MARTYRE DE VICTOR A MARSEILLE
A la même époque paraît appartenir, bien que l'année n'en soit pas exactement fixée, (1) un autre martyre célèbre; c'est celui d'un officier, nommé Victor, ^qui refusa de sacrifier aux Dieux sous les yeux de l'Empereur Maximien à Marseille.. L'Empereur irrité ordonna qu'il fût traîné dans les rues de la ville, pieds et mains liés, exposé aux injures et aux
(l) La date la plus généralement adoptée est celle de l'année (288 après J.-C)
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outrages d'une vile populace. Appliqué ensuite au chevalet, jeté dans le fond d'un cachot souterrain, Victor convertit les soldats qui le gardaient, et les fit baptiser pendant la nuit. Le lendemain, ces nouveaux Chrétiens eurent la tète tranchée, en sa présence, par ordre de Maximien .
Pour Victor, on le suspendit à une poutre, et on le frappa à coup de nerfs de bœuf, jusqu'à ce que lassés eux-mêmes, les bourreaux le jetèrent mourant dans son cachot. Maximien voulait essayer de vaincre la patience du martyr par la longueur et la diversité des supplices. Trois jours après, il le fît amener devant lui, et montrant au Chrétien un trépied sur un autel portatif, il lui ordonnad'y mettre de l'encens en l'honneur de Jupiter. Victor s'approcha comme pour obéir, et du pied renversa l'autel et le trépied.
L'Empereur furieux lui fit aussitôt couper
le pied. On le mit ensuite sous la meule d'un moulin à bras que les bourreaux faisaient tourner lentement pour lui briser peu à peu les os. Durant cette horrible opération, la machine vint à casser. Pour en finir. Maximien fit trancher la tête à ce corps mutilé et meurtri qui fut ensuite jeté à la mer; mais les flots le ramenèrent sur la rive; et ces restes précieux, recueillis par les Chrétiens, furent ensevelis dans une grotte taillée dans le roc.
L'église Saint-Victor a été bâtie au lieu consacré par le martyre ; la population Marseillaise la visite avec respect,et s'empresse de la montrer aux étrangers qui viennent à Marseille. Les sentiments de reconnaissance et de piété qui se rattachent à cet héroïsme vainqueur de la mort ne sont pas encore effacés du cœur des Marseillais. C'est ainsi que la voix du sang des serviteurs de Jésus-Christ
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retentit eu prolongeant ses enseignements à travers les siècles.