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CHAPITRE XXVII

Dissolution de l'ancienne constitution. Stats nouveaux.

La France féodale, au x« siècle, était morcelée en petites puissances territoriales, autonomes et indépendantes dans les duchés, comtés, marquisats, évêchés, abbayes, villes, communes plus ou moins libres, avec sa chevalerie armée et sa population inférieure plus ou moins l'éduile au servage. Les rois capétiens la trouvèrent ainsi pour reconstituer par un long labeur la monarchie et l'unité françaises. C'estainsi, après la chute des Hohenstaufen, qu'apparaît, au milieu du xin^ siècle, l'Allemagne féodale, avec ses nombreuses principautés ecclésiasti([ues et laïques de tous degrés, ses villes impériales ou princières, plus ou moins libres, sa petite noblesse militaire et ses paysans tombés de la liberté qu'ils avaient longtemps conservée dans un état voisin de la servitude ^

Dans la haute époque impériale allemande, les souverains eux-mêmes, soit par leurs luttes contre les grandes maisons ducales, soit par les immunités et lesfavcurs qu'ils accordaient aux seigneurs ecclésiastiques, et même à des comtes inférieurs, à des cités, avaient poussé à la dissolution de l'ancienne organisation en duchés et en comtés, qui avait

* Franz Lœlier, Fursten und Slœdle zur zeit der Hohenstaufen. — Bœhmer J.-F. Die regestem des Kaiserreiclies von 1246-13)3.

d"abord étA la base même de la puissance impériale, et au progrî's de ces nouvelles principautés territoriales, indépendantes, ainsi qu'à l'afifranchisseraent des cités. Ce fait était accompli.

S'il est difficile de donner une idée exacte du morcellement infini du territoire national et de la souveraineté politique ainsi que des différentes conditions sociales de la France du x« siècle où commençait à peine à renaître la royauté, combien il est plus malaisé de le faire pour l'Allemagne du xnie, à la veille de la restauration d'un pouvoir décoré d'un titre plus ambitieux, mais bien plus impuissant à opérer chez lui cette évolution nationale ctsociale qui est bien loin même d'être achevée aujourd'hui.

On se rappelle encore ce qu'a été politiquement l'Allemagne, ou plutôt ce qu'on appelait la confédération germanique de 1815, aux années qui précèdent la restauration contemporaine de l'empire allemand en 1870 : un assemblage d'États de dénominations, de grandeur et de constitutions fort différentes : royaumes, grands-duchés, duchés, comtés, petites seigneuries de toute nature, villes libres; et dans ces États des sujets ou des citoyens avec des lois et des droits variables d'état à état, le tout relié en une confédération par une diète où dominaient et se disputaient quelquefois les états les plus puissants, mais qui, sans menacer personne au dehors, avait au moins l'avantage, tout imparfaite qu'elle était, de respecter à peu près la liberté de chacun. Cette confédération assura à l'Allemagne la paix intérieure et extérieure et une certaine prospérité, au milieu d'une Europe tranquille, sinon toujours satisfaite. Mais, auprès de cette Allemagne divisée, mais faisant un tout fédératif, avec des inégalités politiques et sociales encore choquantes mais non trop criantes, qu'était-ce que l'Allemagne

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