Remarque de Pline. Hisi, nat.y xi
CAIUS GALIGULA. 75
vir, disaiL-on, des mets qui ne convenaient qu'aux dieux, par exemple des perles dissoutes dans des acides. Ni le plaisir ni la douleur ne le touchaient plus. Ne descendaitil pas d'un dieu, d'Auguste, par l'inceste qu'il lui prêtait, pour le besoin de la circonstance, avec sa fille Julie. Caïus se montra donc d'abord, pour procéder graduellement, dans le costume, avec les attributs d'Hercule ou de Bacchus*, demi-dieux. Il prétendit être visité la nuit par une déesse, Diane, son épouse; un de ses flatteurs, Vitellius, un soir que la clarté de la lune pénétrait dans l'appartement impérial, fulpris à témoin, par lui, de la présence de la dées^^e : € Les immortels seuls^ répondit-il, se voient entre eux. » Après tout, Caïus avait la puissance des dieux de l'Olympe, ceux-ci avaient ses vices; quelle distance si grande séparait le ciel de la terre? Bientôt l'ambition de Caïus alla jusqu'à vouloir égaler, puis remplacer Apollon, enfin Jupiter. Être le plus grand des dieux comme le plus puissant des hommes, telle fut sa folie. Il joignit son palais du Palatin, la modeste maison d'Auguste, ornée maintenant avec un luxe oriental, d'un côté, au temple de Castor et de Pollux, de l'autre, par un travail gigantesque, au temple de Jupiter Capitolin. Castor et Pollux étaient ses portiers et Jupiter son frère. Mais sur le trône des dieux comme sur celui des hommes, c qui a compagnon a maître. » Caïus, rendant visite le soir à son frère du Capitole, entrait en discussion avec lui et ne lui ménageait point les menaces pour lui faire céder la place : « Tuemoi ou je te tue » était son dernier mot : ^ p «vaccp i eyw aé; Car le nouveau dieu aimait à se servir de la langue de ses pairs.
Vouloir être dieu, le croire et cherchera le faire croire au monde, tantôt par insinuation, tantôt par violence,