‹ Les Empereurs du 14e siècleChapitre 70 sur 91 · FRONTIÈRES DE FRANCE ET D'EMPIRE · texte numérisé non relu

FRONTIÈRES DE FRANCE ET D'EMPIRE

Valeron de Luxembourg, les revenus impériaux de son église, et lui interdisait de battre monnaie; et, un peu plus tard, pour garder sous sa suzeraineté le comte de Bar, il le faisait margrave de Pont-à-Mousson. Mais Cambrai s'engageait encore à recevoir garnison française ; et dans le Barrois, Jean le Bon, un peu plus tard, élevait le comte au titre de duc. Dans l'ancien royaume d'Arles, la lutte diplomatique des deux souverains était plus vive. Charles IV, en notifiant son avènement à Humbert II, dans le Dàuphiné, lui proposait, pour le gagner, la confirmation des privilèges concédés par ses prédécesseurs aux dauphins ; et il instituait, dans ces anciens pays d'empire, un vicaire général auquel ceux-ci devaient rendre obéissance comme à l'empereur lui-même. Mais cette résurrection tardive de l'autorité impériale ne servit non plus de rien.

Quelques mois plus tard, le 13 juillet 1349, à Lyon, Humbert II, décidé à entrer dans les ordres, abdiquait solennellement en faveur de Charles de France, fils aîné de Jean le Bon, duc de Normandie ; et le Dàuphiné, entre les mains de celui-ci, qui devint roi l'année d'après (1349), commença à confondre les armes des Dauphins avec celles du royaume de France. Jean, pour dédommager son allié et ménager l'honneur de l'empire, permit à son fils Charles de recevoir de l'empereur lui-même l'investiture de son nouveau fief et laissa celui-ci conférer la dignité d'archi-chancelier du royaume d'Arles à l'archevêque de Trêves et celle de prince d'empire à l'archevêque d'Embrun. Charles IV aurait bien voulu aussi mettre la papauté dans

* Voir Alp. Leroux. Bibliothèque des Hautes Éludes, 50' fascicule 1882; Relations politiques entre la France et l'Allemagne de 1293 à 1373. Gotlob, Karls IV private unU polilische bezcichnungen :iu Franekrcich, luspruck 1883.

sa dépendance, en lui confirmant la possession d'Avignon que lui avait vendu la reine Jeanne de Naples. Mais Jean le Bon, bien que gendre de l'empereur, en 1350, mit aussi une garnison française dans la ville, pour garder en réalité la curie pontificale dans sa dépendance- Ces petites guerres de procureur tournaient toujours ù l'avantage de la France.

C'était encore quelque chose de considérable alors d'avoir pour soi la papauté. La cour de France s'en servit quelques temps pour mettre des obstacles diplomatiques à l'expédition et au couronnement impérial de Charles IV en Italie. Quand le pape Innocent VI, désireux de reconquérir le patrimoine de saint Pierre, traita sérieusement avec Charles IV de son voyage au-delà des Alpes, la cour de France ne fut pas étrangère à la condition que le Saint- Siège imposa à Charles IV de ne pas rester plus d'un jour à Rome.

Lorsque, en 1355, reprit entre le roi d'Angleterre et Jean le Bon cette guerre qui devait être si funeste au second, Charles IV avait la partie plus belle pour défendre les frontières de l'empire contre les ()i'0grès de la France. Il rentra alors d'Italie en Bohême, à Prague, où il fut courtisé par les deux rivaux. Dans le sentiment du danger où il était, Jean, le i'ti août 1355, proposait à Charles IV le renouvellement de l'alliance faite enli'eeux précédemment à Trente en 13-i7.Il aui-ait consenti à reconnaître Verdun, Cambrai et Cateau- Cambrésis comme terres de l'empire. Son fils aîné, Charles, neveu de l'empereur, tiendrait de celui-ci le Uauphiné comme fief d'empire. Jean consentait encore, comme baillistre de Philippe de Rouvre, duc et comte de Bourgogne, dont il avait épousé la mère en secondes noces, et qui était encore mineur, à ce que celui-ci se recon-

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