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L'EMPEREUR TRAJAN ET SA COLONNE

Le troisième persécuteur des chrétiens, l'empereur Trajan mourut en Cilicie, dans la 20"* année de son régne, et la 117""' de J.-C.

Ses cendres furent transportées à Rome, et ensevelies au pied de la colonne qui porte son nom, et qu'il avait fait élever pour servir

de témoignage immortel de ses victoires devant la postérité.

Cette colonne subsiste encore aujourd'hui ; elle est en marbre de Carrare, et se compose de 23 blocs si parfaitement unis ensemble par des crampons de bronze qu'elle paraît être d'une seule pièce. Elle est comme revêtue extérieurement d'un bas-relief en spirale qui en fait 23 fois le tour. C'est un poëme en marbre qui célèbre les victoires de Trajan sur les Daces. Deux mille cinq cent figures ont l'air de se mouvoir dans cet immense bas- relief où sont retracés tous les épisodes d'une campagne militaire.

La colonne triomphale avait été érigée au milieu du magnifique forum de Trajan, et était surmontée jadis de la statue de cet Empereur en bronze doré.

Aujourd'hui la statue de bronze qui la domine, c'est celle de l'humble batelier de la Ga-

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lilée,du pauvre pêcheur Pierre, crucifié sous Néron.

0 prodigieux changement des choses humaines !

Les merveilles du forum de Trajan ont disparu ; il n'en subsiste plus autour de sa colonne que des tronçons informes de fûts déterrés du sol où ils étaient enfouis, ruines éloquentes, qui semblent proclamer devant tous les siècles le néant des grandeurs milijaires par rapport aux grandeurs impérissables de la Religion.

Rome a cela de particulier entre toutes les villes du monde que le triomphe du Christ sur la société païenne s'y retrouve et y apparaît presque partout comme un fait séculaire d'une signification toujours éclatante et toujours nouvelle : c'est le fait capital qui résulte de l'aspect de ses monuments, de ses débris, de tout son extérieur; c'est la grande

leçon qu'elle donne, c'est le souvenir indestructible qu'elle retrace à tous ceux qui viennent la visiter.

Suivant les traditions ecclésiastiques, son évô [ue Evariste aurait subi également le martyre dans la persécution de Trajan : il eut pour successeur sur le siège épiscopal Alexandre, Romain de naissance, qui l'occupait encore au moment de la mort de ce prince.

RÈGNE DE L'EMPEREUR ADRIEN Extermination des Juifs

Trajan n'avait point laissé d'enfants: après sa mort, son cousin Adrien, Espagnol comme lui de naissance, fut élu Empereur par les légions, et reconnu par le sénat

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Ce prince, dés les premières années de son règne se proposa d'anéantir la nationalité Juive.

Il commença par changer le nom antique de la ville de David en celui d'Œlia Capitolina ; il y fit bâtir des autels à tous les dieux, et pour atteindre plus sûrement les Juifs dans leur inviolable attachement à la loi de Moïse; il leur défendit sous peine de mort de circoncire leurs enfants.

Les Juifs poussés à bout se révoltèrent une dernière fois vers l'an 133 de J-C. et mirent à leur tête un nommé Barcochébas qui se faisait passer pour le Messie toujours attendu. Les horreurs delà dernière guerre Juive sous Vespasien se renouvelèrent. Près desixcentmille Juifs périrent; toute la Judée fut dévastée, et ce qui resta du peuple fut réduit en esclavage. Une immense multitude do captifs furent vendus sur les marchés de Térébinthe et de Gaza.

Jérusalem ne conserva plus aucun des souvenirs de sa gloire passée. Les pierres qui avaient servi à la construction du temple furent employées à bâtir un théâtre. Sur l'une des portes on plaça un pourceau de marbre, animal le plus immonde pour les Juifs. Une idole de Jupiter fut érigée sur l'emplacement du Saint-sépulcre. Une statue de Vénus fut dressée sur le Calvaire; un bois sacré fut planté à Bethléem. Les lieux sanctifiés par la crèche de Jésus furent consacrés au culte d'Adonis. Enfin défense fut faite aux Juifs dispersés d'entrer à Jérusalem, ni même de regarder cette ville, objet de leur amour; ils obtinrent seulement une fois par an d'aller pleurer sur ces ruines qu'ils ne pouvaient effacer de leurs souvenirs.

On voit par ces détails que l'Empereur Adrien, en exterminant les Juifs, croyait abolir ou profaner en même temps le culte

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des Chrétiens qu'il regardait comme une secte issue du Judaïsme.

Il n'avait rien changé du reste aux dernières décisions de Trajan par rapport à ces contempteurs des dieux de l'Empire, en sorte que sous son règne, s'il n'y eut pas de persécution générale, les chrétiens ne s'en trouvèrent pas moins exposés à lahaine des païens

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