‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 101 sur 122 · Lampr.^ Alex,<i ch. vi-Yti · texte numérisé non relu

Lampr.^ Alex,<i ch. vi-Yti

Alexandre, qu'on appela bientôt Sévère, âgé alors de quatorze ans, avait eu dans Mammée, fille de Julia Mœsa, une mère aussi sage, aussi habile et aussi vertueuse que la mère d'Héliogabale l'avait été peu. Sohemie, la prêtresse du Soleil, était bien le type des superstitions vieillies et môme criminelles de TAsie. Mammée, au contraire, était le produit de la haute éducation gréco- asiatique de ce temps, perfectionné cependant par la pratique romaine. Elle avait conservé de sa grand'tante, Julia Domna, la femme de Septime Sévère, le goût des compagnies et des entretiens philosophiques. Rhéteurs et poètes latins et grecs, philosophes et théosophes, alexandrins et juifs, docteurs chrétiens môme, s'il est vrai que le célèbre Origène la connut, se rencontrèrent auprès d'elle et contribuèrent à former son esprit à la fois élevé, tendre et viril. De l'enseignement chrétien dont elle fut touchée peut-être, elle comprit et pratiqua les devoirs qu'une mère contracte envers son enfant. Veuve de bonne heure, Mammée donna pour précepteurs à son fils les hommes d'origine fort diverse, comme on voit, mais distingués et bien choisis, qu'elle attirait auprès d'elle; elle surveilla elle-même son éducation et garda longtemps sur lui une grande autorité. Le jeune homme parla de bonne heure les deux langues alors nécessaires, la grecque cependant plus facilement que la latine, de même que son esprit resta plus imprégné des idées morales, un peu vagues de la philosophie orientale, que du stoïcisme plus précis de rOccident. Il versifiait aisément. Sa mère ne le laissa pas étranger aux arts : il savait peindre, jouer de la lyre, chanter surtout. Mais, comme elle en voulait faire un homme, et au besoin un empereur romain^ elle eut soin de le faire accoutumer aussi aux violents exercices de la paume, du cheval et au métier des armes. L'éducation morale d'Alexandre, qui dépendait surtout de Mammée,

fat, s'il est possible, encore plus soignée. Mammée, sans le condamner au rigorisme stoïcien, l'accoutuma à la frugalité dans ses repas, à la simplicité dans ses vôtements, à la modestie et à TafiTabilité dans ses relations avec tous; elle le tint éloigné surtout des mauvaises compagnies et du culte encore plus dangereux de son cousin Tempereur Héliogabale * . Jeune, beau, bien fait, plein dosante, Tair déjà martial, et ayant dans les yeux un éclat difficile à soutenir, c'était un empereur qu'on aimait d'avance pour ses qualités morales et physiques.

Mammée peut être regardée comme la première impératrice régente qui ait à Rome officieusement gouverné ; et elle mérita de le faire. Peu éblouie par la possession d'un pouvoir qu'elle avait vu perdre plusieurs fois d'une manière si malheureuse, elle maintint son fils dans la simplicité sévère à laquelle elle l'avait toujours accoutumé. One simple toge blanche, avec une bande de pourpre, sans pierreries, sans ornements, et, dans les cérémonies, la chlamyde d'or sur les épaules, composèrent son vêtement. Les friperies et les oripeaux du dernier règne furent vendus, l'or et les pierreries offerts en hommage aux dieux. On ne dut plus saluer Alexandre Sévère à la manière des Orientaux. Son palais resta ouvert à tous; il n'eut point de nomenclateurs auprès de sa personne ; sa mémoire put y suppléer ; des portiers au palais furent chargés seulement d'éviter l'encombrement de la foule. Affable pour tous, plein de respect pour les personnages d'âge et de distinction, Alexandre lui-même demanda qu'on lui parlât comme à un sénateur, et dans les lettres qu'on lui adressait, ne souffrit que l'appellation t d'empereur. »

