L'EMPEREUR GALLIEN
La huitième persécution prit fin après cette série de désastres. Le 22 Juillet 259, Denys avait été promu à la chaire de St Pierre vacante par la mort de Sixte II : il fut sacré par Maxime évêque d'Ostie. Selon une ancienne coutume, qui fut dès lors remise en vigueur, les évèques d'Ostie avaient le privilège de sacrer les Pontifes Romains.
L'Empereur Gallien, resté seul maître de l'Empire, l'occupa encore pendant huit an-
nées qui ne furent qu'une lutte sans relâche contre les usurpateurs et les barbares qui commençaient à s'en disputer les lambeaux. Dans toutes les provinces, dans toutes ies armées, il s'élevait alors un empereur. C'est le temps qu'on nomme par un souvenir de l'histoire d'Athènes, la période des trente tyrans. Il n'y en eut en réalité que dix-neuf ou vingt, la plupart remarquables : car ces hommes défendaient l'Empire tout en le déchirant. Chaque province reconnaissait le tyran le plus voisin. Un lambeau de pourpre, dit M. de Chateaubriand, faisait le matin un empereur, le soir une victime.
Aux désordres intérieurs venaient se joindre les incursions sans cesse renouvelées des barbares. Les plus terribles étaient alors les Goths, établis le long de la Mer Noire et sur le bas du Danube d'où ils pénétraient dans l'Asie Mineure, la Thrace ou la Grèce, et les
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Hérules qui partaient de la merd'Azof, montés sur 500 navires, et allaient piller les rivages et toutes les îles de la mer Égée. Les villes sur l'ordre de l'Empereur s'entourèrent de murailles : ce fut le salut de Byzance. Mais Athènes, Corinthe, Sparte et Argos furent dévastées. Un Goth voulait brûler à Athènes lesbibliothéques : un autre l'arrête : Laissons, dit-il, à nos ennemis ces livres qui leur ôtent l'amour des armes. Les Athéniens cependant, sous la conduite de l'historien Dexippe, eurent l'honneur de battre ces brigands qui se vengèrent sur la Béotie, l'Épire, la Thrace et l'Illyrie. Gallien ne mit un terme à leurs ravages qu'en concluant une paix humiliante avec eux, et en prenant à sa solde un corps d'Hérules. ^ Mais en 268 lui-même périt assassiné par ses officiers, victime d'un complot tramé contre lui par Auréolus, l'un de ses compétiteurs
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à TEmpire. Les meurtriers ne purent apaiser la colère des soldats qu'en leur prodiguant des sommes considérables.