‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 74 sur 122 · Spart., Adr., c. 8, xii. — Dion Cassius, lxix · texte numérisé non relu

Spart., Adr., c. 8, xii. — Dion Cassius, lxix

i38 AORfEN ET ANTONIN.

Turbon et h Septicins Claras, qui les méritaient il est vrai, l'an par sa vigilance et l'antre par son habileté. Mais, toujours prêt à écouter, à croire toute espèce de rapports, il se dégoûta de ses nouveaux favoris, les destitua et les poursuivit souvent de sa haine. Sous Ântonin, Gavius Maximus, homme austère, fut vingt ans préfet du prétoire; cet empereur ne donna jamais de successeur à un bon juge, si ce n'est à un préfet de Rome qui en demanda un. Comme il ne s'éprenait qu'avec réflexion, il n'avait point de déceptions. Il faisait de bons choix, s'attachait des amis et gardait les uns et les autres.

Adrien consultait généralement son conseil sur les édits (edicta, rescripta^ mandata), qu'il donna pendant son règne. Il rassembla souvent le sénat pour y rendre, dans l'ancienne forme, des sénatus-consultes; néanmoins les édits et rescrits impériaux, rendus en conseil, prirent une place plus large dans la législation. Il présida le sénat, chaque fois qu'il se trouvait à Rome, et témoigna à ses membres beaucoup d'égards. Dans son palais, par exemple, il les recevait debout: et, le soir, il les faisait reconduire chez eux avec des flambeaux, et quelquefois les traitait tout familièrement. Cependant, oniemarquait qu'Adrien, dans son conseil, aimait souvent mieux se faire entendre qu'écouter; au sénat il interrompait souvent les orateurs et préférait la flatterie à la contradiction; il imposait sa décision du moment, au risque d'en changer. Les constitutions impériales, rendues sur le seul avis du consistoire, datent de lui. On commence à dire : Exet -h 'Pwpyj Sttou ttot av ô B<x<7{Xcvç. Antonin, doué d'une puissance de travail et d'application remarquables, et la dispersant d'ailleurs beaucoup moins, n'assistait jamais à une délibération du conseil ou du sénat, dont il traitait les membres avec une affectueuse dignité, sans êlre parfaitement au courant de la matière. Alors, il écoutait, empressé surtout d'entendre

ceux qui lui apportaient des conseils d'utilité publique; il ne négligeait aucun moyen d'information, apportait à toute affaire une inaltérable patience, parlait peu, souffrait la contradiction, dédaignait la flatterie, el, après avoir tout pesé, prenait une dédsion qu'il ne changeait désormais plus : € Nul n'était en droit d'avancer, dit Marc- Aurèle, qu'il fût un sophiste ou un pédant; tous voyaient en lui un homme mûr, complet, prévoyant de loin, réglant les intérêts de grande importance, avec calme et mesure, et les petites affaires, sans fracas tragique, toujours à la hauteur, et capable de gouverner les affaires des autres et les siennes avec une égale et constante force, et avec un juste accord dans tous ses mouvements. »

Préoccupation particulière de tous les empereurs, la justice a été le souci constant d'Adrien et d'Antonin. Les jurisconsultes Neratius Priecus, Gelsus le père, Salvius Julianus entouraient constamment le premier. Yinidius, Aburnus Valens,Volusius Metianus, Ulpius Marcellus et Jabolenus, le second *. C'étaient les représentants des deux fameuses écoles rivales des Proculéiens et des Sabiniens, dont les divergences s'effaçaient tous les jonrs davantage. Si l'on pouvait constater une différence entre les jurisconsultes qui entouraient les deux souverains, on pourrait croire que les Proculéiens, plus favorables à Véquitéy eurent une influence plus particulière sur Antonin. Les magistrats hésitaient toujours entre le vieux code national de Rome, sorti de la loi des Douze tables, et l'éditdu préteur, qui visait à se rapprocher de Véquité naturelle, source plus universelle du droit. Fallait-il appliquer les décisions déduites du vieux droit romain, ou celles que les coutumes des nations « gentes » tendaient à y intro-

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