‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 48 sur 122 · Jd., iind., xyi · texte numérisé non relu

Jd., iind., xyi

nèrent. Un hypocrite de stoïcisme, Celer, au grand scandale de la secte, donna le signal en dénonçant son propre élève. Mais le plus souvent un ordre de Néron à la victime, un message au sénat suffirent. On ne se donna pas même la peine de trouver des chefs d'accusation plausibles. « Nul, disait Néron, n'avait su avant lui ce que pouvait un empereur. » Cassius dut sa mort aux images de ses ancêtres conservées dans sa maison; le dernier des Silanus au triste avantage d'avoir été oublié jusque-là. Ceux-là étaient des stoïciens. Le digne peintre des mœurs de ce temps, qui mettait les recherches de Térudition dans le faste, et introduisait dans la corruption les grâces cyniques, l'ordonnateur des fêles de la cour, Pétrone, arbitre du bon goût dans l'orgie, finit par effrayer le maître lui-même de la supériorité de son génie dans la science du règne. Quand il reçut l'ordre de mourir, il se fit ouvrir, puis fermer et rouvrir les veines ; il alterna le sommeil et la veille pour finir doucement, et dicta au dernier moment la salire de son meurtrier, se réservant, en fidèle disciple d'Épicure, la vengeance pour dernier plaisir. En lisant Tacite*, on quitte, on reprend, on rejette ce livre de mort; et pour ne point regarder cette époque comme la plus lâche de toutes, sous une si plate et si horrible tyrannie, on a besoin de contempler les trépas de Sénéque et de Thraséas.

Le vieux rhéteur commençait, depuis quelque temps déjà, à ne plus envisager l'inconstance de la fortune comme un thème de déclamation, mais comme une réalité. Dans son palais doré ou à l'ombre de ses jardins, il s'exerçait à la pauvreté. Il agitait, retournait alors avec plus d'inquiétude réelle que de subtilité, la question du suicide et de la mort. Quand il reçut son arrêt de la main

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