‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 108 sur 122 · Eugèbe, Vie de Const, i, c · texte numérisé non relu

Eugèbe, Vie de Const, i, c

2. Comparez Texpression d'Ëusèbe 6eo9T)fA(a avec le mot ordinaire ÂiooT)(fceTov.

ses tourments. Il interrogeait Apollon : Apollon ne lui répondait plus.

Est-ce dans un de ces moments d'angoisses que Constantin, à la fin d'une marche laborieuse, ainsi qu'il le raconta six ans plus tard à Eusèbe, avec des souvenirs rendus plus précis par l'événement, démêla, reconnut au ciel, à la chute du jour (rtèfi r^ç -niAipoLç àiroxXivou(y^ç), rembième bien connu des chrétiens? L'esprit encore plein de cette vision, après cette mémorable étape, il cherchait le repos de Tâme et du corps dans le sommeil, quand il y retrouva encore, selon Lactance et Rufin, l'objet de ses incessantes préoccupations. Un vieillard vénérable lui présenta de nouveau ce signe, et lui assura « que, par lui, il vaincrait ses ennemis. » Païens et chrétiens mêmes, à cette époque, tenaient encore grand compte des songes et des signes. Constanlin consulta ses familiers. La plupart des empereurs avaient alors leur dieu préféré et adoptaient leurs emblèmes spéciaux comme protecteurs et garants de leur fortune. Constantin, avant de passer en Italie, fit pendre à la barre transversale du labarum, à l'étendard de l'Empire, un voile de pourpre avec le monogramme du Christ. Ce fut sous la protection de ce signe qu'il se présenta, deux mois après (312), à la descente des Apennins, par la voie Flaminienne, dans la vallée du Tibre.

Maxence était sorti de Rome pour marcher au-devant de l'ennemi ; il avait traversé le fleuve par le pont Milvius, et se déployait dans la plaine. L'inquiétude était dans son armée. Un temple de la Fortune venait d'être récemment brûlé à Home, et le peuple s'était vengé sur

i. On sait qu'Eusèbe ne parle de Tappantion de la croix que dans sa Vie de Constantin et point dans son Histoire ecclésiastique» Les détails du songe ne concordent pas dans Lactance et dans Rufin. — Eusèbe, Vie de Const,, i, c. 27. — Lact., Mort, Pers.y c. 44. — Rufin, Hist, eccL, 1. ix^ c. 9.

un chrëlien, probablement, qui avail ri de ce mallieur; au moment même où Maxence élait sorti de la ville, une volée de chouettes de mauvais augure s'était échappée avec de lugubres cris. Les soldats de Constantin étaient pleins d*ardeur; quelques-uns, par esprit d'imitation, avaient gravé plus ou moins grossièrement sur leurs cpées ou leurs boucliers la croix ou le monogramme adopté par Constantin. La bataille ne fut point fort longue. Les Italiens, les alliés de Maxence lâchèrent pied sous la première charge de la cavalerie germaine. Les prétoriens seuls, qui ne pouvaient espérer de grâce, se firent tuer sur place. Entraîné par la foule des fuyards, Maxence voulait repasser le Tibre. Porté, étouffé, culbuté, sans que personne eût souci de lui, il tomba au milieu de sa précipitation, avec beaucoup d'autres, par-dessus le parapet du pont Milvius. Constantin vainqueur fut reçu, dans la ville encore presque toute païenne, par le sénat et le peuple romaiu, comme s'il n'était pour eux qu'un nouvel empereur, changement auquel on était bien accoutumé. A l'oubli involontaire ou calculé que commit le nouveau venu, en n'allant point rendre grâce au Capitole, on put s'apercevoir que le vieux Jupiter protecteur avait essuyé un échec avec Maxence, son protégé.

Maître de Rome, Constantin fit périr tous les parents de Maxence, selon la politique païenne, déjà reniée cependant par les meilleurs empereurs; il traita le sénat avec honneur, cassa les prétoriens et donna au peuple quelques jeux. Vainqueur, il se fit ériger une statue à Rome. Elle tenait en main le labarum, où l'on pouvait voir encore l'étendard impérial ou la croix chrétienne. Au bas, on lisait cette inscription : < Par ce signe protecteur du vrai courage, j'ai délivré votre ville de la tyrannie *. » Sur l'arc de

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