Dès les premiers jours, le nouvel empereur régla l'em-

i. LAmpr., Alex,^ 6, 13, 35. — Hérodien, 5. -^ Dion^ lxxix.

ploi de sa journée, et adopta un genre de vie dont il ne se départit plus. La première chose qu*il faisait le matin, avant le jour, c'était de s'enfermer dans son oratoire (torarium). Sa mère, poussant plus loin encore que d'autres un éclectisme alors assez répandu, y avait disposé, avec les statues des meilleurs princes, celles d'Orphée, d'Apollonius de Tyane et de Jésus. C'était en sortant de là qu'Alexandre s'enfermait tout le temps qu'il fallait avec ses ministres, pour l'expédition des affaires publiques, sans jamais montrer ni ennui ni fatigue. Il gagnait ensuite, à l'aide d'une promenade ou de quelque exercice physique, l'heure de son dîner, qui était frugal, composé ordinairement de laitage et d'œufs, et pendant lequel il signait encore, en y faisant quelquefois des corrections, les nombreuses lettres et décisions que lui apportaient ses secrétaires, traités avec une familiarité décente. L'après-dtner, il lisait de préférence la République de Platon, le Traité des devoirs de Gicéron, Virgile, qu'il appelait le Prince des poètes, et quelques ouvrages grecs que l'historien ne nous nomme pas. Le bain et quelques visites à des amis terminaient le jour. La soirée, toujours consacrée chez les Romains aux plaisirs, réunissait l'empereur, sa femme, le préfet du prétoire et quelques invités, à un repas modeste, sans luxe de table, de vêtement ou de domestique. L'impératrice elle-même, Memmia, qui mérita l'éloge de n'avoir point fait parler d'elle, n'avait, comme les autres dames romaines, qu'un réseau, des boucles d'oreilles, un collier de perles, et toujours le môme manteau semé d'or et la même robe de cérémonie, où il n'y avait pas plus de six onces de ce métal. Deux diamants d'une grosseur prodigieuse destinés à l'impératrice furent consacrés à Vénus. L'ordinaire des repas impériaux était réglé, pesé d'avance selon le nombre des convives ; on ne s'en écartait que les jours solennels, où on l'aug-

ALEXANDRE SÉYËRE. > 367

mentait d'une oie ou d'un faisan ; Alexandre, comme un père de famille, distribuait lui-même le pain et les viandes. Pendant le repas, la littérature faisait le sujet de la conversation ; si elle tarissait, Alexandre faisait prendre et lire un livre grec*.

Le gouvernement ne changea pas moins que le prince. Mammée éleva à la préfecture du prétoire l'homme le plus célèbre de ce temps par sa science et sa vertu, et le plus considérable peut-être de tout l'empire romain par son génie, le jurisconsulte Ulpien. Après avoir chassé les prêtres, les eunuques, les bouffons du règne précédent, celui-ci remplit les quatre bureaux d'État d'hommes de loi, parmi lesquels étaient les jurisconsultes Paul et Modestin ; puis il composa de cinquante des meilleurs sénateurs et des plus lettrés, ou des plus vertueux, tels que Quintilien Marcellus, Sabinus, Gordien, un vrai conseil de gouvernement, un conseil d'État, qui se réunit régulièrement, et dans le sein duquel on prépara toutes les mesures auxquelles l'adoption du sénat et la volonté de l'empereur donnèrent force- de loi. D'anciens officiers, des soldats môme, ou des hommes qui avaient des connaissances particulières sur les frontières ou sur la géographie de l'Empire, formèrent également un conseil spécial sur les affaires militaires. Pour attacher à Alexandre Sévère comme une double conscience, Ulpien habitua enfin son souverain à rendre compte de tous ses actes publics ou particuliers devant de simples écrivains, rédacteurs chargés de les publier après s'être assurés de leur authenticité. Le despotisme militaire devenait une monarchie tempérée par les conseils des meilleurs ou des plus expérimentés, et par le contrôle de la publicité.

