Tome VI
Alors il s'échappe avec empressement, heureux d'obtenir quelque argent des villes toscanes, en laissant à Pise et à Sienne comme seigneurs deux archevêques allemands plus empêtrés encore que lui.
Ce fut avec peine que l'empereur couronné regagna, entre les châteaux forts, les villes de la Lombardie, qui lui fermaient leurs portes, la Valtelineet rapporta en Allemagne, une couronne bien humiliée mais sa bourse encore pleine. « Il fuit, s'écrie avec douleur Pétrarcjue désabusé. Les délices de l'Italie lui font horreur. Il dit pour se justifier qu'il a juré de ne restera P>ome qu'un seul Jour. Jour d'opprobre ! Serment déplorable. Le pape qui a renoncé à Home ne veut même pas qu'un autre s'y arrête. Ce n'est pas un empereur, ce n'est qu'un roi de Bohême. >> Charles avait modestement accommodé l'empire allemand à son humble fortune. Les princes et les bourgeois des villes allemandes, voyaient avec quelque orgueil leur souverain encore paré du titre d'empereur. Mais ils n'entendaient pas soutenir ses prétentions au gouvernement ni à la domination de l'Ilalie. Des générations s'étaient épuisées autrefois à poursuivre cette œuvre impossible. L'Italie s'était affranchie l'éellement du joug des papes et des empereurs d'autrefois dont les rivalités lui avaient tant coûté. Dans la Lombardie, les Visconli, d'autres petits tyrans, dans les marches, poursuivaient l'édifice de leur fortune plus ou moins durable. Rome et, en Toscane, les villes allaient de l'aristocratie ù la démocratie, en attendant de tomber aussi sous des maîtres. La couronne de Naples également passait d'une dynastie à une autre, sans que les Allemands en prissent plus souci. Henri VII et son petit-fils Charles IV, moins chevaleresque, plus de leur temps, en parant leur tète des dei'uiers retlets de l'empire, mettaient toute leur habileté à exploiter