JEAN DE BOHÈME
médecin, jelc ensuite, par son ordre, dans TOder. Mais l'Allemagne, l'Ilalie étaient le champ d'action de ce fils d'empereur, et surtout la France, où il avait été élevé et fait chevalier ; et là, il usait plulôt de politique que de grands coups d'épée. Mais sa politique était trop dispersée pour avoir partout un égal succrs.
Lorsque Louis de Bavière revint en Allemagne^ le roi Jean était entré en négociation avec le duc de Carinthie et de Tyrol, Henri, son ancien rival eu Bohème, pour s'assurer la succession de ce duché; et il venait d'obtenir de lui pour son fils aîné Jean-Henri la promesse de sa fille et unique héritière, Marguerite de Maultacli. Il y avait de quoi inquiéter à la fois les deux princes restants de la maison d'Autriche, Albert et Otton, et même l'empereur de retour. Mais ce Bavarois, faible de sa nature, plein d'hésitation et de scrupules, par suite des vicissitudes de sa vie, revenait en Allemagne avec une conscience religieuse inquiète. Jean de Bohême en profita habilement. H lui proposa d'abord de se servir des l'elations qu'il avait en France avec le roi Philippe VI de Valois et son protégé Jean XXII, pour le réconcilier avec la cour d'Avignon ; puis il s'offrit d'aller prendre la place de l'empereur en Italie. Jean de Bohême passa par deux fois les Alpes agissant tantôt comme vicaire impérial de Louis, tantôt comme allié du pape, en réalité pour faire ses affaires. Cette politique un peu louche réunit bientôt les villes lombardes contre lui. Jean se découragea après une défaite ; et, après avoir pressuré les villes où il passa, il laissa au-delà des Alpes avec le titre de vicaire de l'empire, son tils Charles, qui ne réussit pas mieux, mais qui nous apprend, dans son autobiographie que celte expérience à l'âge de seize ans en Italie fut pour lui une véritable école de politique.
Au fond le but de la politique du fils de Henri Vil de Luxembourg était de profiter de l'impuissance et des scrupules de Louisde Bavière pour ravoir la couronne impériale ou au moins la ménager à son fils Charles. C'était surtout sur ses relations avec la France qu'il comptait. Il avait été élevé dans ce pays où les Valois, arrivés au trône en 1328, après la mort des fils de Philippe le Bel, entrelcnaient une cour brillante qui était le rendez-vous des princes et des seigneurs les plus chevaleresques de l'Europe. Il y avait fait élever son fils Charles qui avait changé en ce nom celui de Venceslas, réputé trop barbare. 11 l'y avait marié avec une fille de Philippe VI, Blanche. On le voit bientôt, à la cour pontificale d'Avignon et à la cour de France, nouer en personne les fils d'une obscure intrigue, qui avait en apparence pour but de réconcilier l'empereur et la papauté, l'Allemagne et la France. Le pape Jean XXll, mettant pour condition à toute proposition de réconciliation avec le Bavarois, la renonciation de Louis à la couronr.e, Jean de Bohème proposait à celui-ci de renoncer à l'empire ; et, se tenant à l'écart, il parlait pour le remplacer du duc de la Basse-Bavière, Henri IL La couronne resterait ainsi à la maison de Wittelsbach. Pour rétablir la paix entre la France et l'Allemagne, le futur empereur renoncerait à revendiquer les territoires récemment détachés de l'Allemagne au temps de Philippe le Bel, de Bodolphe de Habsbourg et de leurs successeurs; il céderait à la France contre une somme de 300,000 marcs d'argent tout le territoire, de la Franche-Comté à Marseille, c'est à-dire la vallée de la Saône et du Rhône. Un certain nombre de princes parlaient déjà de se réunir à Francfort pour délibérer sur ces propositions, quand les villes allemandes du sud et des bords du Bhiii surtout dépêchèrent des envoyés à Louis de Bavière pour luidemander si son