‹ Les Empereurs du 14e siècleChapitre 84 sur 91 · PERTES EXTÉRIEURES ET DISSOLUTION DE L'EMPIRE · texte numérisé non relu

PERTES EXTÉRIEURES ET DISSOLUTION DE L'EMPIRE

Son grand clTorl an Moyen-age s'était porté vers l'est et le plus grand fait peut être de son histoire à cette époque avait été de mettre la main sur les États slaves ou magyars qui s'étaient formés à ses portes. Par ses marchands et ses colons, plus encore que par ses soldats, elle avait conquis au nord la Silésie et la Prusse, soumis à l'est à son influence la Bohème, la Pologne et la Hongrie, commencé à pénétrer dans les pi-incipautés slaves du Danube inférieur. Au début du w" siècle, les résultats de plusieurs siècles de travaux et d'eflbrts sont brusquement compromis. Le roi de Hongrie, Sigismond, oublie, au milieu de ses ambitions ondoyantes, la mission r|ue lui impose sa position d'avantgarde. Les Vénitiens, après une guerre qui se prolonge pendant presque tout son règne, lui enlèvent le Frioul et les villes daimates. Pour se procurer de l'argent contre eux, il engage à la Pologne la plus grande pai-tie de ce terriîoire de la Zips, qui avait été une des premières colonies allemandes en Hongrie et qui, depuis lors, resta à la Pologne jus(ju"au règne de IMarie-Tliérèse. Les Turcs, dont rétablissement en Europe ne remontait pas à plus d'un demi-siècle, inondent déjà la péninsule des Balkans de leurs hordes victorieuses.

En 139H, Sigismond, le pins menacé, lève chez lui des troupes, invoque le secours de la chrétienté. Des chevaliers allemands, des princes et chevaliers français surtout accourent. Mais la fleur de la chevalerie européenne succombe sous le flot des .Janissaires d'Amurath à la désastreuse bataille de Nicopolis; et bientôt la Styrie est ravagée par les Ottomans. La Bosnie, la Serbie, la Valachie, la Moldavie, la Bulgarie, qui jusqu'alors avaient été plus ou moins indépendantes de la Hongrie et ouvertes par là à l'influence germanique, subissent la conquête turque ou acceptent la

suzeraineté polonaise. Les provinces du sud-est de l'Allemagne ne sont pas à l'abri. Les avant-postes de l'empire se retournent contre lui : en Hongrie et en Bohème, une réaction féodale et nationale réclame l'expulsion des étrangers, menace les privilèges de la bourgeoisie allemande et rend la prépondérance aux éléments indigènes, magyars et slaves. En Pologne, l'immigration germanique est complètement arrêtée, les villes perdent tonte action sur la marche générale des affaires, et lesJagellons fondent dans les bassins de l'Oder et de la Vistule une monarchie redoutable et conquérante, ennemie de l'Allemagne.

Au nord-est, depuis les victoires des Ascaniens dans le bassin de l'Elbe, il ne s'était pas passé d'événement plus considérable que la prise de possession par les Allemands de la Silésie, de la Poméramie et de la Prusse. Maîtres de la mer et des montagnes, tenant les sources et les embouchures des fleuves, ils enserraient comme dans nn étau les Slaves de l'Oder et de la Vistuîe, et la soumission de ceux-ci ne semblait plus qu'une question de temps. Plus pacilique au sud, dans la Silésie, où elle avait été favorisée par les princes indigènes, la germanisation avait si complètement pénétré le pays qu'elle résistait sans recul sensible à la transformation slave de la Bohême, à laquelle elle était réunie. Mais maintenant tout changeait.

Au nord, les procédés de Tordre teutonique.plus habile à conquérir qu'à gouverner, avaient laissé chez les habitants des souvenirs de haine et des désirs de revanche ; la germanisation y était peu profonde et comme artiticielle, représentée souvent uniquement par les villes perdues au milieu de paysans hostiles, et affaiblie par leurs démêlés avec les chevaliers. L'ordre était en décadence ; à mesure que kl foi satïaiblissait, le reculement était moins

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