Tacite, Ann, xiv, 16. — Suet., Nér
voir sacrifier ces deux, victimes à la sécurité de son fils , la dernière cependant plus particulièrement à sa vengeance. Ce furent ses propres crimes, ou plutôt ceux de l'empire. Rien ne prouve mieux que ce brusque commencement de l'auteur des Annales^ combien le crime était dans les ressorts de ce gouvernement. Néron ne devina que trop tôt ce fatal secret, n'exerça que Irop vite cet art funeste, et aux dépens de ceux qui les lui avaient appris.
Un vice nouveau des institutions, ou plutôt de l'absence d'institutions dans l'empire, fat mis à nu par Tavénement de Néron, et engendra toutes les conséquences qui rendirent son règne abominable. Néron n'avait que dixsept ans quand il parvint à Tempire; il était mineur d'âge et de raison. Bien que sa mère eût pris soin de le faire investir par Claude du privilège d'occuper toutes les magistratures avant Tâge de vingt ans ; bien qu'il eût accepté plus vite que ses prédécesseurs, et d'autant plus volontiers qu'il ne pouvait ni les remplir ni leur faire honneur, tous les titres, toutes les charges, sauf le titre de Père de la patrie qu'il eut la modestie de refuser, Néron n'était pas en état de gouverner. Sur qui allait retomber le poids, la responsabilité du gouvernement? Agrippine crut que cet honneur lui revenait. Fille, épouse, sœur et mère de Césars, dans un temps où d'ailleurs les mœurs relevaient la femme , elle s'estimait à la hauteur de ce rôle. Elle prit donc place dans les cérémonies publiques sur le siège impérial à côté de son fils; elle reçut de là les ambassadeurs; elle adressa des lettres aux généraux. Son image fut représentée à côté de celle de son fils sur les monnaies^ Le sénat vint tenir ses séances au palais impérial, afin que derrière une apisserie, invisible et présente, elle