‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 19 sur 122 · Tac, Ann.j m · texte numérisé non relu

Tac, Ann.j m

Mai'cellus, préteur en Bithynie, était poursuivi pour péculat en même temps que pour paroles offensantes contre Tibère. Dans cette affaire l'empereur, un peu trop prompt, après avoir dit « qu'il voterait tout haut, » recula devant la franche hardiesse de Pison, qui voulut savoir alors t dans quel sens le maîlre opinerait, pour être sûr de ne point se tromper et de ne point déplaire*.» Lorsque le sénat eut cependant condamné Marcellus, Tibère diminua sa peine. Tacite fait bon marché des motifs sérieux de l'accusation contre Libon, pour s'appesantir sur de futiles et ridicules détails. Mais Suétone nous apprend que Libon avait trempé dans la conjuration de Clemens en faveur d'Agrippa Poslhumus. L'empereur devait avoir de fortes raisons de se défier de ce sénateur : un jour que celui-ci sacrifiait avec lui, Tibère lui donna un couteau de plçmb ; lorsqu'il admettait ce sénateur à lui parler, en présence de son fils Drusus, il lui tenait toujours le bras droit par précaution, comme pour s'appuyer sur lui *. Tibère refusa enfin de laisser augmenter son pouvoir. Après un procès de concussion, le sénat voulait lui conférer le droit dkirrêter toute candidature au gouvernement des provinces, quand il croirait trouver des raisons contre un candidat dans l'intérêt de la république ou dans la moralité de la personne, t Les misérables, dit-il, ils vont au-devant de la servitude; » et il déclina cet honneur 3.

Cependant Rome ne fut pas à l'aise sous ce sévère justicier. On ne lui sut pas gré de laisser l'inexorable Pison poursuivre jusque dans le palais de Livie la favorite Urgalanie, qui s'y croyait à l'abri de la justice. On le voyait,

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