‹ Les Empereurs du 14e siècleChapitre 18 sur 91 · LA SAINTE VEHME · texte numérisé non relu

LA SAINTE VEHME

empereur et roi des Romains, j'installe en ce siège royal les loyaux, intègres et féaux francs juges (au nombre de sept), pour faire leur devoir d'une manière conforme ;\ la justice. » Le glaive et la corde destinés à châtier le noble ou le manant, signes du droit de vie et de mort, étaient devant les juges. Les membres du tribunal étaient sans armes et sans armure, la tête découverte, les mains nues et le manteau rejeté par dessus l'épaule. L'accusé avait reçu citation revêtue du sceau de la Sainte Vehme et portée par un messager qui l'attachait à la maison du prévenu et coupait à la porte ou à l'arbre le plus voisin trois copeaux, en signe qu'il avait accompli sa mission. S'il comparaissait et qu'il fût convaincu, la sentence était exécutée sur le champ; s'il faisait défaut, à la première citation, il était condamné à une amende de quarante-cinq florins du Rhin et à la seconde à une amende double, à moins qu'il ne donnât de bonnes et valables raisons. S'il faisait complètement défaut, on le jugeait par contumace. La sentence était terrible. « Parce « que, disait le franc comte, un tel, diàment cité par moi, a « méprisé le tribunal le plus élevé du saint Empire, je le « mets hors de la paix, du droit et de la liberté. Je le rejette « hors des éléments que la miséricorde de Dieu a donné à « l'homme ; je le déclare sans honneur et sans asyle ; sa « femme est veuve, ses enfants orphelins, sa maison sans « maître, je maudis sa chair et son sang, je voue son cou « à la corde, son cadavre aux vautours et son âme à Dieu « s'il veut la prendre en miséricorde »; puis il jetait une corde devant le tribunal et remettait soit à l'accusateur, soit à tout franc juge ou voyant qu'il voulait, l'ordre scellé d'exécuter le jugement, partout où il rencontrerait le condamné. L'exécuteur désigné pouvait toujours se faire assister des francs juges ou voyants dont il pouvait avoir

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