I. La iemperatura del cervello. Milan
f\bo LES ÉMOTIONS
temps, que les phénomènes psychiques sont une transformation d'énergie comme la chaleur.
Tawzî, hii-même, était arrive à cette conclusion générale : « Le fait, dit-il, que, extrinséquement, an travail fonctionnel correspond un refroidissement du cerveau sui\i d'un échauffement qui correspond au repos, appuierait plus que jamais cette conceplion selon laquelle il y a équipoUence et convertibilité réciproque entre Ténergie psychique et les autres formes d'énergie, spécialement la thermique. »
Mais, ni Mosso, ni Tanzi, n'ont tenté une interprétation de la différence profonde qui existe entre les activités intellectuelles et les émotions, différence manifestée pir ce fait que, dans les émotions, il y a élévation de température et dans les phénomènes intellectuels ou aucune élévation de température ou aucun refroidissement. Ce fait prouve que les émotions ne sont pas des phénomènes cérébraux comme ceux do la pensée; il prouve donc que la théorie périphérique ou sensualiste est la vraie. Si, comme je Tai admis, les émotions se développent ailleurs et que le cerveau ne sert qu'à les rendre conscientes, ce qui est un accessoire, un complément de leur psychicilé, les phénomènes chimiques cérébraux gardent une marge suflisanle pour se manifester sous forme de chaleur. Dans la pensée, au contraire, ils se trouvent tous engagés pour l'élaboration des idées, des perceptions et des autres formes mentales, et plus (»ncore pour la conscience du phénomène accompli. De sorte que, gn\ce à ce nouvel argument, la théorie intellectualiste des éoiolions reçoit le dernier coup
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tandis que la théorie périphérique ou sensualiste y trouve une nouvelle preuve de vérité.
• Avant 1894, année ou parut mon livre sur les émotions, aucun physiologiste, excepté le D''S. Dogiel\ ne s'était occupé de l'influence de la musique sur le pouls et la respiration. Je le citai et reproduits sa table démonstrative.
Les expériences de Dogiel portèrent sur Thomme et sur des animaux soit sous l'influence de la strychnine, soit sous aucune influence, en prenant le pouls cardiaque sur la carotide, et chez l'homme au moyen du platismographe. Il employa comme instruments des diapasons de Kônig avec caisses de résonance mises en vibration au moyen d'un archet de violon, et aussi le violon, la clarinette, la flûte, des sifflets de métal. Les conclusions générales des expériences sont résumées comme suit :
I** La musique agit sur la circulation du sang chez l'homme et les animaux.
2** La pression du sang tantôt s'élève, tantôt s'abaisse. Ces oscillations de la pression dépendent principalement de l'influence de l'excitation auditive de la moelle allongée qui est en relation avec le nerf auditif.
3** L'action des sons musicaux et des sifflets sur les animaux et chez l'homme se manifeste principalement par l'accélération des contractions cardiaques,
l. Archiv fur Physiologie. DviioiS'^EYMotiD, Leipiç[, i88q.
les centres automatiques du cœur travaillent donc plus énergiquemçnt.
[\^ Les oscillations de la circulation, conséquences de l'influence musicale, concordent avec les changements de la respiration bien qu'on puisse les observer en elles-mêmes et indépendamment des oscillations respiratoires.
b^ Les oscillations respiratoires dépendent de la hauteur, de l'inlensilé, du timbre du son.
Les graphiques du tableau correspondent aux conclusions.
La nouvelle théorie des émotions a fait multiplier les expériences et parmi celles qiii concernent les influences de la musique, j'en signale quelques-unes.
Le P*" ÏARCHANOFF, de Pétcrsbourg, communiqua au XI" Congrès international de médecine à Rome, ses expériences à propos de l'influence de la musique sur l'homme et sur les animaux. Elles ont trait à l'activité neuro-musculaire et à l'intensité des oxydations des tissus animaux.
« Les courbes ergographiques démontrent d'une manière très nette que la musique produit une action sur l'activité musculaire de l'homme en la renforçant ou en la déprimant, suivant le caractère des mélodies. »
Les expériences exécutées sous la direction de Wartanoff sur les échanges gazeux ont donné une augmentation de l'élimination d'acide carbçnique et une augmentation de consommation d'oxygène *.
I. Comptes rendus du XI^ Congrès int. de médecine^ vol. 11, p. i53 et suiv. Rome, 1894.
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Nous voyons ici un phénomène plus général que celui que voulait étudier Tarchanoff : c'est-à-dire que la musique a une influence sur tous les phénomènes de la vie et qu'elle est d'ordre plus sensationnel qu'on ne le croyait jusqu'à présent. Ceci a été démontré aussi par d'autres expériences dues au D*" DuTTo, à Rome, à propos de l'influence de la musique sur la thermogenèse animale \
Il y a quelques temps, le P*" Patrizi eut l'occasion d'expérimenter à propos de l'influence de la musique sur la circulation du sang dans le cerveau humain '; il n'eut là qu'un seul résultat, quel qu'ait été la qualité et le caractère de la musique : une augmentation de volume au cerveau tandis qu'au pouls de l'avantbras il trouva trois formes : une diminution, une augmentation et un état d'indifférence ou absence de réaction vasale. Voici la principale conclusion de ses expériences : « A toute excitation sonore et mélodique l'afllux de sang au cerveau est plus considérable, une onde plus considérable de sang envahit la substance grise comme pour en colorer les images qui y sont incluses et en rendre la vision plus facile. Mais le caractère dépressif ou exalté de la musique n'a pas de correspondance dans l'abaissement ou le relèvement de la courbe du platismographe. La hauteur et l'intensité produisent une réaction vasale approximativement proportionnée.
Si je devais traduire en termes ordinaires ces con-