Suet. CL, 20, 21, 34.— Dion, lx
prisaient le travail; on comprend leur rire, on ne s'y associe plus.
La censure, la préfecture des mœurs avait été la plus importante affaire du règne d'Auguste. La censure de Claude est célèbre aussi à plus d'un titre. Le fondateur de l'empire avait compris que ce n'était rien de créer un nouveau gouvernement s'il ne réformait, s'il ne refondait la société romaine. Elle en avait encore plus besoin sous Claude. La cité dépérissait par la décadence de l'aristocratie, par la corruption effroyable du peuple, par l'intempérance de l'affranchissement mal réglé, par la plaie tous les jours plus hideuse de l'esclavage. Ce n'était point que le nombre des citoyens diminuât; au contraire, de cinq millions, il était monté à près de six millions sous Claude. Mais la noblesse s'éteignait; des familles patriciennes delà république, il n'en existait plus; de celles qu'avait créées César et Auguste, on en comptait à peine quelques-unes. La richesse se concentrait en un petit nombre de mains *. Le nombre des citoyens s'était augmenté, mais moins par la prospérité et par Taccession de nouveaux citoyens investis du droit de cité, que par Pexcès des affranchissements, ou plutôt par l'anarchie qui y présidait. C était un heureux mouvement sans doute, à un point de vue général, que celui qui élevait la population de l'esclavage à la liberté ; mais il était pernicieux parfois au point de vue moral. Le caprice du m:iîlre, plus que la moralité de l'esclave, donnait en effet la liberté. L'affranchi du jour avait trop souvent les goûts de l'esclave de la veille, avec l'insolence de plus pour les étaler, et l'ingratitude qui se venge môme de la main qui l'a délivré. La liberté ne s'enrichissait guère que des vices de l'esclavage. En dépit des affranchisse-