‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 66 sur 122 · Plin,, Ep., vn, 19, 33. -- Suet., 10. — Tac, Agrie · texte numérisé non relu

Plin,, Ep., vn, 19, 33. -- Suet., 10. — Tac, Agrie

2. Philostr., Vit, Soph.y i, 7. — Suet., Dom., 12, 15. — Tillem., Hist, ecc, II, p. 57.

sisté à une longue représentation de Tamphithéâtre, quand il se prit tout à coup à verser d'abondantes larmes, sans qu'on sût pourquoi. Malade, il se fit transporter à la campagne de son aïeule, où son père était mort. Avant de mourir, il exprima un regret: celui d'avoir commis une faute qu'il ne se pouvait pardonner. C'est un secret qu'il a emporté avec lui; on est heureux de soupçonner, dans l'urne funéraire qui renferme le meilleur des empereurs, un secret, un sentiment presque chrétien : la repentance. Cet empereur a des traits de sentiments, une mélancolie qui surprennent. Il avait des vertus singulières pour un Romain : il savait pleurer.

Le tyran Domitien finit par prendre en défiance et en haine ses affidés mômes, son préfet du prétoire, son chambellan, ses affranchis, sa femme Domitilla, et jusqu'à ces astres qu'il avait su faire complices de ses crimes. Ce fut dans son palais cependant qu'il trouva sa fin. Son chambellan, sa femme, avaient résolu de délivrer Rome de ce monstre. Ils lui cherchaient seulement un successeur. Domitien, plus soupçonneux que jamais, ne sortait presque plus. Il avait fait garnir les galeries où il se promenait de pierres phengites, qui ne laissaient personne approcher de lui sans qu'il s'en aperçût. Mais tout tourna contre lui, môme l'astrologie dont il avait fait un instrument de règne. Un astrologue, Asclétarion, lui prédit sa mort prochaine, chose facile à prévoir dans l'empire romain. — « Et toi, lui dit Domitien, quel sort t'attend ? — Je serai dévoré par les chiens. » Domitien, pour le faire mentir, ordonna de l'enterrer profondément après l'avoir fait tuer. Un orage terrible dispersa les fossoyeurs et donna raison à l'astrologue. Nerva,qui conspirait peutôtre contre lui, fut épargné sur la foi d'un autre mathématicien. La céleste délation abandonnait Domitien. Les présages s'accumulèrent : orages nombreux, rôves, prodiges.

La foudre tomba jusque dans la chambre de Domitien ; il rêva que Minerve sortait de son temple disant ne pouvoir plus le protéger. Chaque heure du jour amenait sa peur avec elle. Domitien demandait plusieurs fois par jour si l'heure qu'il craignait était passée. Entendait-il gronder la foudre : « Qu'elle frappe, s'écriait-il, plutôt aujourd'hui que demain ! >

Le 18 septembre de l'an 96, Domitien se réjouissait d'avoir vu s'écouler la cinquième heure, qu'il redoutait surtout, quand Stephanus, un affranchi, introduit probablement par l'impératrice Domitilla dans ses galeries, vint lui présenter un mémoire, une délation. Pour être plus sûr de l'approcher, il avait le bras gauche en écharpe comme s'il était blessé. Domitien lut; aussitôt Stephanus tire un poignard de l'écharpe où il était caché et en frappe Domitien. Furieux, l'empereur se précipite sur l'assassin, en invoquant Minerve sa mère, pour lui arracher le poignard des mains, se blesse, le terrasse, s'efforce de lui crever les yeux, puis le laisse pour aller quérir une arme et appeler au secours. Mais le chambellan Parthenius tenait toutes les issues; il vint bientôt avec un esclave, un gladiateur et quelques autres, prêter main-forte à Stephanus. En se débattant comme une bête fauve, le tyran succomba sous le nombre *.

1. Dion, Lxvii,15, 16. — Suet., Dom,, 14. — Phil., Vit, App., TUI, 15.

TRAIAN

Panégyrique, Satire, Histoire.

a Enfin nous respirons, à Taurore d'un siècle qui promet Tassociation si dilBcile du pouvoir et de la liberté. Nos pères avaient vu les excès de la licence; nous avons vu les excès de la tyrannie, qui n'a été égalée que par notre palience. Après quinze années d'un règne qui a vu périr les plus grands et les plus courageux de nos concitoyens, nous survivons pour ainsi dire à nousmêmes; car, il faut retrancher de notre vie le temps où, dans le silence du tombeau, jeunes nous sommes arrivés à l'âge mûr, mûrs à la vieillesse. » Telles sont les tristes et éloquentes paroles par lesquelles Tacite commence à accomplir un acte de courage et de liberté, qui était luimôme la preuve la plus éclatante du changement des temps : la biographie d'un honnête homme, Agricola, son beau-père, le conquérant de la Bretagne. Elles expriment un sentiment de satisfaction douloureuse, inquiète encore, mais non sans espoir, au commencement du plus grand et du plus heureux siècle que l'empire ait connu :

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