SURPRISE ET JOIE DES CHRÉTIENS
La mort de Galérius laissait TEmpii e partagé légitimement entre Constantin, Licinius et Maxirain qui se reconnaissant tous trois pour Augustes, mais se disputant entr'eux la prééminence, régnaient le premier dans les Gaules, l'Espagne et la Grande-Bretagne, le second en Illyrie, le troisième dans l'Asie, l'Orient et l'Egypte. Le centre de l'Empire, c'est-à-dire l'Italie et l'Afrique, était au pouvoir de ]\Iaxence, qui n'ayant jamais été proclamé empereur d'une manière régulière, ni par Dioclétien, ni par Galérius,
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était regardé comme un usurpateur, en latin tijrannus.
La nouvelle de l'édit de Galérius avait produit, dans tout l'Orient, en faveur des Chrétiens, ce que les Juifs avaient éprouvé à la fin de la captivité de Babylone. Tous les confesseurs détenus dans les cachots furent délivrés : ceux qui travaillaient enchaînés au fond des nnines furent rendus à la lumière et à la liberté. On voyait dans toutes les villes les Chrétiens célébrer leurs assemblées, faire leurs collectes ordinaires pour secourir les pauvres, les veuves et les orphelins. La charité reparaissait dans le monde en même temps que la religion de Jésus-Christ. Les païens qui avaient cru assister aux funérailles du Christianisme, surpris d'une révolution si inopinée, proclamaient tout haut que le Dieu des Chrétiens était le seul véritable. Les confesseurs délivrés de leurs chaînes retour-
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liaient dans leur patrie, et traversaient les villes, au milieu des acclamations et des chants de triomphe. Les populations même païennes s'associaient à ces sentiments de joie universelle, et c'était une fête publique pour l'Empire de voir reparaître ces Chrétiens que depuis huit ans on travaillait à exterminer de tous côtés.
Après une vacance de neuf mois, la chaire de saint Pierre à Rome avait été occupée de nouveau par l'élection du pontife Melchiade.
L'édit de Galérius avait été exécuté aussitôt que connu dans toutes les^provinces de l'Empire ; aucun des collègues du' vieux César n'eût osé résister à sa volonté expresse et authentiquement promulguée. Mais il en coûtait beaucoup aux instincts sanguinaires de Maximin Daïa de renoncer à ces exécutions quotidiennes, à ces jeux cruels des amphithéâtres qui allaient manquer d'ali-
ments. Aussi dans l'année qui suivit la mort de Galérius, il y eut encore quelques martyrs parmi les contrées soumises à sa domination. Ainsi à Alexandrie l'évêque Pierre fut saisi tout-à-coup et décapité avec d'autres prêtres égyptiens.