Cette prise de possession si vigoureuse et si nette du

i. Hérod. 6. Dion Lxix. Lampr. Alex.^ IK, 16, %h, 68.

pouvoir par le préfet du prétoire Ulpicn faillit amener un conflit avec Mammée. Soit ambition, soit crainte même d'un si puissant génie, Mammée devint jalouse de sa créature ; elle se crut dépossédée à la fois comme impératrice et comme mère, et tenta de disputer son fils à Ulpien. A la faveur de quelques dissentiments, les corrupteurs du dernier règne, les instituteurs de cour qui avaient été chassés, se glissèrent de nouveau au palais, essayèrent de reprendre leur influence. L'autorité d^Ulpien fut un instant menacée; quelques-uns des honmies les plus recommandables introduits à la cour, furent éloignés. Le nouveau règne faillit glisser, avec un prince si jeune et si tendre encore aux conseils, sur la pente du vice. La fermeté d'Ulpien, la sagesse de Mammée, les bonnes intentions d^Alexandre Sévère triomphèrent de ces difficultés : les corrupteurs furent chassés ; un des préfets du prétoire, collègue d'Ulpien, sacrifié peut-être, et ceux qu'on avait exilés rentrèrent. Mammée sut faire obéir son cœur à sa raison; et Ulpien, plus puissant que jamais, devint le véritable ministre d'Alexandre Sévère.

Le jeune empereur conserva en effet de ce danger un souvenir qui le mit toujours en garde contre les méchants et les flatteurs. Un de ses secrétaires, qui lui avait fait un faux rapport, eut les nerfs des doigts coupés pour qu'il ne pût désormais écrire. L'empereur prit soin, comme aux mystères d'Eleusis, qu'il n'entrât dans son palais que des personnes exemptes de tout reproche, afin que les méchants ne pussent parler à lui, à sa mère et à sa femme. Entendait-il un flatteur, il le renvoyait en le persiflant; voyait-il un méchant, il s'écriait avec le rouge de la colère au front : t Quoi ! Arabinus vit, ô divin Jupiter, et il se présente devant moi !» Il ne supportait point même qu'on fît montre et surtout profit d'avoir du crédit sur sa personne. Turinus avait ses entrées au palais; il se van-

tait de tenir Toreille da prince et trafiquait^ avec ses connaissances, des recommandations qu'il ne faisait pas. Alexandre tendit un piège à ce vendeur de fumée, comme on appelait à Rome cette sorte de personnage; iJ le surprit en flagrant délit, et le condamna, un peu sévèrement^ à mourir entre deux bûchers allumés, étouffé et puni par la fumée qu'il avait vendue à ses dupes. Depuis celte leçon, Alexandre Sévère ne voulut plus admettre personne à lui parler d'affaires, si ce n'est en présence d'Ulpien, le seul homme de l'empire en qui il eût confiance. Il ne put se passer désormais de Jui, et l'eut toujours à ses côtés, même à sa table, où il l'admit chaque soir^

On vit alors le jurisconsulte Ulpien tenter, avec Alexan^ dre Sévère, Tœuvre difficile de fortifier l'Empire militaire par des institutions civiles appropriées au gouvernement d'un seul.

Le sénat, épuré (il en avait besoin après le règne d'Héliogabale), fut reconstitué, non pas cependant comme sous Auguste, au seul gré des intérêts ou des caprices du maître. Les sénateurs conservés furent autorisés à se compléter eux-mêmes, mais avec injonction de donner leurs voix aux hommes les plus recommandables, s'ils ne voulaient être précipités dans les dernières classes. Des honneurs et des devoirs devinrent leur apanage. Parés des titres de clarissimes^ ils eurent droit à la litière, à la voiture garnie d'argent ; mais ils durent s'abstenir de prê« ter à usure. On remarque que sous Septime Sévère, les constitutions remplacèrent décidément les sénatus-consuites^ qui cessèrent de régler le droit. Ce fut sans doute encore une diminution de la puissance sénatoriale. 11 faut remarquer cependant que le comité particulier formé de cinquante sénateurs préparait ces lois ; et l'historien Lam-

