elles apparaissent toutes trois simultanément. Mais une analyse intime de la signi fication primordiale de ces trois complexes manifestations psychologiques peut montrer laquelle des trois est chronologiquement la première, laquelle est apparue d'abord aux origines de la vie et de la fonction psychologique, car il me semble opportun de suivre un ordre générique dans l'analyse que je vais faire des phénomènes psychologiques.

La recherche ne semble pas difficile à faire si nous suivons la méthode déjà employée par nous dans les recherches sur l'origine des phénomènes psychologiques, c'est-à-dire si nous examinons les animaux inférieurs qui ne manifestent encore aucune fonction spécifique et qui ne possèdent non plus, ni tissus ni organes spécifiques, c'est-à-dire ceux qui sont composés d'un élément de tissu, d'un protoplasme albuminoïde, comme on le rencontre chez les amibes ou chez les autres protozoaires en général.

Chez les organismes élémentaires, comme les protozoaires, il ne peut y avoir perception dans la véritable acception du mot puisque les organes des sens n'existent pas. Les observations les plus communes sur de tels organismes montrent qu'il y a en eux une

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condition primitive qui est celle de la matière organique en général : une irritabilité à laquelle correspond un mouvement l'un et Tautre indissolublement liés. Une amibe avec ses mouvements rampants heurte une diatomée, elle ne s'en éloigne pas mais se distend au moyen de pseudopodes, l'entoure par sa substance, et la renferme dans son intérieur, prêle à l'expulser dès qu'elle la trouve impropre à son alimentation : si, au contraire, elle rencontre un sphagnum ou un didymopvinm ^ elle le renferme, le digère et en expulse les résidus. Une çampirelle^ qui a ses pseudopodes disposés comme des rayons, heurtée par un infusoire ou par un autre organisme nageant dans le même liquide, retire lentement ses fins pseudopodes ; ainsi font tous ces animalcules qui ont une coquille calcaire, lorsque tout est tranquille ils émettent au dehors leurs tentacules qu'ils retirent dès que se produit une vive agitation dans l'eau.

Je pourrais multiplier de semblables exemples provoqués chez de semblables organismes élémentaires, même au moyen d'autres excitants comme la lumière et la chaleur ; mais, cela est ici superflu. Les mouvements indiqués plus haut ont une ressemblance surtout avec les mouvements de fuite des animaux supérieurs : ce sont des formes de réaction à des troubles subis par excitations insolites ou nocives. Si nous nous occupions en ce moment des animaux doués d'organes spécifiques, aptes à la douleur et au plaisir, nous dirions qu'ils ont éprouvé de la douleur ou de là peur, c'est-à-dire qu'ils ont subi des sensations désagréables, et ont fui ou se sont cachés, ou bien qu'ils ont tenté d'éviter la douleur. Nous pou-

vons par conséquent dire par analogie que l'excita tion qui a produit chez les protozoaires une réaction semblable à celle qui a été décrite a été cause d'une prenaière apparence de douleur chez l'animal et que celui-ci a tenté de l'éviter, s'y soustrayant soit complètement soit incomplètement. Les mouvoments sont la réaction correspondante à cette propriété d'irritabilité que possède chaque matière orga nique, quelle que soit sa forme, et que l'on trouve même chez les plantes primitives ou complexes. Il ne peut donc y avoir pour ce phénomène si simple pas même une ombre d'allusion à la perception.

De tels mouvements de fuite et de réactions ou excitations désagréables se manifestent d'une façon plus évidente et plus énergique chez des organismes plus élevés et plus complexes que les uniccllulaires ; ils sont bien plus évidents chez ceux qui possèdent des signes extérieurs indiquant une première division du tissu ou des formes distinctes sensibles aux divers agents extérieurs, et bien plus encore chez ces organismes où Ton commence à voir aussi les éléments musculaires, véritables organes du mouvement. Mais, chez ces derniers, commence déjà à apparaître un autre phénomène : une conscience primitive de la cause de Fexcitation produite par contact ou par heurt plus ou moins violent. On trouve ici l'origine de la perception, elle n'est pas séparée encore du fait déjà observé qui avait produit la réaction, fuite ou action de se cacher de l'animalcule ; par conséquent, à cause de révolution et de la différenciation des tissus et des fonctions, l'on a l'élévation du phénomène jusqu'au degré supérieur de l'intelligence.

On voit donc clairement que les perceptions, depui leurs formes les plus simples jusqu'aux plus con plexes, sont des phénomènes qui se développent, pa évolution de temps et d'origine, après le sentiment d plaisir et de douleur ; et si on les considère en tai que phénomènes servant à la protection, il ne peut e être autrement. La douleur, comme son corrélatif! plaisir, à quelque degré qu'elle se trouve, doit servi à la défense, et les perceptions, pour rendre plv facile et plus utile la défense, doivent indiquer ce qi a produit la douleur afin que celle-ci puisse êtn d'avance, évitée. La perceptivité est donc une fonc lion subsidiaire du sentiment lorsqu'elle est considère au point de vue de la protection de l'individu. Dar les organes spéciaux l'un de ces deux phénomène peut être provoqué en même temps que l'autre < suivant des conditions particulières; de même qii l'on trouve des différences et une diversité perceptiv pour les divers organes, de même il y a des forme de plaisir et de douleur dont la diversité correspon à celle des organes et des tissus : mais, dans tous le cas, et à tous les degrés du développement psycholo gique, la douleur et le plaisir seront les manifesta lions primitives et en même temps les plus efficace en vue de la protection de l'individu.

