‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 55 sur 122 · Suet., VitelL, B-5. Othon · texte numérisé non relu

Suet., VitelL, B-5. Othon

larmes et objurgations^ eut beaucoup de peine à calmer l'amour jaloux de ses maîtres *.

Cependant, à la nouvelle que leurs ennemis communs franchissaient les Alpes, Othon se prépara avec Tarmée prétorienne à la défense de leur commune propriété. Il composa, de gladiateurs et d'esclaves, deux légions dites Italiques, et envoya Tordre à celles de rillyrie, de la Mœsie et du Danube, qui lui étaient restées fidèles, de franchir les Alpes. Donnant enfin l'exemple lui-môme, il arriva bientôt, tout couvert de la poussière de la route Flaminienne, sur les rives du Pô, qui séparait seul maintenant les Othoniens et les Yitelliens.

L'armée d'Othon, formée de beaux hommes et bien équipés, prétoriens, gladiateurs, légionnaires italiques, connaissait moins les campagnes que les garnisons, et les batailles que les jeux. Elle avait plus de rouerie que d'habitude militaire. Pleins de confiance en eux, les soldats se croyaient tous autant de capitaines; ils discutaient le mérite, le plan de campagne de leurs généraux, les meilleurs cependant de l'empire : Suetonius Paullinus, Annius Gallus, Ceisus, dans lesquels ils voyaient autant de traîtres. Repoussés dans les premières escarmouches, ils rejetèrent la faute sur ceux-ci et ne voulurent plus être commandés que par Othon, par son frère Titianus ou par le préfet du prétoire, Proculus. L'armée vitellienne, composée de légionnaires et d'auxiliaires bataves, assez pauvrement équipés mais accoutumés aux combats, avait aussi mené ses deux généraux Gécina et Valens plutôt qu'elle ne les avait suivis ; mais elle les aimait et avait confiance en eux. Valens, une fois, fut obligé de se cacher tout un jour pour échapper à la fureur des siens. Mais un jour de bataille, il avait ses soldats dans la mnin,

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