LES CATACOMBES DE ROME
Ce fut pendant cette terrible persécution de Septime-Sévère, que les Chrétiens de Rome, traqués de tous côtés comme des bêtes fauves, abandonnaient leurs demeures, et commencèrent à se réfugier dans les catacombes, qui leur serv aient à la fois d'asile pour les fugitifs, et de nécropoles pour les morts : il con^^ent donc de donner quelques explications à ce sujet.
Les catacombes Romaines consistent en de vastes labjTinthes de galeries creusés sous les collines qui entourent la Ville Eternelle. Les sept collines classiques sur lesquelles
Rome est bâtie ne recouvrent aucune catacombe. Toutes ces nécropoles Chrétiennes sont situées hors des murs, mais seulement dans un rayon de trois milles à partir de l'antique enceinte de ServiusTuUius. Leur développement total atteint des dimensions qui étonnent l'imagination. Une catacombe a trois, quatre, quelquefois cinq étages superposés, et à chacun de ces étages, les galeries se coupent, s'entre-croisent et se replient les unes sur les autres.
De cette manière, même sous une superficie de médiocre étendue, elles réalisaient par le fait des dimensions considérables.
Il est aujourd'hui reconnu, dit M. de Rossi, que les catacombes furent destinées à la sépulture et aux assemblées religieuses des seuls Chrétiens.
Les découvertes modernes ont également
ET l'Église chrétienne 151
démontré qu'elles furent originairement creusées dans ce but.
Personne ne voit plus en elles des sablonnières (arenariœ) ou des carrières abandonnées que les Chrétiens auraient adoptées à leurs usages.
Ces nécropoles furent dans l'origine désignées sous le nom générique de cimetières (xoiuiTir/ifiov), c'est-à-dire lieux consacrés au sommeil, mot particulier à la langue Chrétienne, et qui signifie des dortoirs où les frères prenaient le repos en attendant le moment du réveil.
On les nommait aussi martyrium ou confessio, pour indiquer que c'était la sépulture des martyrs ou confesseurs de la foi.
Les galeries avaient généralement de deux à quatre pieds de largeur, et leurs parois des deux côtés étaient percées de niches horizontales que l'on pourrait comparer aux rayons
d'une bibliothèque, et dont chacune était destinée à recevoir un ou plusieurs corps. De place en place, cette suite de niches était coupée par des portes qui donnaient accès dans de petites chambres.