‹ Les émotionsChapitre 82 sur 87 · I. Op, cit., p · texte numérisé non relu

I. Op, cit., p

fi rmer : « que le groupe des émotions morales est bien différent du groupe des émotions sensorielles*. »

Dans le premier cas, l'a théorie est confirmée ; dans le second cas, ou il y a un effet de variation ou, ce qui me semble plus naturel, on n'a pas réussi, sur les individus chez lesquels on a tenté d'évoquer des pensées tristes, à produire les émotions correspondantes. Et ces mêmes auteurs n'ont-ils pas vu que dans les émotions sensorielles se produisent souvent ces faits physiologiques qu'ils troirvent maintenant dans les émotions dites psychiques ? Qu'ils me permettent de m'écarter ici de leur interprétation.

Enfin BiNET et Courtier ne voient qu'un seul fait de caractère physiologique dans les émotions provoquées y quelle que soit leur qualité : elles provoquent des vaso-constrictions et accélèrent la respiration et le cœur.

Cette conclusion si générale et négative par rapport aux résultats me semble dépasser et annuler la nature des faits tels que les auteurs les ont présentés dans leur expérience. J'ai tenu à rapporter Texpérience typique de la peur avec les paroles même des auteurs parce que je puis maintenant, en la confrontant avec la conclusion générale, montrer qu'il n'y a pas la comme le voudraient les auteurs des ondes indépendantes de l'interprétation du pouls capillaire, comme vasoconstriction. Dans les nombreux résultats fournis par les deux remarquables expérimentateurs, nous voyons la confirmation des vues théori-

i. Op. cit., [). 89-90.

Mi LES ÉMOTIONS

qiies sur la nature des émotions quel que soit le lieu où elles sont provoquées ; dans certains, au contraire, nous trouvons dos variations individuelles ; dans d'autres enfin, nous signalons des faits négatifs.

Que dirons-nous ensuite de la pression du sang qui a été constatée par Binet et Vaschide dans toute sorte d'excitations ?

« Les excitations sensorielles fortes, fatigantes et énervantes produisent en moyenne une augmentation de lo à i5 millimètres de pression ; le travail intellectuel extrêmement intense provoque une augmentation un peu plus élevée, de 20 millimètres ; une conversation animée, sans doute à cause de ce qu'elle comporte de mouvement, élève la pression de 26 ; une émotion spontanée très forte, qu'elle soit de nature agréable ou pénible, peu importe, élève la pression de 3o ; et une dépense considérable de force musculaire — sans suspension de la respiration — élève aussi la pression de 3o,.. Ce sont des excitations du système nerveux *. »

Comme la pression sanguine qui est augmentée dans toute excitation soit sensorielle, soit cérébrale, le pouls et la rospiralion subissent dans tous les cas, ainsi que dans les émotions, un trouble ; de sorte que nous pouvons aflirmer que les troubles du cœur, de la circulation, de la respiration, de la pression sanguine se produisent dans une excitation quelconque, dans le travail intellectuel ou physique comme dans les émotions qualifiées.

Ce fait n'entame nullement, à mon avis, la théo-

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