‹ Les Empereurs romainsChapitre 49 sur 54 · ÉDIT DE MILAN · texte numérisé non relu

ÉDIT DE MILAN

La victoire de Constantin avait donné un nouveau maître à Rome. Il ne fit périr qu'un petit nombre de personnes, les plus attachées au tyran déchu, et le jeune fils de Maxence, Romulus, qui avait été un instant César. Il cassa les cohortes Prétoriennes, et détruisit leurs casernes fortifiées. Pour le reste de l'armée de Maxence, il se borna à l'éloigner de Rome, et à l'envoyer combattre les barbares sur le Rhin.

Le triomphe de Constantin coïncida avec la mort du vieux Dioclétien, qui abreuvé de dégoûts, se laissa, dit-on, mourir de faim.

Constantin ne se ût pas immédiatement Chrétien; le pouvoir subsista même avec les formes payennes : mais par un édit daté de Milan, et pris de concert avec son collègue Licinius auquel il donna sa sœur Ccnstantia en mariage, il accorda aux Chrétiens la liberté pleine &t entière de leur religion.

Le culte de Jésus-Christ^ jusque là officiellement insulté dans les décrets même qui lui étaient favorables, se vit tout d"un coup mis sur le pied d'une égalité complète avec l'ancien culte de Rome. Le àécretf 13 Juin 313 J avait la forme d'une constitution envoyée aux magistrats de l'Empire. Il prescrivait de rendre aux Chrétiens les terrains et les édifices qui leur avaient été enlevés par confisca-

tion, et dont ils se servaient pour l'exercice de leur culte religieux.

L'effet de l'édit de Milan fut- immense. Un long cri de joie s'éleva de tous les points de l'Empire. Les Chrétiens s'abordaient en tout lieu avec transports, célébrant les merveilles de la protection Divine. Sur les débris d'humbles chapelles ruinées pendant la persécution s'élevèrent bientôt des églises dans de vastes proportions, décorées avec un éclat inconnu. Sortie des souterrains et des déserts, la religion Chrétienne apparaissait partout à la splendeur du jour. Ce n'étaient que dédicaces de temples et réunions d'évêques. Les cérémonies, les pompes religieuses, le chant des psaumes et des cantiques, la célébration des mystères symboliques de la Passion, tout faisait déborder, chez une multitude de tout âge et de tout sexe l'effusion de la foi, de la charité et de la reconnaissance.

ET l'Église chrétienne 299

L'édit du 13 Juin 313, qui assurait la liberté de tous les cultes, mettait fin à 249 ans de haine, de dévastation et d'impiété.

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