Tacite, Ànn, xin, 8. — Soét. Nér
II avait plus de confiance dans les inspirations de sa lyre que dans celles de son cœur '.
L'éducation morale et politique de ce jeune homme, assez mal doué, fut tout à fait faussée par sa mère et par son précepteur. Quand Agrippine voulut perdre auprès de Claude celte Lepida qui avait recueilli Néron, qui l'aimait encore , elle la fit dénoncer par son fils. Néron remplit intrépidement son petit rôle de délateur ; sa mère lui avait enseigné elle-même le parricide. Des deux premiers discours que Sénèque mit dans la bouche de son élève pour ouvrir son règne, l'un, prononcé au forum lors des funérailles de Claude, louait, exaltait le caractère, le gouvernement, l'esprit de son père adoptif ; l'autre, qui promettait de faire justement le contraire de ce qui avait été fait sous le règne précèdent, en était la plus effrontée condamnation. On rit du mort au forum ; on applaudit le vivant au sénat. Néron apprit que l'empire, l'apothéose étaient une comédie. Ne le trouvait-on pas plaisant quand , faisant allusion à la mort de son père adoptif, il disait que « les champignons étaient le plat des dieux ? »
Les paroles avec lesquelles Tacite ouvre le livre de ses Annales qui suit la mort de Claude^ sont singulièrement instructives, t Le premier crime du nouveau règne, ditil, fut le meurtre de M. Silanus. » C'était encore une des victimes de cette malheureuse famille dont tous les membres étaient destinés à la hache du licteur. « Le second crime fut le meurtre de l'affranchi Narcisse. » Ce dernier s'était opposé au mariage d' Agrippine avec Claude, et avait soutenu dans l'affection de celui-ci son propre fils, Britannicus, contre son fils adoptif, Néron. Instruite des habitudes de la politique impériale, Agrippine crut de-