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PERSÉCUTION DANS LA GAULE

Les Chrétiens des Gaules eurent donc à subir des persécutions locales qui rirent aussi alors de nouveaux martyrs. Le Préfet du Prétoire, Riccius Varus, qui résidait habituellement à Trêves, secondant les haines de l'Empereur, fut l'agent le plus actif de ces persécutions. A Cologne, Géréon et ses trois centdix-huit compagnons, faisant partie d'une cohorte détachée antérieurement de la lé-

.gion Thébéenne, furent immolés comme leurs

frères parce qu'ils avaient refusé d'apostasier. A Trêves, Tyrse, Boniface et plusieurs autres subirent le même matyre. Riccius Varus parcourut lui-même toute la région que les Romains appelaient du nom de Belgique, et où des églises avaient^été récemmei it fondées par ce groupe d'apôtres sorti de Rome à l'époque de la persécution de Déce et de celle deValérien,et qui avait semé la foi avec Saturninus à Toulouse, avec Gatien à Tours, avec Denys à Paris. Il restait encore plus d'un de ces vétérans de Tapostolat. A Beauvais le prêtre Lucien, à Amiens, l'Espagnol Firmin et le Romain Quintin (1); à Soissons deux frères, Crispin et Crispinien, tous deux Romains d'origine, fils de Sénateurs, mais par humilité devenus cordonniers, et dont l'humble échoppe était en même temps une

(1) Le corps du martyr Quintin fut enseveli à Augusta capitale du Vermandois, qui a pris de là le nom de sain Queniio. *

ET l'Église chrétienne 247

chaire ; plus au Nord, dans ce qui s'appelle aujourd'hui la Flandre, Eubert, Chrysolius, Platon, tous venus de Rome; à Louvres, près dé Lutéce, le jeune Justin, tels furent les plus célèbres martyrs de cette triste époque. A Nantes, deux frères illustres par leur naissance, Donatien et Rogatien eurent la tête tranchée après avoir subi tous les genres de torture. Mais ce n'était encore là que la première campagne du nouvel Empereur contre les ennemis de l'Empire, et aussi sa première campagne contre les Chrétiens. Il dut se croire vainqueur des uns et des autres.

En 290, après quatre ans de séparation, les deux Empereurs arrivant, l'un par les Alpes Pennines, l'autre par les Alpes Juliennes, se rencontrèrent à Milan au milieu des acclamations du peuple, et des hommagesdu Sénat Romain venu là par députation ( ils ne

prenaient pas la peine d'aller jusqu'à Rome); ils s'y félicitèrent mutuellement des succès qu'ils avaient obtenus.

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