LA ROYAUTÉ DE N-. S-. JÉSUS-CHRIST
La Royauté fut dés le commencement un caractère essentiellement inhérent à la personne de N.-S-. Jésus-Christ.
A peine est-il couchédans la crèche del'étable où il vient de naître, lorsqu'il repose encore tout enveloppé de ses langes, voici qu'après les Bergers, représentant les âmes pures et simples, les Rois Mages de Tex-
trême Orient, guidés par une étoile mystérieuse, accourent se prosterner à ses pieds, lui apportant le tribut de leurs adorations avec l'or, l'encens et la myrrhe : toute la ville de Jérusalem s'émeut comme par un pressentiment surnaturel, et le roi Hérode, en qui se personnifiait alors la puissance Romaine dans la Judée, à la vue de cette émotion instinctive de tout un peuple, au bruit de la naissance à Bethléem d'un futur roi d'Israël, prend l'alarme, et dans sa fureur jalouse, pour étouffer par avance le germe de cette royauté indéfinie qui lui porte ombrage, ordonne sans pitié le massacre des Innocents, ces premiers martyrs immolés pour N.-S. Jésus-Christ.
Or d'où le Christ pouvait-il tirer ses droits à cette Royauté Supérieure, devant laquelle devaient s'incliner toutes les couronnes de la terre, si ce n'est de ce qu'il était, par sa
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nature Divine, le Verbe de Dieu fait homme, la parole Éternelle incarnée sous une forme humaine?
Chose digne de remarque! nous dit Bossuet.
Cette Royauté qu'il sait lui appartenir, il ne la réclame pas pendant tout le cours de sa vie terrestre : il n'en prend possession qu'en apparence, à la veille de son supplice ignominieux, lors de son entrée solennelle à Jérusalem; mais il ne la renie pas devant Ponce-Pilate appelé à le juger; et lorque celui-ci lui demande s'il est véritable qu'il soit Roi, lui qui n'avait encore daigné satisfaire à aucune des questions qui lui avaient été précédemment adressées, il rép'ond alors avec une simplicité pleine de grandeur et d'assurance : Tu l'as dit : Je suis Roi.
Aussi Pilate, s'appuyant sur cette parole, fait inscrire sur sa croix en gros caractères
et en trois langues ces mots typiques de sa condamnation :
« Jésus de nazareth, roi des Juifs. »
PIERRE, CHEF DES APOTRES Ccmmeneements du siège épiscopal de Rome
La royauté de N. S. Jésus-Christ eut son couronnement au Calvaire d'où elle rayonna sur le monde comme un flambeau destiné à éclairer toutes les nations ; son autorité était indélébile ; il la transmit à l'Eglise dépositaire de ses divins enseignements et plus particulièrement au batelier Pierre qu'il avait
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établi chef des Apôtres et désigné pour être son vicaire sur la terre :
« Tu es Pierre, et sur cette pierre « Je Bâtirai mon Eglise. »
Parole éternellement mémorable, et que dix-huit siècles écoulés n'ont pas encore démentie.
Selon la tradition généralement adoptée, Piarre vint à Rome en l'an 42 de l'Ère chrétienne. (2ème année du règne de l'Empereur Claude.)
C'est à la suite de sa sortie miraculeuse de la prison où il avait été enfermé par les ordres d'Hérode Agrippa, roi des Juifs, qu'aidé, dit-on, par le centurion Corneille, qu'il avait converti à la foi Chrétienne, il serait parvenu à s'échapper de Jérusalem, et à s'embarquer ensuite pour venir dans la capitale du monde Romain.
En raison de cette tradition, on date de l'année 42 le commencement de son Episcopat, fondement ultérieur de la papauté Romaine.
Combien de temps Pierre resta-t-il alors à Rome, et qu'y fit-il? Aucune notion ne nous a été transmise à cet égard ; ce qui est certain d'après le témoignage des Actes, c'est que nous le retrouvons en l'an 50 de J.-C. (lOème année du règne de V Empereur Claude) au premier concile de Jérusalem qu'il préside.
De là il passe à Antioche pour y organiser TEglise de cette ville ; puis il retourne une seconde fois à Rome, où il établit définitivement le siège de son propre Épiscopat.
Les décisions du dernier Concile de Jérusalem et l'arrivée de Pierre provoquèrent sans doute alors parmi les Juifs de Rome de grandes agitations qui motivèrent le décret
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rendu par l'Empereur Claude en l'an 52 de J.-C. aux termes duquel tous les Juifs indistinctement étaient bannis de Rome.
Ce décret est mentionné par l'historien latin Suétone.
Les Chrétiens étaient certainement compris dans cet ordre d'expulsion ; car ils n'étaient pas encore distingués des Juifs.
PREMIÈRE PERSÉCUTION DES CHRETIENS Sous le règne de l'Empereur Néron
Les Chrétiens ne commencèrent à acquérir une existence distincte aux yeux des Ro-
mains que sous le règne de Néron ; et ce qui leur donna une notoriété assez grande pour que le célèbre historien latin Tacite en ait fait mention au livre XV de ses Annales, c'est l'acte sauvage de cet Empereur qui, après avoir fait mettre le feu à la ville de Rome, en l'an 64 de J.-C, pour apaiser les mauvaises rumeurs qui couraient sur son compte, offrit, dit Tacite, d'autres coupables aux animadversions populaires, et soumit à ce sujet aux tortures les plus raffinées une classe d'hommes que le vulgaire appelait Chrétiens. Ce nom, ajoute-t-il, leur vient de Christ qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus.
Précieux et inattaquable document par lequel sont confirmés d'une manière formelle les Récits Evangéliques.
Mais aucun nom connu ne figure dans cette première persécution, motivée unique-
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ment par la fantaisie terrible d'une tyrannie sanguinaire qui se croyait tout permis.
Ce n'est que trois ans plus tard, le 29 Juin de l'an 67 de J.-C, que la tradition place le martyre des deux Apôtres Pierre et Paul à Rome : encore n'avons nous pas de récit authentique et primordial qui puisse constater ce grand fait.
Pierre eut pour successeur immédiat sur le siège épiscopal de Rome le disciple Lin, l'un de ceux dont le nom est mentionné dans la seconde Epître de Saint-Paul à Timothée.
De son temps, en l'an 70, s'accomplit un événement prédit 40 ans auparavant par Jésus-Christ lui même.
La cité de Jérusalem avait à expier un Déicide :
Son châtiment fut le plus épouvantable dont l'histoire ait gardé le souvenir.
Temple, sacrifices, sacerdoce légal, dis-
tinctioii des tribus, tout disparut devant l'épée victorieuse de Titus qui se proclamait lui-même l'instrument des vengeances Divines.
L'arc triompiial, élevé à cette occasion en l'honneur de Titus par le Sénat et le peuple Romain, subsiste encore aujourd'hui à Rome au milieu de toutes les ruines de la Reine des nations.
Le Liber poulilicalis attribue à Lin une ordonnance qui défend aux femmes d'entrer sans voile dans l'Assemblée des Fidèles.
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