‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 73 sur 122 · spart., Âdr.yC. 19. — Capit., Ant.y c · texte numérisé non relu

spart., Âdr.yC. 19. — Capit., Ant.y c

296 ADRIEN ET ÂNTONIN.

d'une injusliî e. Anloniii ne i romit rien; mais il gracia,dès le premier jour, ceux qu'Adrien, ayant sa mort, ayait fait condamner. On essaya deux fois de lui ravir FEmpire et la vie. Le premier coupable eut ses biens confisqués, et Antonin, poursuivant son fils de ses bienfaits, les lui restitua en détail. Le second se tua lui-même et Antonin interdit au sénat de rechercher ses complices, c n'étant pas bien aise, dit-il, qu'on pût voir que dans FEmpire plusieurs personnes ne l'aimaient pas. •

A l'époque des Anlonins, FEmpire perdit la forme de la tyrannie pour prendre celle de la monarchie, c'est-à-dire d'un gouvernement plus tempéré et plus libéral.

Adrien avait l'esprit de gouvernement et d'administration ; on lui doit en grande partie les réformes politiques qui achevèrent de faire disparaître les formes vides de la république, pour jeter les bases de la monarchie. Il sépara, grand bienfait, les fonctions du palais, des fonctions civiles ou militaires ; c'était séparer les affaires de l'État, des intrigues de la cour. Dans cette refonte des offices, qui acheva, il est vrai, de faire passer entre les mains des magistrats impériaux, les pouvoirs des magistrats républicains, l'état militaire fut au moins subordonné à Félat civil. Pour relever les offices de cour, comme ceux de secrétaires et de maîtres des requêtes, au lieu des affranchis on y appela des chevaliers*; maison n'y attacha plus de honteux services. Sous un gouvernement, plus concentré il est vrai que jamais entre les mains du prince, mais aussi plus franc, la liberté moins trompeuse s'accommoda mieux du pouvoir, parce qu'elle sut quels étaient ses droits et quelles étaient ses limites. La préfecture du prétoire, divisée entre deux magistrats, l'un pour la partie civile, l'autre pour la partie militaire, devint

1. Seitus, Aur. Vict., Adr. — Dion, lxix, 7. — Spart., Adr., 23.

moins dangereuse pour le pouvoir impérial. La chancellerie, divisée en quatre ministères {scrinia)^ expédia plus rapidement les affaires. L'ancien conseil privé prit, sous Adrien, une forme définitive, et devint une sorte de conseil d'État {condlium secretum, sacrum consistorium)^ composé non-seulement d'amis et de compagnons du prince, mais de jurisconsultes et de sénateurs. Ce conseil suivit souvent le prince dans ses voyages. On y discuta toutes les affaires importantes, avant de les porter devant le sénat, qui n*en conserva pas moins, sous Adrien et sous ses successeurs, une certaine influence sur le choix des personnes et sur la décision des affaires. Adrien augmenta les pouvoirs du préfet de la ville de Rome, divisa, en, outre, ritalie en quatre départements, dans lesquels il plaça quatre consulaires. Dans les provinces il ajoula, au procurateur de César, un avocat du fisc afin d'améliorer encore l'administration, par la division du travail et la séparation des fonctions. Il y eut désormais une différence beaucoup moins grande entre l'administration de l'Itahe et celle des provinces. Antonin, sans rien ajouter à l'œuvre de son prédécesseur, paraît s'être contenté du gouvernement qui lui avait é4é légué. Mais ce sont moins les conceptions savantes que les bonnes habitudes qui font l'excellence des institutions ; et ici, Antonin reprend la supériorité*.

Adrien s'engouait brusquement des personnes et s'en dégoûtait avec la même promptitude. De ses deux premiers préfets du prétoire, l'un, Tatien, avait été son tuteur, et, en l'appuyant auprès de Trajan, lui avait peut-être valu l'Empire; l'autre, Similis, était l'homme le plus vertueux et le plus modeste de l'Empire. Il leur demanda tout à coup leur démission, pour conférer leur charge à

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