‹ Les Empereurs du 14e siècleChapitre 56 sur 91 · JEAN DE BOHÊME · texte numérisé non relu

JEAN DE BOHÊME

intention réelle était en effet de se démettre de l'empire. Le Bavarois adressa aux villes une circulaire oîi il protesta qu'il n'avait traité avec le pape et les princes que pour se ménager un successeur, s'il venait à mourir, et surtout qu'il ne voulait point d'une réconciliation dommageable à l'empire'. On voit l'importance que les villes commençaient à prendre dans le corps germanique. Arrètons-nousy un instant.

Rûle nouveau tles villes, déclaration d'indépendance de l'Empire vis-à-vis de la papauté, à Rense et à Francfort. — - Dernières annéeg de Louis.

Tenue en respect par les princes et surtout par les électeurs qui disposaient de l'empiré depuis le grand interrègne, la royauté allemande restaurée n'avait pas su chercher avec suite un appui, soit dans la petite noblesse, soit dans les villes. La petite noblesse du nord, sur les bords de la Baltique, s'associait, en général, avec les princes de la contrée, pour faire la guerre aux villes. Mais Lubeck, la plus prospère de toutes, en s'entendant avec l'ordre teutonique et les ducs de Mecklembourg et de Saxe, résistait, et groupait autour d'elle les forces de Magdebourg et des villes balliques. C'est le moyen que prenaient aussi les villes du midi de l'Allemagne, émancipées de l'empire ou des principautés, contre la petite noblesse du midi, en se groupant autour des villes les plus puissantes, comme

1 Johann Graf von Luxembourg uud Ku'nig Von Bùhraen, de J. Scliœller, t. II, c, m.

Aligsbourg et TJlm. Il y avait là une politique à suivre pour la royauté allemande. Puisqu'en Allemagne la noblesse ne pouvait s'entendre avec la bourgeoisie contre la royauté, comme cela avait lien en Angleterre, au moins, les souverains allemands auraient-ils dii, comme les rois de France, réunir les villes, la bourgeoisie autour d'elle contre la noblesse et les princes. Les villes du nord comme Lubeck,PiOslock,\Vismar et autres, dont le commerce s'étendait jusqu'en Hollande, en Angleterre et en lUissie, avaient maille à partir tantôt avec les princes, tantôt avec la chevalerie ; au midi, les villes de la Bavière, de la Souabc ei du Rhin avaient fort à faire avec la petite noblesse qu'elles voulaient empêcher d'intervenir dans leurs affaires et soumettre sur leur territoire à l'observation de leurs lois. Toutes avaient bien accueilli à son retour l'empereur Louis. Partout, elles chassaient les prêtres qui voulaient exécuter l'interdit lancé par le pape Jean XXII et elles ne voulaient point avoir d'autre empereur.

Louis ne sut pas plus que ses prédécesseurs embrasser fortement cette politique. 11 n'enverra qu'une fois quelques centaines de chevaliers à Lubeck, au moment où cette ville formait sa ligue ou hanse avec les autres villes du nord pour purger la mer des pirateries de la petite noblesse. De retour en Bavière, le l-^'' novembre 1331, il proclame la paix du pays (Landfriede), à défaut d'une paix publique générale et, à la fin de ce mois, assisté du margrave de Brandebourg, son fils, et des ducs de Bavière, il confirme le pacte d'association de paix d'une vingtaine de villes qui comptaient parmi elles Augsboui'g, Ulm, Lindau, Constance, Beutlingen, Eslingen, etc. Pour assurer cette paix régionale encore fortement troublée, le territoire de cette ligue particulière pour la paix fut divise en trois circonscrip-

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