i. Hérod. 6. Lampr. 29, 30,

pride nous assure que le sénat continua à les discuter. Cette assemblée recouvra en outre le droit assez important de désigner les gouverneurs de province, sur rinvitation de l'empereur; elle prit même part au choix du préfet de Rome et du préfet du prétoire : c'était entrer presque en partage des attributions du pouvoir exécutif. Ulpien voulut sans doute par là donner un gage, bien nécessaire à Rome, au pouvoir civil contre le pouvoir militaire. Une garantie aussi considérable fut Texemple que commença à donner Ulpien, de séparer aussi dans les provinces les pouvoirs militaires et civils, première condition d'une bonne administration. La vieille distinction établie par Auguste entre les provinces impériales et les provinces sénatoriales cessa. Ulpien envoya des présidents ou gouverneurs civils dans les provinces frontières comme dans les autres. Cette distinction n'avait plus en effet de raison d'être ; Alexandre Sévère disait t qu'il y avait des offices pour les militaires et d'autres pour les lettrés; qu'il fallait que chacun fît ce qu'il savait, »

Cet empereur porta alors la plus scrupuleuse attention sur le choix des agents de son pouvoir. Il préférait les hommes modestes qui se dérobaient, aux solliciteurs effrontés. Pour couper court aux abus, il institua des salaires pour les assesseurs, pourvut abondamment aux frais et à l'entretien des gouverneurs, et porta des peines sévères contre la vénalité et les concussions, c II faut nécessairement, disait-il, que celui qui achète la justice la vende. Je ne souffrirai pas qu'on fasse commerce de pouvoir et de justice. Vendre une place de juge, c'est établir que la justice se vend et m'ôter à moi-même le droit de punir ce trafic, puisque j'en ai donné l'exemple. » La faveur même ne fut plus de saison. Ses amis et ses parents ne lui paraissaient-ils point dignes d'exercer des charges ou méritaient-ils d'en être dépossédés, il disait

que < la république lui était plus chère que ses parents et ses amis. » Ils crut enfin avoir trouvé un bon moyen de ne plus égarer sa faveur; et cette inspiration lui appartient en propre. Il ût afficher les noms de ceux qu'il voulait revêtir de quelque magistrature, afin que chacun pût élever contre le candidat plainte et accusation justement prouvée. C'est une coutume qu'il avait prise, dit Lampride, desJuifs ou des chrétiens, qui l'observent dans le choix de leurs pontifes, t II serait honteux, disait l'empereur, de ne point observer à l'égard des gouverneurs de provinces, à qui sont confiées la fortune et la vie des citoyens, ce que pratiquent publiquement les Juifs et les chrétiens dans le choix de leurs pontifes ^ »

Sous cette impulsion honnête et vigoureuse, l'administration se régularisa. La célèbre constitution de Caligula, qui donnait le droit de citoyens romains à tous les habitants de l'Empire, n'avait encore été appliquée qu'au profit du fisc. Sous Alexandre Sévère, les provinces commencèrent à en ressentir les avantages. La taxe des héritages, qui s'était étendue à tout l'Empire, put être réduite au trentième, et permit même de diminuer les tributs et de remettre parfois l'or coronaire. Les impôts furent diminués au point qu'on fut obligé de frapper de la petite monnaie d'or pour qu'on pût les acquitter en détail^. La capitale et les provinces n'y perdirent rien. Alexandre Sévère trouva, dans son économie privée, le moyen de soutenir de ses deniers les familles nobles ruinées, sans qu'il y eût de leur faute ; il fit restaurer et achever plusieurs monuments, rendit au peuple les distributions d'huile, y ajouta celles de viande, et aida quelques provinces ou villes dans leurs besoins. Ce fut lui également qui ajouta aux

