‹ Les Empereurs du 14e siècleChapitre 57 sur 91 · LES VILLES · texte numérisé non relu

LES VILLES

lions, colles d'Augsbourg, d'Ulm, de Constance ; et une organisation y fut essayée pour la maintenir. Mais Louis de Bavière avait trop peu de suite dans les idées. Pour ménager les princes autrichiens qui lui paraissaient dangereux, il leur concéda les villes impériales de Scliaffousc et de Rinfeld, au grand mécontentement des autres villes du Rhin. Louis de Bavière visait surtout aménager les princes et à obtenir des villes, comme ses prédécesseurs, l'impôt impérial que seules elles payaient au midi, et qu'il était au moins obligé do (ixer do gré à gré avec elles. Aussi, sous Louis do Bavière surtout, constatait-on le défaut d'entente et comme la désagrégation des forces de tout le coi'ps germanique. Le souverain et les princes ecclésiastiiiues particulièrement, s'attardent dans la routine des vieilles querelles italiennes et pontificales qui sont d'un autre âge ; les princes laïcs les mieux avisés, au nord surtout, cherchent à arrondir leur territoire; (a petite noblesse, à piller sur terre et sur nior; les villes ne pensent qu'à défendre leur commerce. Au-dessous des imitations archaïques impériales, il n'y a que des intérêts dynastiques, mercantiles ou des pillages. En I34i, Lubeck, au nom de la Hanse du Nord, dont le nom paraît alors, traite d'une façon indépendante avec les États étrangers, la Suède, le Danemarck, surveille l'intérêt de ses comptoirs de Londres, de Riga ou de Novogorod; l'ordre teutonique attire la petite noblesse allemande en Prusse et traite avec la Pologne. Les villes du midi de l'Allemagne traitent avec les villes italiennes. Dans les villes ellesmêmes, lutte des intérêts particuliers! Si le gouvernement intérieur des villes du nord reste entre les mains des anciennes familles, des riches marchands, parce qu'elles sont menacées par les princes et les nobles et qu'elles ont besoin de capitaux pour leur lointain commerce; dans les

villes du midi, les corporations nouvelles des métiers [zûnfié), qui payent les impôts, réussissent à entrer dans les conseils de ville, par exemple à Mayence, à Worms, à Francfort, à Strasbourg, de 1330 à 1334. Elles arrivent même à remplir les fondions de bourgmestre qui n'appartiennent plus exclusivement à l'ancien patriciat. Pour les paysans libres, demi-libres ou non libres, avec lesquels les bourgeois eux-mtïmes ne s'associaient point, ils étaient plus isolés que tout le reste.

Au milieu de cet éparpillement général de tous les éléments de la vie germanique, l'empereur Louis de Bavière avançait le moins ses intérêts. Lorsque s'ouvrit dans le sudest de l'Allemagne (1335) la succession de Henri, duc de Carinthie et de Tyrol, dont Jean de Bohême avait fait épouser la fille, Marguerite de Maultach, à son fils aîné. Louis de Bavière aurait pu profiter du mécontentement des deux princes autrichiens contre ce mariage pour empêcher son rival Jean de Bohême, qui l'avait toujours trompé et qui était alors malade, en France, d'une blessure reçue dans un tournoi, d'augmenter encore sa maison. 11 fit, en effet, alliance, dans cette vue avec les ducs Albert et Otton d'Autriche. Mais toujours lent à agir, il laissa à Jean de Bohême le temps de se guérir et de revenir; et, quand il eût rassemblé des chevaliers souabes et bavarois et joint ces troupes à celles des princes autrichiens, Jean de Bohême lui opposa son gendre Henri de Basse-Bavière ainsi que des auxiliaires hongrois, et l'empereur Louis ne put que voir avec dépit le Bohémien et les princes autrichiens faire une paix séparée qui le laissait complètement en dehors. Les compétiteurs, en effet, après un semblant de guerre, s'arrangèrent : la Carinthie, la Carniole et la Marche wendique revinrent ù rAutriche; le Tyrol au fils

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