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AURÉLIEN ET L'ÉGLISE

IX^ Persécution Générale

Aurélien, arrivé au comble de la fortune, devint fanatique, non seulement des dieux de rOlympe, mais de sa propre Divinité, et permit qu'on inscrivît sur ses monnaies: « A notre Seigneur et notre Dieu, Aurélien Auguste, restaurateur du monde. »

Il paraît cependant que nul édit de persécution ne fut signé par lui, si ce n'est au3^

derniers jours de son règne. Il voulut aussi attacher à son nom l'anéantissement d'une religion odieuse à l'Empire; c'est ce qui motiva sans doute le décret de la neuvième persécution générale des Chrétiens. La Gaule où ce décret fut signé fut la province qui fournit le plus de martyrs. Plusieurs des apôtres de ces contrées et plusieurs de leurs disciples payèrentdeleurviel'honneurqu'ils avaient eu les uns d'apporter, les autres de recevoir des premiers la semence évangélique; tels Marcel et Anastase chez les Bituriges; à Sens, ou près de Sens, Savinien, Potentien, Sanctus, la vierge Columba; àTroyes, Patrocle, Sabinianus et Sabina, la plupart jetés de Rome dans la Gaule par les persécutions de Valérien quinze ans auparavant. C'est ainsi que la persécution enfantait l'apostolat, et que l'apostolat à son tour enfantait le martyre. I/Italie eut aussi ses victimes parmi les-

ET l'Église chrétienne 229 quelles le pontife Félix I" fut désigné d'avance par sa dignité aux coups des persécuteurs. Il mourut dans les tourments le 22 Décembre 274, et fut enterré dans le cimetière de la voie Aurélienne. Eutychien lui succéda sur le siège de Rome le 4 Janvier

Pendant que ces lettres sanglantes, ainsi que les appelle un Père de l'Église, parcouraient l'Empire en semant autour d'elles la terreur et le meurtre, une catastrophe inattendue allait encore une fois changer le cours des événements. Au moment où Aurélien se dirigeait vers le Bosphore pour venger sur le petit- fils de Sapor les outrages faits à Valérien, il fut assassiné entre Héraclée et Byzance au mois de Janvier 275 par son sécrétaire Mnesthée secondé par l'un des chefs de l'armée, nommé Mucapor.

Le meurtre ne fut pas plutôt connu que

les complices s'en repentirent et que les auteurs en eurent horreur. Mnesthée fut livré aux bêtes; et l'armée indignée fit à Aurélien de magnifiques obsèques, lui dressa même un temple, et le proclama Dieu.

Toutefois les lettres sanglantes continuaient encore leur voyage, et par ordre du prince mort, le sang Chrétien coula aussi dans la Thrace et l'Asie Mineure. Ces régions virent des martyres s'accomplir à Byzance, à Ephèse, à Césarée de Cappadoce et ailleurs. A Icône le vieillard Conon, qui, depuis des années, vivait de la vie des anachorètesetétonnaitle monde par ses miracles, fut traduit devant le préfet Domitien avec son fils sous-diacre. Condamnés pour leur foi, ils furent tous deux couchés sur un lit de fer rouge, et on leur scia les mains avec une scie de bois.

Mais ces atrocités ne faisaient que révol-

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ter les âmes compatissantes, et la propagation de la foi Chrétienne n'en accomplissait pas moins de jour en jour de nouveaux progrès.

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