‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 31 sur 122 · Pbilou, l^g, adComm · texte numérisé non relu

Pbilou, l^g, adComm

CAIUS CâLIGULA. 81

gula était un fait auquel un fait seul pouvait mettre fin; et le moment était venu. Les sénateurs étaient partagés entre la crainte et la haine. Le peuple, sur lequel Caïus avait mis quelques impôts, était mécontent. Les provinces pillées par le maître, comme la Gaule et la Germanie, menacées comme la Judée, ou laissées en proie aux gouverneurs, murmuraient. Tout le monde, à cette époque violente, avait le sentiment qu'on ne pouvait sortir d'une situation si singulière que par une sorte de coup d'État contre le maître, un sacrilège contre le dieu. Déjà deux conspirations avaient été tramées, d'abord par deux princesses de la famille impériale, puis par quelques sénateurs, lorsque Cassius Chéréas, tribun d'une colioi te prétorienne, réussit où les autres avaient échoué.

Caïus avait fait de ce tribun, dont la voix grêle laissait soupçonner quelque vice physique, le but continuel de ses plaisanteries les plus insultantes. Chéréas s'entendit avec quelques officiers et quelques nobles pour délivrer Rome et pour se venger. Après avoir plusieurs fois remis Texécution de leur projet, les conspirateurs Texécutèrent enfin le jour de la célébration des jeux palatins. Caïus s'était arrêté à parler avec quelques acteurs, sous une voûte qui conduisait du palais au cirque, quand Chéréas et ses compagnons l'assaillirent par devant et par derrière. Frappé de deux coups et renversé: « Je suis vivant! » s'écria Caïus, comme pour se réclamer encore de son immortalité. «Encore, encore! » crièrent les assassins, et le dieu expira sous vingt blessures*.

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