On peut confirmer ceci par d'autres observation et parmi celles-ci, je rappelle celle que j'ai sou ver faite sur des nouveau-nés : la sensation chez eux n' pas encore le caractère perceptif tel qu'on le voi chez les adultes. Les nouveau-nés n'ont au débi: que des sensations de douleur et de plaisir qui ne sor ni localisées ni déterminées dans les organes ou tissu

OÙ de telles sensations peuvent être provoquées ; la perceptivité qui se manifeste avec la localisation est due à un développement ultérieur de la sensation. En outre, on sait fort bien que le sentiment de douleur ou de plaisir accompagne toujours les phénomènes de la perception même dans leur plus grand développement de formes intellectuelles, quoique, semblel-il, avec l'évolution et la spécialisation des deux catégories de phénomènes, sentiment et perceptivité, l'un et l'autre acquièrent une certaine indépendance rela tive. Mais ceci est plus apparent que réel ; nous verrons, en effet, que leur connexion est intime malgré leur manière diflférente de se produire.

Le sentiment de douleur ou do plaisir est donc la manifestation première et fondamentale de la psychologie, il est par conséquent la base de la protection individuelle, et restera toujours tel dans toutes les conditions possibles et dans chaque organisme doué de sensibilité, depuis le plus élémentaire jusqu'au plus développé, depuis le plus inférieur jusqu'à l'homme.

C'est cette manifestation qui préside aux besoins de la vie, qui, de façons variées et nombreuses, signale les dangers et qui est par conséquent la base de Tactivité humaine. Si c'est bien là la genèse des faits psychologiques, je crois opportun, au point de vue biologique et par conséquent naturel, d'en commencer l'analyse par le phénomène fondamental et primitif, le sentiment.

Reste la troisième manifestation psychologique, le mouvement. Le mouvement est primitif comme le sentiment, il est le fait qui, par lui-même, manifeste

la vie, il est la défense dans son acte d'exécution, landis que la sensation est un avis, je l'avais appelée déjà la sentinelle de la vie. J'ai établi ailleurs l'unité psychique de Y esthokinèse^ qui constitue dans une lelle association de sensation et de mouvement, le fait primaire et fondamental de la psychologie considérée en tant que fonction défensive. L'esthokinèse est résumée dans la morphologie du tissu primitif, unique et indéterminé, des protozoaires ; elle commence à se spécialiser dans le tissu composé neuro-musculaire de certains autres animaux; dans l'hydre d'eau douce, par exemple, elle se sépare absolument en les deux tissus caractéristiques nerveux et musculaire ; ces tissus ont des propriétés spéciales bien dififérentes, mais dérivées de la propriété primitive et commune : l'irritabilité.

Par conséquent, le mouvement, comme le sentiment, précède la perceptivité non seulement dans le stade primitif de la vie, mais encore dans Tembryologie et dans la première enfance des animaux les plus élevés comme l'homme, et il persiste dans ces conditions jusqu'à l'état adulte sous forme de mouvement réflexe. Seul le mouvemenl volontaire se développe postérieurement aux perceptions, mais, comme sous sa forme primitive, il est toujours uni au sentiment de plaisir et de douleur et dépend de lui.

Donc, la base de la psychologie c'est le sentiment et le mouvement ; dans la vie des organismes élé-

I. EsTnoKiNèsE, de aVaOrjat;, sensation, et de xtvTjii;, mouvement.

INTRODUCTION 'Jl3

mentaires, ni l'un ni l'autre n'ont les caractères psychologiques des animaux supérieurs, ils se réduisent il deux formes primordiales : irritabilité et rèac tion^ qui sont la caractéristique de la matière orga nique élémentaire, sans forme ni structure particu lière, protoplasma unique et simple. Par l'action des influences extérieures, par la plasticité de la matière organique, par adaptation, par sélection naturelle, un phénomène plus complexe surgit de cette forme fondamentale, il prend le nom de sensation, il comprend dès son origine lo sentiment et les perceptions comme des faits contenus, il se dédouble enfin, dans la j>erceptivité définie et dans la variété des sentiments. Le mouvement élémentaire suit la môme évo luiion. Mais, au moment r>u, chez les animaux de diverses structures, doués de nombreux organes, l'on arrive au développement distinct des faits psycbolo giques, les formes élémentaires, base de la vie et dc^ la psychologie, persistent toujours, l'analyse découvn» les unes et les autres, et la synthèse sait trouver leurs relations. C'est ainsi que l'homme contient la syn thèse de l'animal élémentaire avec sa psychologie pri mitive, et celle de Tanimal supérieur avec sa psycho logie la plus élevée.

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