PhU., Vit, App,^ vu, 10, 16, 23. — Tac, Âwu^ xiv
requête de sa veuve ; Arulenus Rusticus, le fils d^HelvidiusPriscus, bien d'autres succombèrent *. Dans le môme temps à peu près, moitié par avarice, moitié par esprit de persécution religieuse , Domitien étendit Timpôt mis depuis Vespasien sur les Juifs, à tous ceux qui, sans faire profession de foi juive, judaïsaient. Chez les Romains, encore inhabiles à distinguer les religions orientales les unes des autres, c'était désigner surtout les chrétiens. Des perquisitions indiscrètes, honteuses, commencèrent contre les chrétiens. Quand on ne trouva point sur eux la preuve qu'ils judaïsaient, on les accusa d'être athées. Ainsi Clemens, Domitilla, Glabrion, trouvèrent place parmi les premiers martyrs du christianisme. Domitien crut pouvoir disperser par l'exil cette nouvelle et redoutable conspiration morale. A la fin de son règne, il bannit stoïciens et chrétiens, docteurs et apôtres. Dion Chrysostome, le sophiste; Apollonius de Tyane, le thaumaturge; Arthémidore, le stoïcien, disciple de Musonius Rufus, quittèrent Rome à l'époque où saint Jean Tévangéliste fat exilé dans l'île de Pathmos*.
C'est l'honneur de la philosophie ancienne d'avoir partagé avec le christianisme la persécution de Domitien, et mêlé le sang de ses héros avec celui des disciples de Jésus. Néron avait déjà fait ouvrir les veines de Sénèque et de Thraséas, en même temps qu'il éclairait ses jardins avec des victimes chrétiennes. L'alliance de la philosophie spiritualiste et de la foi chrétienne est ancienne ; elle commence sous les coups de la même tyrannie, et presque dans le sang de communs martyres.
Différentes furent la mort de Titus et celle de Domitien, comme avait été leur vie. L'aîné de Vespasien avait as-