‹ Les Empereurs du 14e siècleChapitre 69 sur 91 · FRONTIERES DE FRANCE ET D'EMPIRE · texte numérisé non relu

FRONTIERES DE FRANCE ET D'EMPIRE

l'Italie, sansrrétendrc à la dominer moins encore à la gouverner.

Rapports de Charles IV avec les rois de France Jean le Bon et Charles V. — Les frontières de l'empire et du royaume de France.

L'irrésolution, la faiblesse, quelquefois même la duplicité de Charles IV, se retrouvent aussi dans les questions de frontières, qui subsistaient toujours entre la France et l'empire, en Flandre, en Lorraine et surtout en Bourgogne et dans le royaume d'Arles.

Les liens d'éducation, de voisinage, de parenté qui existaient, depuis Henri Vil et Jean de Bohême, entre la maison de Luxembourg et celle de France, semblaient devoir rendie plus faciles les solutions de ces questions qui s'étfaient envenimées entie Louis de Bavière et Philippe de Valois. Ainsi après avoir cessé complètement de rechercher l'alliance de l'empereur Louis de Bavière, trop compromis avec la cour d'Avignon, Philippe de Valois avait laissé celui-ci accorder, en 1331, des lettres de protection à la ville de Verdun, prendre le rôle d'arbitre entre le comte et la ville de Bar, mettre des vicaires impériaux dans la ville de Cambrai, dont la situation entre la France et l'empire était toujours un objet de litige; et il avait pour sa part mis dans cette dernière ville une garnison française. Surtout, il avait pris soin de disputera l'empire leroyaumed'Arlesqui venait morceau par morceau à la France. Ainsi, quand Louis avait donné à Humbertll du Dauphiné l'investiture du Viennois, avec promesse d'ériger ses possessions en royaume, Philippe de

France, avait amené Humbert du Dauphiné, qui n'avait pas d'enfants légitimes, à céder ses états à Jean le Bon, son fils aîné, par une donation du i février 1544, qui fut confirmée par deux bulles pontificales du 11 juillet et du 9 septembre.

Charles IV' semblait devoir se montrer plus facile, dans ces questions, particulièrement avec Jean le Bon ; élevé à la cour de Franco, il avait épousé en premières noces Blanche de Valois, tante de Jean, qu'il perdit bientôt il est vrai (1353) et remplaça par deux allemandes, Anna de Schvvedritz, fille d'un comte palatin, et Elisabeth de Poméranie (1363); et Jean le Bon avait épousé une sœur de Charles IV, Bonne de Luxembourg, Charles IV, avec le chevaleresque Jean de Bohême, avait témoigné de ses sympathies pour la France contre l'Angleterre, par sa présence à la bataille de Crécy.ll avait fait une alliance étroite, à Trente (1346), avec Jean le Bon alors duc de Normandie et héritier en litre du Dauphiné; il avait promis de lui être fidèle à lui et à ses quatre fils, h charge de revanche. Il est vrai que, bientôt, ce prince prudent, qui aimait à prendre ses précautions de tous côtés, fit en 1348 à Prague, avec le roi d'Angleterre Edouard III, une convention, en vertu de laquelle il lui promettait, à charge de réciprocité, conseil et aide, excepté contre le roi de France, à moins que celui-ci ne portât atteinte aux droits de l'empire; et, en tous cas, il laissait à tous ses sujets la liberté de passer au service du roi d'Angleterre même contre la France ; ce qui dépassait peut-être un peu les devoirs de la neutralité qu'il prétendait observer.

Mais Charles IV n'était pas homme, au moins en apparence, à sacrifier les droits de l'empire et à ne pas ménager les sentiments de ses compatriotes. L'année même de son avènement (1349), il avait fait savoir au nouvel évêque de Cambrai, Pierre de Clermont, qu'il concédait à son neveu.

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