‹ Les Empereurs romainsChapitre 30 sur 54 · SUITES DE LA VHP PERSÉCUTION · texte numérisé non relu

SUITES DE LA VHP PERSÉCUTION

Martyres de Sixte II et de Laurent

La persécution ne se borna pas à ces illustres prémisses, elle s'étendit dans toutes les provinces de l'Empire. La ville [de Scyrthe

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en Numidie fut particulièrement éprouvée : elle compta ses martyrs par milliers. On les mena dans un vallon, au bord d'un fleuve entre deux rangs de collines élevées des deux côtés pour favoriser le spectacle. On les fit ensuite ranger en ligne les yeux bandés, et l'exécuteur ne fit que passer de l'un à l'autre en leur coupant la tête. Cette atroce boucherie dura une grande partie du jour.

En Espagne, Fructueux, évêque de Tarragone, fut brûlé vif avec ses deux diacres.

A Toulouse, dans les Gaules, Saturnin traîné par un taureau furieux, mourut aussi pour la foi. Le pontife Sixte II à Rome ne pouvait manquer d'être joint à la glorieuse pleïade des martyrs. Il eut la tête tranchée dans la même année 258, après avoir occupé le siège de Saint-Pierre pendant onze mois et six jours ; il avait envoyé dans les Gaules Pérégrinus 1er évêque d'Auxerre.

Le Préfet de Rome croyant que les chrétiens avaient de grands trésors en réserve, et voulant s'en emparer, se fit alors amener l'archidiacre Laurent, qui en avait la garde:

« Vous vous plaignez, lui dit-il, que nous » vous traitons cruellement. Il n'est point » question ici de supplices ; Je vous demande » ce qui dépend de vous. On dit que dans vos » cérémonies les pontifes offrent des libations » avec des vases d'or ; que le sang des victi- » mesestreçudansdescoupesd'argent, etque » pour éclairer vos sacrifices nocturnes vous » avez des cierges fixé3 sur des chandeliers » d'or. On dit que pour fournir à ces ofi'ran- » des, les frères vendent leurs héritages, et .» réduisent souvent leurs enfants à la pau- » vreté ; mettez au jour ces trésors cachés. » L'empereur en a besoin pour solder les » troupes, et rétablir les finances de l'État.

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» J'apprends que, selon votre doctrine, il » faut rendre à chacun ce qui lui appartient : » or l'Empereur reconnaît pour sienne la » monnaie sur laquelle est empreinte son » image : rendez donc, comme vous le dites, » à César ce qui est à César. Si je ne me trom- » pe, votre Dieu ne fait pas battre monnaie ; » il n'a pas apporté de l'argent en ce monde ; » il n'y a apporté que des paroles ; rendez- » nous l'argent, et gardez les paroles. »

c< J'avoue, répondit Laurent, que notre » Église est riche, et que TEmpereurlui-mê- » me n'a pas de si grands trésors. Je vousfe- » rai voir ce qu'elle a de plus précieux; don- » nez-moi seulement quelque temps pour » mettre tout en ordre, en dresser l'état et en » faire le calcul. »

Le Préfet lui donna trois jours de délai.

Dans cet intervalle, Laurent parcourut toute la ville pour chercher en chaque rue les

pauvres que l'Église nourrissait. Il les rassembla tous, lépreux, aveugles, boiteux, paralytiques, malades couverts d'ulcères, et les rangea dans la cour de l'Église « Venez, ditil ensuite au Préfet ; vous verrez une grande » cour pleine de vases précieux, et de lingots d'or entassés sous les galeries.

Puis, ouvrant une porte, il montra au Préfet toutes les infirmités humaines réunies : « Voilà, lui dit-il, les trésors que je vous ai » promis. J'y ajoute les perles et les pierre- » ries ; ce sont les vierges et les veuves qui » sont la couronne de l'Église. »

Le Préfet, pour toute réponse, fit apporter un immense gril de fer, sous lequel on mit des charbons ardents. Le saint diacre y fut étendu, et trouva encore la force, au milieu des tortures de cet holocauste, de dire à ses bourreaux : Faites-moi retourner, je suis assez rôti de ce côté. C'est assez cuit; vous pou-

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vez manger. Et il rendit ainsi son âme à Dieu.

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