‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 53 sur 122 · P!nt., GûMo · texte numérisé non relu

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épargnaient ceux que Galba voulait punir, punissaient ceux qu'il voulait gracier, et vendaient à beaux deniers comptant les charges qu'il destinait aux plus dignes. Le premier écho du mécontentement éclata à l'extrémité de l'empire, au milieu des légions de Germanie.

L'armée de Germanie, qui avait manqué l'occasion de créer un empereur, venait de prêter serment à Galba, en maugréant, quand on lui envoya à souhait dans Vitellius un candidat tout fait. Dès son arrivée, celui-ci rendit aux légions les tribuns et les centurions qu'elles aimaient, leva les punitions, raya les notes d'infamie, se mit à frayer débonnairement, à plaisanter et à boire avec les chefs et môme avec les soldats. Au-dessous de lui étaient deux lieutenants, Cécina et Valens, tous deux capables de risquer un coup. L'armée du haut Rhin, commandée par Valens, fit le premier pas au nouvel an, en prêtant serment au sénat et au peuple romain , comme pour les inviter à faire un autre choix. Cécina acheva le mouvement dans l'armée du bas Rhin. A sa tête, il alla prendre Vilellius à Cologne avec quelques soldats et le proclama César *.

Galba, en honnête homme, comprit qu'il fallait en appeler des armes à la loge, si l'on ne voulait précipiter l'empire dans les derniers malheurs» Empereur des soldats, il voulut arracher aux soldats la disposition de l'empire. Il cherchait depuis longtemps un successeur auquel il pût, de son vivant, assurer le pouvoir. Son choix se fixa enfin sur l'un des personnages les plus honorables du patriciat romain, C. Pison, frère de celui qui était mort sous les coups de Néron. Il le présenta comme son fils adoptif, au camp des prétoriens, au sénat, au peuple, t II aurait pu choisir son successeur dans sa famille; il

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aimait mieux, dit-il, le prendre dans la république; les hasards de la naissance sont trompeurs; le choix d'un empereur éclairé par les témoignages de l'estime publique était une plus sûre garantie. Il aurait pu prendre un général , il prenait un citoyen. » L'adoption d'une coutume privée et de famille devenait une institution politique, une loi d'État. Le choix de Pison était de plus un hommage rendu au sénat. Mais on ne pouvait mettre plus nettement en présence la toge et les armes, la loi et les légions. Les prétoriens surtout, qui se voyaient sur le point d'être frustrés par le sénat et par les légions du privilège de disposer de l'empîre, étaient résolus à les prévenir à leur tour. Ils trouvèrent aussi Othon sous leur main *.

L'ancien mari de Poppée, relégué en Espagne par Néron, était revenu à Rome dans la litière de Galba. Il s'était mis dans les bonnes grâces de Vinius et de Lacon pour arriver à l'empire. Frustré dans ses espérances, comptant sur les prétoriens, mécontents comme lui, il gagna enfin, par son affranchi Onomaste, deux tribuns qui promirent de le faire empereur, et y réussirent en effet.

Quatre jours après l'adoption de Pison, Galba offrait un sacrifice dans le temple de Jupiter. Othon, selon son habitude, était derrière lui. Les entrailles des victimes menaçaient l'empereur d'un danger prochain, domestique. Au signal d'Onomaste, Othon quitta tout à coup l'empereur , traversa le forum et arriva à la borne milliaire. Vingt-trois soldats s'y trouvaient. Ils le saisirent, rappelèrent César, le jetèrent dans une litière, l'emportèrent au milieu de la populace ébahie et l'introduisirent dans le camp. Là, la statue de Galba est renversée. Othon monte sur le piédestal, harangue, promet le donativum^ dont Pison n'avait pas parlé , et reçoit le serment des soldats

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