1. Laïup., 19, 21, 40, 46. — Cyprien, Epist 33. 3. Lampr., 25, 36, 39.

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traitements faits déjà aux professeurs de rhétorique, de grammaire, de médecine, ceux des professeurs de mathématiques, d'architecture, môme de l'art divinatoire; et il fonda des espèces de bourses pour les enfants pauvres qui assisteraient à ces leçons. Il eat l'idée heureuse d'assurer dans les provinces Tenlretien des avocats qui plaidaient pour rien, des avocats des pauvres; à Rome, celle des médecins gratuits. Les provinces ne gagnèrent pas seulement des avantages, mais des droits à cette nouvelle administration. Les vieilles différences municipales entre les villes de droit latin^ italique^ les préfectures^ etc., tendirent à disparaître. Le régime uniforme de la curie^ magistrature communale composée des plus imposés, commença à se généraliser, pour assurer pendant quelque temps la prospérité de l'Empire. S'il faut admettre les conséquences tirées judicieusement par M« Augustin Thierry, d'une inscription trouvée en Gaule*, les assemblées provinciales, dont les droits étaient presque nuls, purent même alors exercer une sorte de contrôle sur les plus hauts magistrats, sur les gouverneurs, au point d'avoir le droit de les accuser.

Une tendance nouvelle caractérisa surtout ce gouvernement d'hommes d'affaires. Ulpien devina comment on pouvait enrichir l'État en même temps que la société, en protégeant le commerce, l'industrie, et en prenant de bonnes mesures économiques. Les marchands furent attirés à Rome par des avantages particuliers, afin d'assurer l'approvisionnement de la grande ville. Dans la cité guerrière et oratoire, près du forum abandonné, s'élevèrent des fabriques, mechanica opéra. A mesure que l'esclavage diminuait, il fallait favoriser et organiser le travail libre. Les ' corporations des marchands de vin, de légumes» des tail-

i. Histoire de la Gauie sous l'administration romaîM* 2« ▼•,p« 114.

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leurs, des tisserands, furent reconnues et eurent' des dé» fenseurs particuliers. Les verreries, pelleteries, bijouteries, industries de luxe, furent imposées. Ces mesures n'étaient pas toutes bonnes ; mais il y avait louable effort à s'occuper de la matière. Une année, on se plaignit fortement à Rome, et peut-être dans les provinces, de la cherté de la viande ; on demandait à l'empereur de fixer un wtmmum de vente. Alexandre rendit une ordonnance plus sage, qui détermina l'âge, le temps où il fallait mener le bétail à l'abattoir, et particulièrement les vaches et les laies mères et laitières. Dans un temps où Tintérôt privé était imprudent et aveugle, où la corruption du goût allait jusqu'à préférer sur la table la viande de truie pleine, cette mesure suffit pour faire diminuer le prix de la viande au bout de deux ans ^

Quelques divergences séparèrent Alexandre Sévère de son ministre. Imbu des idées hiérarchiques de l'Orient, Cet empereur eut un jour l'idée d'imposer un costume particulier aux différentes classes des citoyens, une sorte d'uniforme même aux différents dignitaires et fonctionnaires de l'Empire. Ulpien, plus Romain, s'y opposa, objectant à l'empereur que ce serait créer entre les citoyens ainsi marqués extérieurement, même dans la vie ordinaire, une nouvelle source d'envie, de rivalités et de querelles. Alexandre se rendit aux raisons d'Ulpien. Une simple bande de pourpre plus ou moins large pour les sénateurs ou les chevaliers, suffit pour distinguer les classes et les fonctions. L'empereur, en revanche, portait dans le gouvernement une recherche de moralité et de délicatesse particulières. Il ne voulait point que l'argent qui provenait des impôts mis sur le commerce des esclaves et sur les maisons de débauche entrât dans le tré-

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