TOME VI
sa revanche, en signant avec les adversaires de l'archevêque de Mayence, les ducs de BrunsNvick-Lùnebourg et le landgrave de Hesse, la ligue de Marbourg. C'était le comble du gâchis. La mort délivra Robert de ces tristesses (18 mai lilO;. Il laissait l'empire plus affaibli et la nation plus divisée que jamais, sa maison compromise, ses finances ruinées; avant de mourir, il avait ordonné de vendre ses bijoux pour payer quelques dettes criardes à son cordonnier et à divers petits fournisseurs.
Chose presque incroyable, la confusion s'accrut encore. Rodolphe de Saxe et Jost de Moravie, qui détenait à ce moment l'électorat de Brandebourg, reconnurent encore Venceslas roi des Romains; mais les électeurs de Cologne et de Mayence élurent Jost, tandis que le burgrave Frédéric de Nuremberg décida le fils de Robert, électeur palatin, et l'archevêque de Trêves à proclamer Sigismond. L'empire fut ainsi disputé entre trois prétendants. A ce moment même la chrétienté se divisait entre trois papes. En effet, le successeur de Boniface IX, Grégoire XII s'était engagé, au moment de son élection, à abdiquer, si le pape d'Avignon, alors Benoist XIII, en faisait autant; mais, celui-ci refusant de se démettre, les cardinaux recoururent à un coup d'Etat. Ils s'entendirent pour abandonner les deux compétiteurs et convoquèrent un concile oecuménique à Plse, 1409. On attendait beaucoup de cette réunion. Le concile déposa Grégoire XII et Benoist XIII et élut Alexandre V. Mais les anciens papes n'acceptèrent pas la sentence dos évêques etconservèrentdes partisans. On eut trois papes au lieu de deux.
Les deux pouvoirs, qui s'étaient si longtemps disputé la domination du monde, la papauté et l'empire, devenaient un objet de scandale, de raillerie et de mépris. Dans celle sorte d'intérim où les vieilles idoles succombent sous le